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    Moyen-Orient

    Le nouveau conflit irano-saoudien était-il inévitable?

    media Des manifestants iraniens lors d'un rassemblement dénonçant l'exécution du cheikh al-Nimr par l'Arabie saoudite, le 3 janvier 2016 à Téhéran. REUTERS/Raheb Homavandi

    Le Proche-Orient n'avait pas besoin du regain de tension qui prévaut depuis le début de l'année entre Riyad et Téhéran. La région est déjà suffisamment déstabilisée par la guerre en Syrie, le chaos irakien, les offensives de la Russie et des Occidentaux contre l'organisation Etat islamique, la crise au Yémen, les tensions communautaires au Liban, le déferlement de millions de réfugiés en Jordanie, au Liban et en Turquie...

    L'exécution de l'opposant chiite saoudien cheikh Nimr al-Nimr et la rupture des relations diplomatiques qu'elle a entrainée menacent-elles l'équilibre du Moyen-Orient ? De l'avis général, la crise actuelle se présente comme le résultat de l'état de panique dans lequel se trouverait l'Arabie saoudite qui assiste de manière impuissante au bouleversement géopolitique généré par l'accord sur le nucléaire iranien signé entre Téhéran et les puissances mondiales en juillet dernier, qui marque le retour de l'Iran sur le devant de la scène régionale et internationale. Depuis 1979, date de la révolution islamique iranienne, l'Arabie saoudite est inquiète.

    Comme le souligne Tahar Ben Jelloun dans l'hebdomadaire le 1 de cette semaine l'Arabie saoudite n'engage qu'une quinzaine d'avions en Irak, soit pas plus que les Pays-Bas et le Danemark réunis, alors qu'une centaine d'avions saoudiens bombardent les chiites du Yémen. Ce qui fait dire au romancier, poète et essayiste que la priorité de Riyad n'est pas la lutte contre l'établissement d'un « Etat islamique » sunnite au Proche-Orient et même au Maghreb, mais la lutte contre le chiisme.

    Fortes rivalités de pouvoir en Arabie saoudite

    Le poids géopolitique de l'Arabie saoudite en fait un acteur clé pour la stabilisation des crises régionales, alors que ses actes en font un Etat déstabilisateur. Riyad essaye coûte que coûte d'empêcher la normalisation entre Washington et Téhéran. La tension entre Téhéran et Riyad est aussi le fruit de fortes rivalités de pouvoir en Arabie saoudite entre les princes héritiers, le neveu du roi et actuel ministre de l'Intérieur et le plus jeune fils du souverain Salman, ministre de la Défense.

    Téhéran a évité de sur réagir à la crise et s'est excusée pour le saccage des missions diplomatiques saoudiennes dans une lettre au Conseil de sécurité. L'Iran d'une certaine manière joue la détente face à une crise qui tombe au plus mal pour le pays à quelques semaines d'élections capitales pour désigner le Parlement et l'Assemblée des experts qui choisit le guide. Et à quelques jours de la conférence internationale organisée à Genève pour chercher une transition politique en Syrie. Conférence à laquelle participent et l'Arabie saoudite et l’Iran. La sortie de crise en Syrie constitue un grand défi pour l'Iran. Indubitablement une solution pourrait contribuer à la réinsertion accrue de Téhéran sur l'échiquier diplomatique mondial.

    Bras de fer multiforme

    Mais la question qui se pose réellement aujourd'hui est celle de savoir si une sortie de crise est possible en Syrie sans entente entre Riyad et Téhéran. La réponse est non. Professeur de sociologie politique à l'Université Paris Diderot, Paris 7 et chercheur au CNRS, Azadeh Kian estime que l'Iran peut être capable de flexibilité à la mise en place d'un véritable compromis international sur la Syrie, car cette guerre coute de plus en plus à Téhéran sur le plan humain comme sur le plan économique et que la population iranienne comprend de moins en moins ce que l'Iran fait en Syrie.

    Azadeh Kian de souligner qu'avant l'élection du président Rohani l'Iran avait proposé à son homologue syrien de venir se réfugier en Iran et présenté un plan de sortie de crise en quatre points, passé sous silence. Les Iraniens savent que Bachar n'est pas une solution durable. Quelle succession ? Une solution acceptable tant par les Saoudiens que par les Iraniens et l'opposition syrienne est à privilégier.

    L'Iran et l'Arabie saoudite sont bien dans une confrontation indirecte sur de multiples terrains de tensions intérieures : Bahreïn, Liban...ou de conflits ouverts, Irak, Syrie, Yémen. Rivalité de puissance, bras de fer multiforme. La République islamique peut-elle être un stabilisateur pleinement rassurant de la sécurité régionale ? La région est extrêmement volatile mais une modération de l'ensemble des acteurs n'est pas à exclure.

    Pour en savoir plus:

    L'émission Géopolitique, le débat, le samedi 16 janvier 2016, à 18h10 TU vers l’Afrique,  et 19h10 TU vers le monde et Paris

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