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    Moyen-Orient

    Syrie: Damas accusée par l’ONU d’«extermination» de détenus

    media Le Brésilien Paulo Sérgio Pinheiro, chef de la commission d'enquête de l'ONu sur la Syrie, lors de la présentation du rapport qui accuse le régime de Damas d'«extermination» de détenus, à Genève, le 8 février 2016. REUTERS/Pierre Albouy

    Dans un rapport accablant, la commission d'enquête de l'ONU sur la Syrie accuse le régime et certains groupes rebelles, comme le Front al-Nosra, d'avoir procédé à des exécutions massives visant des détenus au cours des quatre dernières années.

    Dans leur rapport, qui analyse les conditions de détention en Syrie depuis le début du conflit en 2011, les enquêteurs de l’ONU relatent des cas de détenus battus à mort ou décédés des suites de leurs blessures ou d’actes de tortures. D’après eux, la politique d’extermination de prisonniers conduite et voulue par le régime syrien peut même être qualifiée de « crime contre l’humanité ».

    « Les exécutions et les décès décrits dans ce rapport ont eu lieu à une fréquence élevée, sur une longue période. Ils ont eu lieu dans de multiples endroits et avec un soutien logistique qui implique des ressources étatiques considérables », précise Paulo Sérgio Pinheiro, président de la Commission d'enquête des Nations unies pour la Syrie. Officiers de haut rang, membres du gouvernement, tous ont été conscients que des décès avaient lieu à une échelle massive, affirme encore Paulo Sérgio Pinheiro. « Personne ne peut le démentir. Les conditions de vie en prison ont été maintenues avec l'intention calculée de provoquer des décès de masse parmi les détenus », poursuit-il.

    Les quatre membres de la commission d’enquête de l’ONU n’ont jamais été autorisés par Damas à se rendre en Syrie. Leur travail repose sur les milliers de témoignages de victimes, de documents et de photos satellites. Ils ont interviewé 621 personnes, dont 200 ont été témoins de la mort d’un ou de plusieurs de leurs compagnons de cellule.

    Le rapport de la Commission d'enquête de l'ONU accuse également plusieurs groupes affiliés à la rébellion, dont le Front al-Nosra, d'avoir commis des exécutions de masse de soldats syriens et d'avoir soumis les civils à des procès illicites.

    Les exactions du régime plusieurs fois documentées

    Ces crimes du régime ont été documentés par plusieurs travaux journalistiques. C’est le cas du documentaire Disparus, la guerre invisible de Syrie. Réalisé par Sophie Nivelle-Cardinale et Etienne Huver, il montre comment des dizaines de milliers de Syriens sont enlevés, torturés puis tués par le régime.

    C’est le cas aussi du livre Opération César, une plongée au cœur du régime syrien, du nom de code pris par un photographe de la police militaire syrienne qui a réussi à exfiltrer 45 000 photos et documents de détenus torturés dans les geôles de Bachar el-Assad. Son auteur, Garance Le Caisne, s’est entretenu avec ce photographe pendant des dizaines d’heures. Sur RFI, elle explique de quoi meurent les détenus :

    « Les détenus meurent de torture, mais ils meurent aussi de faim. César a photographié des cadavres qui pesaient 30 ou 40 kilos, alors que c’étaient des hommes qui devaient peser au moins le double avant leur arrestation. Les détenus meurent également de maladie, parce qu’ils ne reçoivent pas de médicaments.

    Ils sont détenus dans des conditions d’hygiène déplorables. Ils sont entassés. Ils dorment par terre quand ils peuvent s’allonger, sinon ils dorment à tour de rôle. Il vaut mieux être près de la porte où il y a un petit filet d’air que d’être au fond de la cellule, parce que si vous êtes affaibli, vous mourez d’étouffement. Comme le régime a arrêté énormément de personnes, il n’y a plus de place dans ces cellules. »

    Les enquêteurs de l'ONU demandent au Conseil de sécurité d’imposer des sanctions ciblées aux responsables civils et militaires directement impliqués ou complices de la mort, de la torture et de la disparition de détenus. La liste des noms des tortionnaires se trouve dans un coffre aux Nations unies à Genève. Mais cette demande risque de se heurter à un veto de la Russie, alliée de Bachar el-Assad. Le nombre de personnes détenues dans les prisons gouvernementales syriennes est estimé à plusieurs dizaines de milliers.

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