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    Moyen-Orient

    Libye: cinq ans après, de la révolution au groupe EI

    media Image prise le 12 octobre 2011, bataille de Syrte, en Libye. John Cantlie/Getty Images

    Il y a cinq ans, les premières manifestations à Benghazi déclenchaient la révolution libyenne et le début de la guerre contre le colonel Kadhafi. Avec le soutien d’une coalition internationale menée par la France et la Grande-Bretagne, les rebelles libyens faisaient tomber huit mois plus tard le régime. Tout un symbole, son ancien fief, Syrte, est devenu le bastion de l’Etat islamique dans un pays divisé entre deux gouvernements rivaux contrôlés par des milices en guerre. Face à la montée en puissance de l’EI, l’ONU tente d’imposer un gouvernement d’union nationale et l’hypothèse d’une nouvelle intervention occidentale en Libye est de plus en plus souvent évoquée.

    Profitant du chaos politique et militaire, l’expansion de l’EI est allée très vite en Libye. Tout commence à l’été 2014 lorsque des jihadistes libyens de l’EI en Syrie reçoivent l’ordre de dissoudre leur brigade et de rentrer au pays. Très expérimentés ces vétérans du jihad au Levant s’installent d’abord à l’Est du pays. A Derna, ils fondent un premier embryon qui prête allégeance à Abou Bakr al-Bagdadi et qui devient en novembre 2014, la filiale officielle du groupe irakien. Au bout d’un an le groupe est chassé de la ville par d’autres jihadistes pro al-Qaida à l’été 2015, mais l’EI s’est déjà trouvé un autre fief, plus à l’ouest, dans la ville de Syrte, dont il revendique le contrôle dès février 2015.

    Le groupe EI aux portes de l'Europe

    De Syrte, le groupe s’étend sur plus de 300 km de côtes jusqu’à la ville de Ben Jawad. La charia la plus stricte y est désormais appliquée : exécutions, amputations, décapitations et même crucifixions en place publique. Syrte, est une ville portuaire. L’EI menace donc directement l’Europe.

    Résultat du côté de l’armée française, des voix s’élèvent pour une nouvelle intervention comme celle du général Dominique Trinquand, ancien chef de la mission militaire auprès de l'ONU : « L’EI veut provoquer trois effets en se déployant en Libye. D’abord récupérer du pétrole. Ensuite trouver un nouveau sanctuaire. Car l’EI aura perdu son sanctuaire quand Mossoul et Raqqa seront tombées. Enfin, l’EI veut être aux portes de l’Europe. L’organisation est à 350 km des côtes italiennes. Ils l’ont déjà montré en images en égorgeant une vingtaine de chrétiens sur leur plage et en disant 'Regardez, nous arrivons vers vous, vers Rome'. Donc il faut une vision globale. Vaincre Daech ce n’est pas seulement la Syrie et l’Irak mais c’est aussi l’empêcher de s’installer en Libye ».

    La nécessité de la mise en place d'un gouvernement d'union nationale

    Plusieurs pays sont prêts à frapper de nouveau en Libye. La France hésite, mais l’Italie est favorable à une intervention. Les Etats-Unis mènent déjà des frappes ciblées et le Pentagone « étudie toutes les options possibles » et fin janvier, l’Otan se disait « prête à apporter un soutien ». Mais pour qu’une intervention occidentale soit validée, encore faut-il qu’une autorité libyenne reconnue en fasse la demande. C’est tout l’objet des négociations menées sous l’égide de l’ONU pour faire accepter un gouvernement d’union nationale aux parties libyennes.

    Pour le moment, les deux gouvernements rivaux de Tobrouk et de Tripoli le rejettent. Un blocage politique en Libye que regrette le général Dominique Trinquand : « Les deux gouvernements libyens doivent n’en former plus qu’un seul. Et pour faire à partir de deux gouvernements, un seul, il s’agit qu’ils s’entendent pour former enfin un gouvernement d’union nationale en Libye. J’avoue que la pression n’est pas seulement sur les Libyens mais la pression est sur nous. Plus on met de temps à régler ce problème, plus on met de temps à prendre en compte la menace de Daesh en Libye et donc c’est nous qui devons presser les Libyens de façon à rapidement trouver un accord pour pouvoir leur venir en aide ».

    Un enjeu de taille : le pétrole

    Pendant ces discussions, le groupe EI progresse. Depuis janvier l’EI tente de mettre la main sur la manne pétrolière en Libye. Son offensive sur le croissant pétrolier a pour le moment échoué, mais selon Jean-Pierre Favenec, spécialiste de l’énergie et professeur à Sciences Po, en Libye l’EI pourrait s’emparer de certains gisements et extraire du pétrole, comme en Syrie et en Irak : « Il y a toujours moyen d’exploiter de manière simple des champs pétroliers et de mettre en place des installations rudimentaires de raffinage qui permettront de produire en particulier du gazole qui est un produit très facile à obtenir par distillation et dont l’Etat islamique a surtout besoin. Donc il y a cette possibilité et elle a d’ailleurs été utilisée en Irak en Syrie. Mais si l’EI arrive à mettre la main sur des réserves de pétrole et arrive à en produire un peu, il en gardera sans doute une partie pour faire son gazole, le reste sera expédié en fraude peut-être par différents pays voisins mais avec un prix divisé par deux par rapport à celui du marché, donc la valeur de se pétrole sera limitée pour l’Etat islamique ».

    Syrte, devenue le sanctuaire jihadiste

    En un an, Syrte est devenu un pôle d’attraction régional de combattants étrangers. 5 000 jihadistes selon les Etats-Unis, 3 000 selon la France et l’ONU dont 1 000 à 1 500 Tunisiens, et de plus en plus de Subsahariens : des Soudanais, des Ghanéens mais aussi de plus de plus de Sénégalais. Des combattants étrangers qui ne cachent pas leurs intentions de mener des attaques dans leurs pays d’origines.
     

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