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    Moyen-Orient

    L'ONU amenée à se mêler du contentieux russo-turc sur la Syrie

    media Un canon turc tire en direction de la Syrie, près de la frontière à Kilis, dans le sud de la Turquie. BULENT KILIC / AFP

    Les fronts se multiplient et les protagonistes extérieurs sont de plus en plus impliqués. La guerre en Syrie est totale. Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunit ce mardi 16 février 2016, à la demande de la Russie, pour débattre des récents bombardements turcs sur des positions des forces kurdes dans la province d'Alep. Entre Moscou en Ankara, deux protagonistes majeurs de la crise, la tension est encore montée d'un cran, alors que l'émissaire de l'ONU est à Damas pour parler d'un improbable cessez-le-feu.

    L'annonce d'une prochaine « cessation des hostilités » en Syrie, vendredi dernier, est-elle encore crédible ? Sur le papier, il s'agissait du fruit d'un accord entre les représentants des 17 pays du groupe international de soutien à la Syrie. Mais la poussée de violences des derniers jours semble apporter un démenti cinglant à cette perspective, analyse notre confrère Nicolas Falez, du service international de RFI.

    La Russie poursuit ses bombardements au nom du régime Assad (voir encadré), qui mène grâce à ses alliés une offensive dans le nord du pays, avec pour résultat des centaines de morts et des dizaines de milliers de déplacés supplémentaires sur les routes. Quant à la Turquie, elle a commencé samedi dernier à bombarder des positions kurdes en territoire syrien.

    De nouveaux tirs d'artillerie turcs ont d'ailleurs été signalés ce mardi matin au nord de la Syrie. Selon l'ONG Observatoire syrien des droits de l'homme, ces tirs ont ciblé à l'aube Tall Rifaat, bastion tombé aux mains des forces kurdes la veille, alors que la presse turque rapporte pour sa part que l'artillerie a ouvert le feu sur des positions kurdes des YPG autour d'Azaz, plus au nord.

    La Turquie serait même favorable à une intervention militaire terrestre en Syrie, unique solution aux yeux d'Ankara pour mettre un terme à la guerre civile. Mais les Turcs n'envisageraient une telle action qu'aux côtés de leurs alliés, selon un haut responsable anonyme cité par l'Agence France-Presse, qui assure qu'il « n'y aura pas d'opération militaire unilatérale de la Turquie en Syrie ».

    L'action de la Turquie fait l'objet d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU ce mardi. La Russie, à l'initiative du rendez-vous, est « fortement préoccupée par l'usage de la force par la Turquie contre le territoire syrien », assure un diplomate de la délégation russe auprès des Nations unies. Les Russes, explique notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne, veulent que le Conseil « évalue clairement la politique provocatrice d’Ankara, qui crée une menace pour la paix au Proche-Orient et dans le monde ».

    Les autorités turques tout aussi véhémentes que leurs homologues russes

    Pour Moscou, Ankara soutient « directement le terrorisme international ». La Russie met donc en garde la Turquie, comme elle l'avait d'ailleurs déjà fait à Munich. Le Premier ministre russe avait alors parlé d'un « risque de déflagration mondiale en cas d'intervention turque en Syrie ». Moscou note également que la Turquie a ignoré l’appel des Occidentaux, Etats-Unis et France, à cesser ses bombardements sur les zones contrôlées par les Kurdes.

    Les Kurdes ne sont pas, à proprement parler, des alliés des Russes. Dans leur combat contre le groupe EI, ils trouvent des soutiens à l’Est comme à l’Ouest. Mais la Russie appuie là où cela fait mal. Les Occidentaux sont très embarrassés face à l’attitude de leur allié turc. D'ailleurs, ce mardi, le chef de la diplomatie turque a fait part à son homologue français de son mécontentement, après que Paris a émis une protestation suite aux tirs d'artillerie subis depuis ce week-end par les Kurdes syriens.

    Egalement accusé par Moscou de fournir des armes et des mercenaires aux jihadistes, le gouvernement turc a démenti, notamment par la voix de son Premier ministre, qui s'est chargé de contre-attaquer dans cette guerre verbale. Ahmet Davutoglu a tenu des propos très durs, rapporte notre correspondant à Istanbul,  Alexandre Billette. Il accuse la Russie d'être elle-même responsable de crimes contre l'humanité en Syrie. « La Russie se comporte comme une organisation terroriste qui commet des actes barbares », a assuré le chef du gouvernement.

    La Turquie tient un discours très martial à l'encontre de la Russie, et promet de mener une riposte énergique si Moscou poursuit ses propres bombardements, responsables selon Ankara d'une nouvelle crise des réfugiés. M. Davutoglu est allé jusqu'à comparer les actions russes à celles de l'organisation Etat islamique. Nous assistons donc, véritablement, au chapitre le plus tendu de la crise diplomatique qui oppose Ankara et Moscou.

    La vision antagoniste entre Russes et Turcs, qui n'ont ni les mêmes objectifs, ni les mêmes alliés dans la guerre en Syrie, n'est pas nouvelle. Mais elle a pris un tour nouveau à plusieurs reprises, et tout particulièrement depuis le mois de novembre dernier, lorsque la Turquie a abattu un chasseur bombardier russe, accusé d'avoir violé son espace aérien. Vladimir Poutine était alors monté au créneau, dénonçant un « coup de poignard dans le dos ».


    ■ Les limites criantes de l'action de l'ONU dans le dossier syrien

    C'est un nouveau signe d'impuissance pour la diplomatie occidentale devant la volonté des Russes de trouver une solution militaire, et non politique, en Syrie. Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est contenté de condamner de récents tirs de missiles, qui ont frappé deux écoles, mais aussi cinq hôpitaux, dans le nord de la Syrie. Mais s'il a dénoncé une « violation flagrante du droit international », il n'a pas nommé la Russie, que des ONG syriennes accusent d'être à l'origine de ces bombardements.

    Il faut dire que Moscou dément toute implication de son aviation dans ces frappes, qui ont été condamnées par la France, les Etats-Unis et l'Union européenne. Paris a même jugé dans un communiqué que « les attaques contre les structures de santé en Syrie par le régime ou ses soutiens (...) sont constitutives de crimes de guerre ». L'un des hôpitaux touchés était tenu par l'ONG Médecins sans frontières (MSF), et ces attaques auraient fait une cinquantaine de morts parmi les civils, dont des enfants. Enième illustration d'un bilan humanitaire terrible.

    → À relire : En Syrie, beaucoup d’acteurs étrangers et autant de stratégies

    Le calvaire continue notamment pour les civils vivant dans la plupart des localités assiégées en Syrie. Le régime de Damas, aidé d'avions russes, pilonne sans discontinuer la zone du nord de la Syrie autour des villes d'Alep et d'Idleb, qui se trouvent toujours aux mains des rebelles. Avec résignation, l'ONU note que ces nouveaux affrontements « jettent une ombre sur les engagements pris par le groupe de soutien international à la Syrie », qui avait convenu, lors d'une réunion à Munich, d'une trêve devant entrer en vigueur cette semaine.

    C'est donc dans ce contexte très tendu, relate notre correspondante à New York, Marie Bourreau, que l'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Staffan de Mistura, est arrivé à Damas pour une visite surprise. Avec les autorités syriennes, il doit évoquer l'horizon du 25 février, date avancée pour une hypothétique reprise des discussions de paix inter-syriennes à Genève. On voit mal comment l'émissaire pourrait repartir de Syrie avec du concret, alors que le régime, fort du terrain regagné, se trouve en position de force pour négocier. Bachar el-Assad l'a d'ailleurs admis : le cessez-le-feu sera difficile à mettre en œuvre.

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