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    Moyen-Orient

    L’Arabie saoudite interrompt son soutien financier à l’armée libanaise

    media Des militaires libanais testent l'un des 48 missiles antichar Milan livrés par la France, le 20 avril 2015. JOSEPH EID / AFP

    L'Arabie saoudite, déçue par l'attitude des autorités libanaises dans l'affrontement géopolitique qui l'oppose à l'Iran, a annoncé ce vendredi 19 février avoir interrompu son aide de trois milliards de dollars à l’armée libanaise. Il y a deux ans, Riyad avait accepté de financer un énorme contrat d'armement français à destination du Liban pour un montant de 2,3 milliards d'euros. Selon une source officielle saoudienne, Riyad a aussi annulé la dernière partie d'une aide d'un milliard de dollars destinée aux forces de sécurité libanaises.

    Depuis l'automne 2015, de sérieuses incertitudes commençaient à peser sur l'aide militaire accordée par l’Arabie saoudite au Liban. Certains industriels français concernés par ce contrat baptisé « Donas », signé entre Paris, Riyad et Beyrouth en novembre 2014, ne cachaient pas leur scepticisme quant à la réalisation de la transaction.

    Pourtant, le ministère français de la Défense assurait encore il y a quelques semaines que la prochaine livraison d'armes dans le cadre du contrat aurait lieu au printemps. En réalité, jusqu'ici, la France n'a livré que 48 missiles antichar Milan à l'armée libanaise et ils ont été prélevés sur de vieux stocks de l'armée. Et la seconde livraison risque fort de rester en suspens compte tenu de la décision des autorités saoudiennes.

    Raisons politiques

    En suspendant son aide au Liban, l'Arabie Saoudite entend protester contre des « prises de position hostiles de l'Etat libanais résultant de la mainmise du Hezbollah sur ce pays ». Le Hezbollah est soutenu par l'Iran et allié au régime de Damas contre l'opposition armée syrienne.

    Par ailleurs, les autorités saoudiennes n’ont pas apprécié que l’Etat libanais n’ait pas condamné les agressions contre l’ambassade et le consulat en Iran en janvier dernier à la suite de l’exécution du cheikh chiite Nimr al-Nimr, analyse notre correspondante à Riyad, Clarence Rodriguez.

    Tout comme l’Arabie saoudite n’apprécie pas non plus les campagnes politiques et de presse animées par le Hezbollah libanais contre le gouvernement saoudien et les actes terroristes contre les pays arabes et musulmans.

    Dès le début du contrat, « la crainte de voir ses armements tomber aux mains » du mouvement armé chiite libanais avait été prise très au sérieux confiait un industriel concerné.

    Mais l'Arabie saoudite souhaite aussi revoir sa politique d'achat d'armement avec la France en se débarrassant de certains intermédiaires. Enfin, la baisse des cours du dollar pèse sur le revenu de l’Arabie saoudite et ses dépenses d'armement. L’industrie française de défense reste toutefois optimiste et espère toujours décrocher de juteux contrats auprès de Riyad.


    ■ Les réactions au Liban

    Le Hezbollah s’est défendu d’être responsable de la décision de l’Arabie saoudite de cesser son soutien aux forces armées libanaises, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh. Le parti pro-iranien estime, dans un communiqué, que les difficultés financières du royaume se cachent derrière la décision de Riyad. Le Hezbollah a ajouté que l’annulation de l’aide saoudienne trahit « les mensonges de l'Arabie saoudite qui affirme vouloir soutenir l'armée libanaise et prouve qu'elle soutient en réalité le terrorisme ».

    Le Premier ministre libanais Tammam Salam, proche de Riyad, a regretté quant à lui cette mesure qualifiée d’« inattendue », mais prise « en fonction des intérêts du royaume ».

    Le ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk, autre personnalité pro-saoudienne, a averti que le pire est à venir. Il a réclamé la tenue d’une conférence nationale pour revoir la politique étrangère du Liban, qui, affirme-t-il, s’écarte de la ligne officielle arabe, pour se rapprocher de l’Iran.

    Le ministre de la Défense, l’indépendant Samir Mokbel, a pour sa part appelé à la réactivation d’une proposition de don formulée par l’Iran pour équiper l’armée libanaise, mais ignorée par Beyrouth pour ne pas froisser l’Arabie saoudite.

    Quelques heures après l’annonce de la décision saoudienne, de violents affrontements armés ont éclaté à Saadiyat, à 20 kilomètres au sud de Beyrouth, entre deux clans: l’un proche du Courant du futur sunnite et l’autre du Hezbollah chiite. L’armée libanaise s’est massivement déployée pour mettre un terme aux combats.

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