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    Moyen-Orient

    Législatives en Iran: les attentes des électeurs au moment de voter

    media Des Iraniens devant les listes de candidats dans un bureau de vote à Téhéran, ce vendredi 26 février 2016. REUTERS/Raheb Homavandi/TIMA

    Les bureaux de vote ont ouvert ce vendredi matin en Iran. Quelque 55 millions d'électeurs sont appelés aux urnes pour élire leurs députés et pour renouveler l'Assemblée des experts composée de religieux chargés de désigner le Guide suprême. L'enjeu, pour les Iraniens comme pour le pouvoir, c'est de soutenir ou bien de rejeter la politique d'ouverture menée par le président Rohani dans un contexte marqué par la levée des sanctions internationales.
     

    Avec notre envoyé spécial à Téhéran,  Daniel Vallot

    Dans ce bureau de vote installé dans une mosquée dans le centre de Téhéran, des drapeaux iraniens ont été déployés à l’entrée ainsi que des affiches représentant le Guide suprême de la République islamique. « Le vote est un devoir islamique de chaque citoyen », proclame l’une de ces affiches.

    Les deux urnes sont installées au fond de la salle, encadré par l'un de ces portraits de l’Ayatollah Khameni. Dès l’ouverture du bureau ce vendredi matin, une longue file d’attente s’est formée. La procédure est assez longue : chaque électeur met environ dix minutes à voter. Il faut en effet inscrire, sur deux bulletins de vote distincts, trente noms pour le Parlement et seize noms pour l’Assemblée des experts.

    Pour ajouter à la difficulté, les listes affichées dans le bureau de vote ne précisent pas à quelle coalition appartient chacun des candidats. Les votants ont donc apporté leur propre liste, et souvent ils discutent entre eux afin de ne pas se tromper, de ne pas confondre les candidats appartenant au camp réformateur et modéré d'un côté, et les conservateurs de l'autres, qui s’opposent à la politique du président iranien Hassan Rohani.

    Des files d'attente se sont formées ce vendredi matin devant les bureaux de vote de Téhéran. REUTERS/Raheb Homavandi

    Voter Guide suprême ou président ?

    Reza est venu avec sa femme et son fils. Il votera pour les conservateurs. Par fidélité, dit-il, au Guide suprême et aux institution de la République islamique. « Dans notre pays, c’est le Guide suprême qui impose sa politique, et le gouvernement doit lui obéir. Toutes les affaires publiques doivent se conformer aux règles fixées par le Guide et par le Conseil des gardiens de la Constitution. Pour moi, voter pour les conservateurs, c’est voter pour le Guide Suprême », explique-t-il.

    Dans la même file, un groupe de jeunes attend également de pouvoir entrer dans le bureau de vote. Eux soutiennent les réformateurs et la politique d’ouverture menée par le président. « Hassan Rohani a besoin de notre vote pour faire passer ses réformes au Parlement, estime l'un de ces jeunes. Il nous a redonné de l’espoir, mais aujourd’hui on veut davantage de liberté. »

    Et cet étudiant de lancer le grand débat : « On veut pouvoir s’habiller comme on le souhaite, se comporter comme on le souhaite. On veut la liberté d’expression et la liberté d’opinion. » Le jeune homme reconnaît qu’il faudra beaucoup de temps pour que de telles réformes puissent aboutir. Mais en attendant, dit-il, il faut soutenir l’accord sur le nucléaire et espérer que le régime autorise le président iranien à poursuivre sa politique d’ouverture.

    Le président Rohani devant l'urne, vendredi 26 février 2016 à Téhéran. REUTERS/President.ir/Handout via Reuters

    Les espoirs des réformateurs

    Si certains électeurs évoquent les question de société, ils ne se font guère d’illusions, conscients de la marge de manœuvre limitée du président. Mais si les électeurs qui soutiennent Hassan Rohani sont favorables à la politique d’ouverture voulue par le président, c'est plutôt parce que nombre d'entre eux espèrent que l’accord sur le nucléaire permettra à l’Iran de renouer avec la croissance.

    Mohammad Ali Vakili est candidat sur la liste des réformateurs et modérés dans la capitale. Il estime que la levée des sanctions et l'application de l'accord de Vienne auront « un effet positif sur les élections ». « En effet, dit-il, les gens ont vu que les promesses de Rohani ne restent pas lettre mort. Et avec ces élections, ils espèrent encore davantage de changements. »

    « Bien entendu, ajoute M. Vakili, depuis la levée des sanctions, nos adversaires n'ont cessé de noircir le tableau et ont essayé de dire aux Iraniens que rien n'avait changé. Mais les gens ne les croient pas. C'est vrai que depuis l'élection de Hassan Rohani, nous n'avons pas eu le temps de résoudre tous les problèmes. Mais n'oublions pas qu'un un mois seulement s'est écoulé depuis la levée des sanctions. »

    Le Guide suprême iranien Ali Khamenei a voté, ce vendredi 26 février à Téhéran. REUTERS/leader.ir/Handout via Reuters

    Les craintes des conservateurs

    Abbas, lui, ne se laissera pas convaincre. Il vote conservateur. « Si tout le monde sort gagnant de cet accord sur le nucléaire, ça me va. Mais ce qui m’inquiète, c’est de voir les pays occidentaux nous tromper. Ça s’est vu déjà dans notre histoire », considère-t-il.

    « Avant la Révolution, les pays étrangers étaient présents en Iran et leur seul objectif, c’était de nous exploiter, se souvient Abbas. Je pense que les entreprises occidentales pourraient avoir une influence négative en Iran. Regardez ce que Peugeot a fait : ils nous ont abandonnés sur ordre des Etats-Unis, alors qu’on travaillait ensemble. »

    Et de conclure, signe d'un fossé qui reste réel : « Peugeot, c’est un exemple parmi d’autres. Des coups tordus, il y en a eu de la part de la France, de l’Angleterre et d’autres pays… Ces pays, on ne peut pas vraiment leur faire confiance, il faut qu’ils fassent leurs preuves. Et si je vote conservateur, c’est en partie pour cette raison. »

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