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    Moyen-Orient

    Syrie: un cessez-le-feu très précaire à la veille de nouvelles négociations

    media Malgré le cessez-le-feu décrété le 27 février en Syrie, les bombardements se poursuivent dans certaines localités, comme ici près de Douma, une zone rebelle à l'est de Damas, le 4 mars 2016. AFP

    Deux jours avant la reprise des négociations de paix intersyriennes à Genève, la trêve instaurée le 27 février par la Russie et les Etats-Unis semble tenir bon. Le secrétaire d’Etat américain, qui se trouvait ce samedi 12 mars en Arabie saoudite, affirme que « le niveau de la violence a été réduit de 80% à 90%, ce qui est très significatif ». Les violations n’entraveront pas la reprise des pourparlers, a dit John Kerry. La plus grave est survenue ce samedi, lorsque des rebelles ont abattu un avion militaire syrien.

    Avec notre correspondant à Beyrouth,  Paul Khalifeh

    Le Mig syrien a été abattu par des rebelles du groupe islamiste Ahrar al-Cham dans la province centrale de Hama. L’Observatoire syrien des droits de l’homme rapporte que les miliciens ont tiré deux missiles en direction de l’appareil, qui s’est écrasé dans une zone contrôlée par le gouvernement. L’un des pilotes a été tué et le second a été secouru par des soldats syriens.

    Le centre russe pour la réconciliation des parties en conflit en Syrie, qui opère sur la base de Hmeimim, à Lattaquié, a recensé ce samedi 10 violations. La plupart se concentrent dans la province d’Alep. Un communiqué publié par le centre indique que des combattants du groupe Ahrar al-Sham ont pilonné le quartier à majorité kurde de Cheikh Maqsoud, à Alep, avec des roquettes et des obus de mortiers.

    → A (re)lire : Syrie: même malmené, le cessez-le-feu tient toujours

    Depuis l’entrée en vigueur de la trêve, Cheikh Maqsoud est quotidiennement bombardé par les rebelles qui tiennent la partie est de la ville. Le pilonnage a fait des dizaines de morts et de blessés.

    Citant des habitants, la partie russe fait également état de bombardements turcs contre des positions kurdes à Ayn Daqnah, au nord de la province d’Alep. Sur les autres fronts, un calme précaire règne, à l’exception de combats sporadiques entre l’armée syrienne et le groupe Etat islamique à l’est de Homs, de Hama et d’Alep.


    Bachar el-Assad, l'intouchable

    A 48h du début des négociations intersyriennes qui doivent se tenir à Genève, Damas, par la voie de son chef de la diplomatie, pose ses conditions. Walid Mouallem a tenu une conférence de presse ce samedi et pour lui, il est hors de question d’envisager l’avenir de son pays sans Bachar el-Assad aux commandes. Hors de question non plus d’attendre la délégation de l’opposition plus de 24h en Suisse. Réaction très mesurée du côté de l’opposition syrienne, qui n’annule pas sa participation aux discussions.

    Pour Riayd Agha, « il y a aujourd’hui une vision claire » au sein de la communauté internationale. Mais ce porte-parole du Haut Comité des négociations de l’opposition syrienne, joint par nos confrères de MC Doualiya rappelle que « l’objectif de ces négociations est la formation d’un gouvernement de transition. Et le mot transition signifie bien passer d’une période à une autre. »

    « Il est clair que l’opposition ne compte pas juste être intégrée avec le régime syrien dans un gouvernement élargi et rester dans un statu quo, ajoute-t-il. Si aujourd’hui il y a vraiment une volonté d’en finir avec cette catastrophe, cette immense crise en Syrie, le régime doit tendre la main à l’opposition et tous ensemble, nous mènerons le pays vers un meilleur avenir où le sang ne sera plus versé. Dire encore une fois qu’il n’y pas d’opposition modérée en Syrie, c’est rejeter tout espoir de solution politique et rejeter toute entente et toute négociation. »

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