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    Moyen-Orient

    La Russie va retirer le gros de ses troupes de Syrie

    media Le président russe Vladimir Poutine et son ministre de la Défense, Sergei Shoigu, lors d'une réunion au Kremlin, à Moscou, ce lundi 14 mars 2015. REUTERS/Mikhail Klimentyev/Sputnik/Kremlin

    Le président Vladimir Poutine a annoncé lundi 14 mars qu'il avait ordonné le retrait, à partir de mardi, du gros des forces russes actuellement en Syrie, estimant que les objectifs poursuivis lors de cette intervention avaient été largement atteints. Les bases navale et aérienne russes en Syrie continueront à opérer normalement, a-t-il précisé lors d'une réunion au Kremlin avec ses ministres de la Défense et des Affaires étrangères. Il a ajouté que la Russie allait intensifier ses efforts en vue de parvenir à un règlement négocié du conflit syrien, qui dure depuis cinq ans.

    C'est le 30 septembre 2015 que la Russie avait décidé d'intervenir en Syrie contre ce qu'elle nomme des « terroristes », c’est-à-dire tous ceux qui s'en prennent au régime syrien. Moscou achemine alors des hommes, des forces spéciales et surtout use d'un matériel militaire dernier cri, à la fois pour contenir les partisans de l’organisation Etat islamique et l'opposition syrienne qui menace Damas.

    En octobre de la même année, Vladimir Poutine fait tiré 26 missiles de croisière depuis un croiseur situé en mer Caspienne à 1 500 km des cibles visées. En décembre, c'est un sous-marin nouvelle génération et furtif qui entre dans la danse.

    Deux objectifs au moins sont poursuivis par les Russes. D'abord, sauver le régime de Damas. C'est plus ou moins chose faite sur le plan militaire en tout cas, et préserver la base navale dont les Russes disposent dans la région de Lattaquié en Syrie, la seule de la Russie en Méditérannée. Enfin, en usant de son armement dernier cri, la Russie entendait démontrer aux grandes puissances qu'il serait difficile de compter sans elle.

    Objectifs atteints

    Vladimir Poutine estime que ces objectifs sont remplis. « Avec la participation des militaires russes, les troupes syriennes et les forces patriotiques syriennes ont réussi à changer de façon radicale la situation dans la lutte contre le terrorisme, ils ont réussi à prendre l'initiative pratiquement sur toutes les directions, pour créer les conditions pour le lancement du processus de paix, a-t-il déclaré à la télévision russe. En outre, nos soldats et les officiers ont montré des preuves de professionnalisme, leur capacité de coordination, et d'organisation du travail en dehors du territoire national, sans frontière commune avec le théâtre des opérations militaires. »

    Le président russe a ensuite invité son ministre de la Défense à commencer à partir de ce mardi « à retirer la majeure partie de notre contingent militaire de la République arabe syrienne. Et je demande au ministère des Affaires étrangères d'intensifier la participation de la Russie à l'organisation du processus de paix pour le règlement du problème syrien. »

    Il est vrai que les jihadistes du groupe Etat islamique ont reculé un peu partout. Damas est également moins menacé, et Alep, la seconde ville du pays, est en passe de tomber aux mains de l'armée syrienne. L'autre explication pour expliquer la décision de Vladimir Poutine, c'est le coût de la guerre. L'Arabie saoudite, hostile à la Russie, maintient artificiellement les prix du brut à moins de 40 dollars le baril, ce qui engendre des dépenses très sérieuses pour le président russe.

    Assad reconnaissant

    Le retrait militaire russe de Syrie s'explique par la volonté de Moscou de promouvoir un règlement politique du conflit, a affirmé pour sa part l'ambassadeur russe à l'ONU Vitali Tchourkine.

    Le Kremlin précise qu’au cours de leur entretien téléphonique Vladimir Poutine et Bachar el-Assad ont souligné que l’action des forces aériennes russes avait permis de changer radicalement la situation, de désorganiser les infrastructures terroristes et d’y porter beaucoup de dégâts, rapporte notre correspondante à Moscou, Muriel Pomponne

    Pour poursuivre la surveillance de la trève, la Russie conserve sur le territoire syrien un site de maintenance de vols. La base navale de Tartous et la base aérienne de Hmeimim vont aussi continuer à fonctionner normalement. Un accord entre les deux pays stipule que la Russie dispose de bases en Syrie sans limitation de temps.

    Toujours d’après le Kremlin, Bachar el-Assad aurait exprimé sa profonde reconnaissance à la Russie et aurait souligné sa volonté de favoriser le processus de paix.


    Reprise des négociations à Genève

    Cette décision intervient alors qu'ont commencé lundi de nouvelles tentatives de discussions indirectes à Genève. Staffan de Mistura, l’envoyé spécial de l’ONU rencontre chaque jour une délégation. Ce lundi, il s'agissait de la délégation syrienne.

    Cette première entrevue n’aura duré qu’une heure, mais Staffan de Mistura assure qu’elle aura été utile et qu’elle aura permis de s’accorder sur la forme que prendront les négociations.

    De son côté, le chef de la délégation envoyé par le régime syrien Bachar el Jafari a qualifié de « constructive » cette première séquence, ajoutant qu’une série de propositions en vue d’une solution politique avaient été remises au diplomate onusien, sans entrer plus en détail sur leur teneur.

    A priori les deux n’ont donc pas encore abordé le sujet qui est susceptible de tout faire dérailler : la place qui sera réservée ou non à Bachar el-Assad dans la transition à venir. Visiblement Staffan de Mistura veut avancer avec prudence et avec patience, mais le diplomate onusien ne cache pas son ambition : il veut un accord entre les deux délégations. « L’alternative, a-t-il martelé ce lundi, c’est le retour à la guerre. Et à une guerre encore plus terrible que celle que nous connaissons actuellement. »

    Staffan de Mistura doit rencontrer ce mardi la délégation de l’opposition syrienne. Mais évidemment la décision de Moscou risque d'avoir des conséquences sur les négociations. L'opposition a salué l'annonce de Vladimir Poutine, mais reste prudente, expliquant attendre de voir les effets sur le terrain.

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