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    Moyen-Orient

    Syrie: cinq ans de guerre, jusqu'à la surprise du retrait russe

    media La guerre n'a pas arrêté la vente de souvenirs à Damas, à l'instar de ces coupoles à l'effigie des présidents russe et syrien, Vladimir Poutine et Bachar el-Assad, photographiées le 8 février dernier dans la capitale de Syrie. REUTERS/Omar Sanadiki

    Alors que le conflit en Syrie entre dans sa sixième année ce mardi 15 mars 2016, le président russe Vladimir Poutine a ordonné le retrait de l’essentiel de ses forces dans ce pays. Reste à savoir si ce geste favorisera les discussions de paix que l’ONU organise actuellement à Genève.

    Le 15 mars 2011 est considéré comme le point de départ des manifestations contre le pouvoir de Bachar el-Assad en Syrie, sur fond de « printemps arabes » dans la région. A l'époque, les manifestations pacifiques sont immédiatement réprimées par le régime. La suite, c’est l’engrenage de la violence.

    Progressivement, de nombreux acteurs extérieurs entrent en scène : les combattants étrangers des groupes jihadistes (Etat islamique ou Front al-Nosra), les alliés iraniens et libanais du régime Assad (Hezbollah), la coalition internationale contre le groupe Etat islamique, et plus récemment l’aviation russe.

    En ce 15 mars 2016, le bilan de cette guerre se décline en une litanie de chiffres glaçants : 270 000 morts selon l’ONG Observatoire syrien des droits de l'homme ; 1 million de blessés d’après l’ONG Handicap International ; 4,7 millions de Syriens devenus réfugiés après avoir fui leur pays ; 450 000 personnes actuellement prisonnières dans des zones assiégées.

    Un groupe d’ONG estime même que l’année 2015 a été « la pire pour les civils » en cinq ans de conflit. Anne Hery, directrice du plaidoyer pour Handicap International, déplore « une impuissance de la communauté internationale à faire respecter le droit humanitaire international ».

    « Toutes les règles sont bafouées, et d’une manière de plus en plus en plus inquiétante », ajoute la juriste. Et de rappeler que les différentes résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU sur la protection des civils et l’accès humanitaire n’ont pratiquement pas été suivies d’effet depuis cinq ans.

    Cessez-le-feu et discussions de Genève

    Sombre tableau, mais les choses bougent depuis quelques semaines, avec un fragile cessez-le-feu et des négociations à Genève, sous l’égide de l’ONU et de son envoyé spécial Staffan De Mistura. Début-février, sa précédente tentative d’organiser des discussions de paix à Genève s’est déroulée en pleine offensive des forces du régime et de l’armée russe dans le nord de la Syrie. Cette fois, la situation est très différente.

    Sur le terrain, le cessez-le-feu est certes fragile et limité, mais il se traduit par une réelle diminution des combats. Ce changement peut-il favoriser les discussions ? Le chercheur Thomas Pierret, spécialiste de la Syrie à l’université d’Edimbourg, en doute : « Dès qu’on entre dans le domaine politique, on en revient au même problème qui bloque toute tentative de règlement, à savoir la question de la transition politique. »

    L’opposition syrienne (Haut Comité des négociations, HCN) demande l’application entière des textes internationaux, soit l’établissement d’un « organe exécutif de transition doté des pleins pouvoirs ». « Le régime ne veut pas en entendre parler, pas plus que ses alliés. Eux proposent au mieux un gouvernement d’union nationale qui, en réalité, maintiendrait le pouvoir en place tel qu’il existe aujourd’hui », explique Thomas Pierret.

    Surprise, la Russie annonce son retrait

    C’est dans ce contexte qu’est intervenue, lundi 14 mars, l’annonce-surprise de Vladimir Poutine : la Russie retire la plupart de ses troupes de Syrie, tout en affirmant qu’elle continuera à « soutenir Damas dans sa lutte antiterroriste ». Un retrait engagé dès le lendemain, Moscou précisant qu'un « site de maintenance de vols » était maintenu, ainsi que les systèmes russes de défense antiaérienne « les plus modernes ».

    En septembre dernier, l'entrée en guerre de l'aviation russe a cependant bouleversé l'échiquier syrien. A l’époque, Moscou avait justifié ses bombardements par la « lutte contre le terrorisme ». Mais il s'agissait surtout de défendre le régime de Bachar el-Assad, et en six mois, l'aviation russe a visé toutes sortes de groupes rebelles menaçant les positions du pouvoir de Damas. Ce faisant, elle a assez peu combattu les jihadistes du groupe Etat islamique.

    Comment comprendre le retrait partiel des forces russes ? « Cette décision met un peu plus la pression sur Bachar el-Assad et montre que le Kremlin n’est pas marié avec lui », souligne l’historien Pierre Razoux, auteur de La guerre Iran-Irak aux éditions Perrin. Pour quelles conséquences ? Membre de la délégation de l’opposition syrienne à Genève, Basma Kodmani estime qu’avec ce retrait partiel, « le rapport de force va changer sur le terrain ».

    « Nous ne pouvons pas parler de divine surprise, mais nous espérons que la Russie a enfin compris que défendre Assad ne menait à rien, qu’il était un boulet plus qu’autre chose. Si la Russie veut préserver un avenir avec la Syrie et les Syriens, elle a tout intérêt à lâcher Assad », estime Basma Kodmani. Reste à savoir si cette nouvelle donne incitera le régime de Damas à faire des concessions dans un scénario de transition politique, ce qu’il n’a jamais envisagé auparavant.

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