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    Moyen-Orient

    Syrie: le «groupe de Moscou» entre en scène à Genève

    media Mercredi 16 mars, le «groupe de Moscou», délégation très contestée a été reçue par Staffan de Mistura, le médiateur de l’ONU. REUTERS/Philippe Desmazes/Pool

    Les pourparlers de paix sur la Syrie se poursuivent à Genève, avec l'entrée en scène plutôt inattendue d'une troisième délégation : des opposants « modérés », soutenus par Moscou et tolérés par Damas. Ce « groupe de Moscou » est accusé par la rébellion syrienne de faire le jeu du régime et d'être manipulé par la Russie. Mercredi 16 mars, cette délégation très contestée a pourtant été reçue par Staffan de Mistura, le médiateur de l’ONU.

    Avec notre envoyé spécial à Genève, Daniel Vallot

    C'est une image que l'opposition syrienne aurait souhaité ne jamais voir : les membres du « groupe de Moscou » tenant une conférence de presse au Palais des Nations à Genève à l'issue d'un entretien très officiel avec l'émissaire des Nations unies. Une invitation inespérée, il y a encore quelques jours, pour cette délégation et l'occasion rêvée pour ces opposants, qualifiés de fantoches par la rébellion syrienne, de s'inviter dans les pourparlers, et de réclamer une place à part entière dans les négociations.

    « Nous avons présenté un certain nombre de propositions, a déclaré Qadri Jamil, membre du « groupe de Moscou », et ancien vice-Premier ministre de Syrie, notamment sur l'autorité de transition, sur la nouvelle Constitution, et sur les élections. Notre entretien avec monsieur de Mistura a été amical et constructif, et nous avons convenu de poursuivre notre discussion. Nous sommes prêts à ouvrir des négociations directes aussi tôt que possible. »

    Pour l'opposition syrienne, il est hors de question de considérer le « groupe de Moscou » comme des interlocuteurs valables : la rébellion syrienne et les opposants qui la représentent sont très critiques à son égard, estimant que ce groupe de Moscou n’a aucune légitimité, qu’il ne représente que lui-même et fait le jeu de la Russie et du régime de Bachar al-Assad. L’opposition regroupée autour du Haut Comité pour les Négociations refuse donc catégoriquement de les accepter autour de la table des négociations.

    Un gage à Moscou après le retrait russe annoncé ?

    En recevant officiellement au palais des Nations Unies ce « groupe de Moscou », Staffan de Mistura leur accorde donc de l’importance et de la visibilité. L’émissaire des Nations unies le fait sans doute pour donner des gages à Moscou, après l’annonce par la Russie qu’elle se retirait de Syrie. Mais ce faisant, il prend le risque de braquer l’opposition syrienne, vent debout contre ces délégués qu’elle qualifie de pseudo opposants et qu’elle accuse de n’être venue à Genève que pour servir les intérêts du régime syrien

    Pour Moscou comme pour Damas, cette troisième délégation aurait au contraire toute sa place dans les pourparlers : il est vrai que cette délégation présente un avantage certain aux yeux du régime syrien, celui de ne pas réclamer le départ de Bachar el-Assad.

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