GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Mercredi 24 Août
Jeudi 25 Août
Vendredi 26 Août
Samedi 27 Août
Aujourd'hui
Lundi 29 Août
Mardi 30 Août
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.
    Urgent
    Gabon: Jean Ping, candidat de l'opposition, se proclame «élu» président devant la presse et ses partisans
    Dernières infos
    Moyen-Orient

    Fête de Norouz: Yannick Lintz mène l’enquête au musée du Louvre

    media Yannick Lintz, directrice du département des Arts de l'islam au musée du Louvre. Siegfried Forster / RFI

    300 millions de personnes dans le monde fêtent Norouz, le Nouvel An des peuples persanophones. Il sera célébré ce dimanche 20 mars dans de nombreux pays et peuples en Asie occidentale et centrale. Fête populaire par excellence, cette tradition païenne se reflète aussi depuis des millénaires dans des œuvres d’art. Entretien-enquête avec Yannick Lintz, éminente experte de l’art iranien et oriental et directrice du département des Arts de l’islam du musée du Louvre.

    RFI : Votre département au musée du Louvre est considéré comme la « Mecque » des Arts de l’islam. Que représente Norouz pour vous ?

    Yannick Lintz : Oui, nous sommes la « Mecque » des Arts de l’islam, c’est-à-dire c’est une des plus grandes collections, mais attention au mot « Mecque ». Arts de l’islam ne veut pas forcément dire l’art des mosquées, l’art religieux, c’est aussi l’art des palais, l’art des fêtes royales, princières, etc. Mon rapport à Norouz est clairement lié aux collections qu’on peut voir au Louvre sur le monde iranien. Nous sommes très riches sur les collections qui tracent la civilisation iranienne depuis des millénaires. En plus, nous avons dans nos collections quelques œuvres qui évoquent cette grande tradition de Norouz. Quand on travaille avec l’Iran et les Iraniens, on ne peut pas rater Norouz y compris dans les fêtes qui sont actuellement en train de se mettre en place à Paris où je me rendrai avec grand plaisir pour fêter Norouz avec les Iraniens.

    Avez-vous déjà vécu Norouz dans un pays persanophone ?

    Oui, j’ai beaucoup travaillé en Iran, sur l’Empire perse-iranien, c’est ma spécialité au départ. A cette époque, cela m’est arrivée de fêter Norouz en Iran, mais je ne l’ai jamais vécu ailleurs dans ce monde culturel persanophone qui fête Norouz.

    C’était comment ?

    C’est le grand moment de l’année. C’est comme en France, par exemple, Noël. Tout le monde s’arrête, c’est les vacances, on fait la fête. Ce que j’ai adoré, c’était que le début de l’année, n'est pas en plein hiver avec de la neige, mais sous le printemps, avec les fleurs, le soleil, la lumière, c’est très symbolique. Dans ces pays, c’est un moment très gai et très important.

    Une ambiance qu’on peut retrouver aussi dans les salles du musée du Louvre. Par exemple, quel est le lien de ce vase en forme de joueur de tambourin avec Norouz ?

    Avec son visage et avec ses lèvres grossies, il a presque la forme d’un Africain. Quelqu’un qui connaît la tradition de Norouz le relit immédiatement à un personnage populaire de l’ensemble des traditions de Norouz qui s’appelle Haji Firouz. Le vase date de la fin du XIIe siècle. Aujourd’hui encore, ce genre de personnage est présent dans les rues des villes qui fêtent Norouz. Il se déguise en se grimant de noir et en portant des vêtements rouges. Il se promène avec un tambourin dans la rue à annoncer l’arrivée du printemps et de la nouvelle année. Cela révèle l’ancienneté de cette tradition.

    On peut aussi découvrir une « boîte » en céramique avec une scène de musique, une œuvre d’art du début du XIIIe siècle.

    L’objet en lui-même est un peu mystérieux. Il fait une quinzaine de centimètres de largeur et ressemble à une boîte ouverte dans laquelle il se passe des choses… C’est une sorte de maquette miniature d’une scène de la vie réelle. Cela pourrait être une scène des festivités de Norouz se tenant dans une cour intérieure, d’où cette boîte qui symbolise un peu ces murs de la cour avec une frise d’animaux qui fait tout le long de la boîte. A l’intérieur, il y a à la fois des musiciens, mais on voit aussi que ces personnes sont autour d’une table où il y a à manger. Ce n’est pas si fréquent que ça dans l’art iranien de représenter des gens autour d’une table. Donc on est quasiment sûr que cela évoque un repas de Norouz. Cette tradition démarre le premier jour de la nouvelle année et va durer pendant douze jours. Sur cette table de « haft sin », on rassemble sept mets commençant tous, en persan, avec la lettre « s ». Ces sept mets peuvent être des céréales, des fruits secs… symbolisant la chance ou souhaitant de bons vœux pour la nouvelle année qui commence.

    L’objet en lui-même est un peu mystérieux.
    Yannick Lintz, directrice du département des Arts de l’islam décryptent deux objets d’art en lien avec Norouz, le Nouvel An persan. 18/03/2016 - par Siegfried Forster Écouter

    Est-ce qu’il y a des études scientifiques d’historiens d’art sur cette fête populaire ancestrale ?

    On ne peut pas dire que ce soit le quotidien de notre travail d’essayer de comprendre cela, mais c’est quand même intéressant de voir que beaucoup de spécialistes, ethnologues, gens qui étudient les coutumes, s’intéressent à ces choses. Et en fait, on ne connaît toujours pas vraiment l’origine de cette fête. Il y a plusieurs hypothèses, mais on sait une chose : cela remonte à des temps très anciens, avant l’arrivée de l’islam. Le premier récit et sans doute le plus grand de la littérature persane qui raconte cela est le Shâh Nâmeh [Le livre des Rois; Ndlr], cette grande épopée iranienne écrite par Ferdowsi au Xe siècle. C’est le Victor Hugo du Xe siècle en Iran. Il parle déjà de cette tradition à une époque ancienne des rois perses, de l’époque des capitales de Persepolis et de ces grands rois qu’on connaît sous les noms de Darius, Xerxès. Dans le Shâh Nâmeh, il parle du roi Jamshid, censé être le roi de Persepolis, qui fêtait Norouz. Le Louvre possède des reliefs de Persepolis qui date du Ve siècle av. J.-C. où l’on voit la représentation célèbre du lion qui combat le taureau. Certains spécialistes pensent que le lion symbolise le jour nouveau, Norouz en persan, et que le lion est victorieux du taureau représentant le temps passé plus obscur, plus négatif. Donc il y a beaucoup de signes de Norouz à décrypter au Louvre pour ceux qui ont envie de mener l’enquête.

    Vous êtes en train de préparer une très grande exposition sur une époque très moderne de l'Iran, la dynastie Qajar. Il y en a des œuvres en lien avec Norouz ?

    Toutes les époques de l’art iranien ont des objets en lien avec ces fêtes. Pour ce qui est de l’époque Qajar, la grande dynastie de la fin du XIXe siècle, du début du XXe, celle qui était beaucoup en contact avec la France, on a notamment de la vaisselle de luxe. Elle peut parfois ressembler à la grande porcelaine de Sèvres, mais elle est fabriquée en Iran et servait dans les fêtes de Norouz. On a aussi du cinéma Qajar, de la photographie, donc on voit aussi des rois Qajar en train de fêter Norouz. Vous retrouverez Norouz dans notre exposition au printemps 2018, on va fêter Norouz pendant l’exposition ! 

    Cliquez ici pour savoir à quelle heure le Nouvel An persan commence dans votre ville
    ► La page Facebook de l'association de la Journée internationale de Norouz
    Le 27 mars à Paris : Fête de la journée internationale de Norouz sous le parrainage de Robert Hossein

    Chronologie et chiffres clés
    Sur le même sujet
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.