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    Moyen-Orient

    Norouz: «La même histoire partout dans le monde au même moment»

    media Détail d’une table de « haft sin » de l’association Journée Internationale de Norouz, lors de la Fête du printemps à la Mairie du 6e à Paris. Siegfried Forster / RFI

    L’heure exacte de l’équinoxe vernal décidera ce dimanche 20 mars à quel moment plus de 300 millions de personnes dans le monde fêteront le Nouvel An persan. À Paris, Massoud Mirshahi sera debout pour accueillir la nouvelle année à 5h30 et 12 secondes le matin. Émigré en France, il y a 35 ans, ce cancérologue et chercheur franco-iranien est aujourd’hui président de l’association de la Journée internationale de Norouz, une tradition millénaire reconnue depuis 2009 par l’Unesco et pratiquée dans 90 pays. Entretien.

    RFI : Qu’allez-vous faire ce dimanche 20 mars, à 5h30 du matin ?

    Massoud Mirshahi : Comme pratiquement tous les gens d’origine iranienne, je serai autour de la table de « haft sin ». Sur la table, il y aura sept représentations de la nature, sept choses qui commencent par la lettre « s », et des livres de poésie, et beaucoup de fleurs. On attend le Nouvel An et puis tout le monde se félicite. C’est la même histoire qui se passe partout dans le monde au même moment.

    Selon les pays et les cultures, les coutumes diffèrent : acheter des poissons rouges, accrocher un chapeau sur la porte, sauter par-dessus du feu…

    Il y a le moment du Nouvel An, mais normalement, Norouz représente une cérémonie qui comprend 41 jours. Déjà cent jours et nuits avant, il y a la fête Sadeh [l’apparition du feu, ndlr]. Après, il y a une autre fête, Tchâhâr Shanbeh Souri, le moment où les gens sautent par-dessus du feu. Cette tradition existe dans presque tous les pays, mais dans des formats différents. Chez les Iraniens d’aujourd’hui, c’est le dernier mercredi avant la fin de l’année. Dans d’autres pays, c’est au deuxième jour de Norouz. Chez d’autres encore, au cinquième jour.

    Comme c’est une fête ancestrale, les coutumes ont évolué différemment. Par exemple, en Iran, il y a le « haft sin ». En Afghanistan, il y a sept fruits secs. Au Tadjikistan, il y a sept fruits ou sirops de fruits. Il y a les germes de blé ou d’orges qui sont communs partout, le reste dépend des pays. Depuis six ans, en tant qu’association de la Journée internationale de Norouz, nous essayons de réunir les peuples autour de belles choses comme les fleurs, le printemps.

    Quelle est l’origine de Norouz ?

    En réalité, on ne sait pas l’origine exacte de Norouz, mais on sait que cela a toujours été fêté au début du printemps, au début du Nouvel An. Il y a 2575 ans, Cyrus le Grand, le fondateur de l’Empire perse fêtait son alliance avec Marduk, le dieu de Babylon. Pour cela, il avait choisi la veille du 20 mars. Déjà à cette époque, c’était une date importante.

    La fête est ancestrale, mais la très grande majorité des pays où Norouz existe aujourd’hui est musulmane : Afghanistan, Irak, Iran, Turquie… Norouz est-il devenu aussi une fête religieuse ?

    Cette tradition perse a été transmise jusqu’à l’Empire des Sassanides [224-651, ndlr]. Puis, les grands gouverneurs étaient toujours protégés par les Perses, même après l’arrivée des Arabes et de l’islam. Après, cette fête est entrée dans la pratique des gouverneurs, des khalifes… ainsi c’est devenu une fête associée à leur pouvoir. Au fur et à mesure, c’est entré aussi dans la tradition religieuse. Actuellement, cette fête existe dans pas mal de branches de religions musulmanes, par exemple chez les ismaéliens, environ 20 millions de personnes dans le monde : des Chinois, des Canadiens, des Indiens, des Américains… À l’époque des rois perses, Darius avait beaucoup influencé les peuples coptes en Égypte. Aujourd’hui, Norouz existe jusqu’à Zanzibar ou Albanie … Dans notre association, on rencontre parfois des gens qui viennent de Chine, de l’Inde, du Pakistan et souvent ils pensent que nous sommes en train de fêter leur fête !

    Le président américain Barack Obama envoie régulièrement des messages vidéo à tous ceux qui fêtent le Norouz. Le régime iranien avait longtemps contesté cette fête non-musulmane. Le gouvernement turc tente régulièrement d’interdire les fêtes de Norouz pour éviter une mobilisation anti-turque des Kurdes. Norouz, est-il devenu une fête politique ?

    Depuis l’Unesco a reconnu, le 15 septembre 2009, Norouz comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité et la Journée internationale de Norouz, le 15 décembre de la même année, les Canadiens l’ont également reconnue comme Journée internationale. De même les Américains, le 30 mars 2010. L’explication est simple : avec un discours de deux minutes, Barack Obama atteint 300 millions de personnes. La France, pour l’instant, n’a rien fait. Rien! Jusqu’à aujourd’hui, on n’est pas reconnu par le gouvernement français.

    Troupe de danse Norouz de l'association de la Journée Internationale de Norouz lors de la Fête du printemps à la mairie du 6e arrondissement à Paris. Siegfried Forster / RFI

    Cliquez ici pour savoir à quelle heure le Nouvel An persan commence dans votre ville
    ► Le 21 mars est la Journée internationale de Norouz proclamée par l’Unesco.
    Le 27 mars à Paris : Fête de la journée internationale de Norouz sous le parrainage de Robert Hossein

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