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    Europe

    Turquie: deux journalistes en procès et la liberté de la presse en question

    media Les journalistes turcs Can Dündar et Erdem Gül devant les locaux du journal «Cumhuriyet», le 26 février 2016 à Ankara. OZAN KOSE / AFP

    Le procès de deux journalistes du quotidien d’opposition Cumhuriyet s’ouvre ce vendredi 25 mars en Turquie. Arrêtés pour espionnage et tentative de coup d’Etat, Can Dündar et Erdem Gül avaient publié en 2014 une information sensible pour le gouvernement de l'AKP. Leur procès qui aura lieu a huis clos s’inscrit dans un contexte de répression accrue contre les médias en Turquie.

    Leur affaire est devenue emblématique de la volonté du pouvoir turc de museler les médias. Deux journalistes du quotidien d’opposition Cumhuriyet, Can Dündar et Erdem Gül, risquent la prison à vie pour espionnage, divulgation de secret d'Etat, tentative de coup d'Etat et assistance à organisation terroriste.

    Leur procès s’ouvre ce vendredi 25 mars. Il intervient dans un contexte de répression accrue avec l’expulsion de correspondants de la presse étrangère et la mise sous tutelle du journal Zaman. Le procureur a réclamé contre eux la réclusion criminelle à perpétuité. Et le président a prononcé le huis clos dans ce procès pour des raisons de sécurité d’Etat, raconte le correspondant de RFI à Istanbul, Alexandre Billette. Seuls les accusés, les plaignants, leurs avocats pourront désormais assister aux audiences.

    Un procès derrière des portes closes

    C’était ce que craignait d’ailleurs la défense qui parle d’une parodie de justice. Au palais de justice d’Istanbul, 200 à 300 personnes, des journalistes, des avocats, et des défenseurs des droits de l’homme, sont venues soutenir Can Dündar et Erdem Gül. La Cour a également pris la décision de constituer partie civile dans cette affaire le président Recep Tayyip Erdogan et les services de renseignements turcs, qui seront donc représentés par leurs avocats en tant que victimes directes dans cette affaire, une intervention politique dans les affaires de la Cour, selon les avocats de la défense.

    Un reportage gênant pour le pouvoir

    Début 2014, le journal Cumhuriyet avait publié des informations selon lesquelles des camions des services de renseignement turcs avaient été interceptés avec à leur bord des armes destinées aux rebelles islamistes en Syrie.

    « Celui qui a publié cette information va payer le prix fort », avait alors déclaré le président turc Recep Tayyip Erdogan. Ce dernier a porté plainte personnellement contre le rédacteur en chef du quotidien. Le chef de l’Etat avait ensuite menacé de dissoudre la Cour constitutionnelle quand cette dernière a remis les deux journalistes en liberté après trois mois de détention provisoire.

    Un journaliste détesté par le pouvoir

    Avec ses lunettes rondes d'intellectuel et les cheveux souvent en désordre, Can Dündar est l'archétype des libéraux stambouliotes laïcs, kémalistes, détestés par le pouvoir actuel, observe notre correspondant à Istanbul Alexandre Billette.

    A bientôt 55 ans, il est rédacteur en chef de Cumhuriyet depuis 2013, et il n'a pas cessé d'écrire, même lorsqu'il était en prison, d'où il a publié des « lettres » toujours très dures à l'égard du régime turc actuel, sévères également vis-à-vis de l'Europe, qu'il accuse de marchander avec Ankara en abandonnant les démocrates de Turquie.

    Can Dündar est un personnage qui manie souvent l'humour noir. Il aime répéter que depuis son bureau, il a une vue imprenable sur le cimetière et le palais de justice, qui sont les deux lieux les plus fréquentés par les journalistes turcs à ses yeux.

    Plus sérieusement, il entend bien faire de ce procès celui des crimes de l'Etat turc et de sa politique étrangère. Un livre où il présente les preuves de ce qu'il avait publié, et qui lui vaut ce procès, devrait paraître ce vendredi.

    Tous les moyens sont bons pour restreindre la liberté d’expression...
    Nedim Gürsel, écrivain turc exilé en France 25/03/2016 - par Juliette Gheerbrant Écouter

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