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    Moyen-Orient

    Yémen: un an sous les bombes

    media Trou causé par une attaque aérienne saoudienne sur un pont à Sanaa, le 23 mars 2016. Cela fait un an que le Yémen est sous les bombes. REUTERS/Khaled Abdullah

    Cela fait un an que le conflit au Yémen s’est internationalisé, avec l’entrée en guerre d’une coalition arabe de neuf pays dirigée par l’Arabie saoudite (Emirats arabes unis, Qatar, Bahreïn, Koweït, Egypte, Jordanie, Maroc, Soudan). Depuis, les bombardements ont fait plus 6 000 morts, dont la moitié sont des civils, selon l’ONU. Le pays est plongé dans le chaos, mais il y a un espoir, avec l’annonce par l’ONU d’un cessez-le-feu le mois prochain, avant de nouvelles négociations.

    Quelques semaines après l’arrivée au pouvoir du roi Salman en Arabie saoudite, son pays entre en guerre au Yémen le 26 mars 2015 à la tête d’une coalition de pays arabes. Le but affiché est de soutenir le pouvoir du président Abd Rabbo Mansour Hadi, menacé par la rébellion houtie (chiite). L’entrée en guerre de la coalition arabe - d’abord dans les airs puis au sol à partir de l’été 2015 - a permis au camp loyaliste de reprendre du terrain. Mais la rébellion contrôle toujours de vastes territoires, y compris Sanaa, la capitale.

    Le bilan humain est lourd : plus de 6 000 morts dont la moitié sont des civils, selon l’ONU. « 21 millions de personnes (80 % de la population yéménite) ont besoin d’aide humanitaire et 2 millions d’enfants souffrent de malnutrition », ajoute Sadek al-Saar. Ce Yéménite installé en France a fondé l’ONG Salam for Yemen. Il estime que la situation dans son pays s’est dégradée ces derniers mois au point de devenir « pire qu’en Syrie ». « Le système sanitaire ne marche plus qu’à 20 %, il n’y a plus rien qui marche au Yémen. En Syrie au moins, il y a des frontières ouvertes avec les pays voisins pour fuir et acheminer de l’aide, mais le Yémen est sous un blocus total ! », déplore-t-il.

    Ventes d’armes à la coalition

    Depuis quelques semaines, cette guerre et son lourd bilan font naître un débat portant sur la responsabilité de ceux qui arment la coalition. En effet, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, le Qatar et les autres pays de la coalition sont de gros clients des pays exportateurs d’armes : Etats-Unis, France et Royaume-Uni en tête. Plusieurs organisations de défense des droits de l’homme demandent un embargo sur les armes à destination de la coalition. C’est le cas de Human Rights Watch, pour qui Belkis Wille enquête actuellement au Yémen.

    « On voit beaucoup de destructions sur des maisons, des centres commerciaux, des marchés, des usines, des écoles, des hopitaux », raconte Belkis Wille à Sanaa, d’où elle a répondu aux questions de RFI. Les Yéménites « sont vraiment très déprimés et se demandent qui va payer après toutes ses destructions dans un pays déjà très pauvre », ajoute-t-elle, faisant état de plusieurs bombardements de la coalition ces tous derniers jours à Sanaa. Le mois dernier, le Parlement européen a adopté une résolution (non-contraignante) demandant à l’UE d’imposer un embargo sur les livraisons d’armes à l’Arabie saoudite.

    Cessez-le-feu et pourparlers

    Dans ce contexte, l’ONU annonce un cessez-le-feu au Yémen à partir du 10 avril et des négociations le 18 avril au Koweït. Deux tentatives de négociations et plusieurs annonces de cessez-le-feu n’ont rien donné l’année dernière. La crainte de l’Arabie saoudite et de ses alliés, à savoir l'enlisement militaire au Yémen, peut-elle peser cette fois en faveur d’un règlement politique ?

    « On peut parler d’enlisement, analyse le chercheur Laurent Bonnefoy. Sur le terrain, les objectifs n’ont pas été atteints, puisque le président Hadi est cantonné à Aden, la seconde ville du pays, alors que les miliciens houtis tiennent toujours fermement Sanaa. » Avant même l’annonce du cessez-le-feu et de négociations sous l’égide de l’ONU, l’Arabie saoudite et des représentants houthis ont engagé des discussions directes ces derniers jours à la frontière des deux pays. Une première.

    Affrontement régional

    Le conflit au Yémen s’inscrit aussi dans les enjeux régionaux. L’Arabie saoudite s’est lancée dans cette guerre au nom de son bras de fer avec l’Iran. « Il y a des arrières-pensées régionales évidentes, explique Laurent Bonnefoy. Mais de souligner toutefois une implication asymétrique :

    « Les Saoudiens sont présents militairement alors que les Iraniens appuient les miliciens houthis de manière symbolique et potentiellement financière, mais sans jamais avoir manifesté l’intention de s’impliquer davantage dans le conflit. »

    Des responsables houthis ont récemment demandé à l’Iran de se tenir à distance du conflit au Yémen. Cela suffira-t-il à apaiser les angoisses de l’Arabie saoudite, pour laquelle il serait insupportable de voir s’établir un pouvoir proche de Téhéran à sa frontière-sud ?

    Aqpa et EI

    Les groupes al-Qaïda dans la Péninsule arabique (Aqpa) et Etat islamique sont également implantés au Yémen. Ces derniers jours, une frappe aérienne américaine a visé un camp d’entraînement d’al-Qaida dans le sud-est du Yémen, faisant 71 morts selon le gouvernement.

    Et l'on observe un regain d’activité de ces groupes jihadistes dans les zones tenues par les forces loyalistes, à commencer par Aden, leur capitale provisoire, où les attentats ont fait au moins 150 morts depuis le début de l’année. « Aqpa et l'EI sont sans doute les principaux bénéficiaires de la guerre », au Yémen, affirme l’ONG International Crisis Group (ICG) dans un récent rapport.

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