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    Moyen-Orient

    Syrie: les conséquences de la reprise de Palmyre par le régime

    media L'entrée du site archéologique de Palmyre, avec un panneau de signalisation touristique, en Syrie, le 27 mars 2016, après que le régime ait repris les lieux aux forces du groupe EI. STRINGER / AFP

    En Syrie, l’armée gouvernementale a repris dimanche 27 mars la ville antique et les quartiers habités de Palmyre, tombés en mai 2015 aux mains du groupe Etat islamique. L’ONG Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) parle de 400 morts dans les rangs des jihadistes, leurs plus grandes pertes en une seule bataille depuis l'émergence du groupe EI. L’armée syrienne aurait perdu 190 hommes. Le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon salue la reprise de Palmyre. « Nous sommes encouragés et heureux », a-t-il déclaré, se félicitant que les autorités syriennes puissent être en mesure de « préserver et de protéger » le site antique, dont une partie des trésors a été détruite par les jihadistes.

    Avec notre correspondant à Beyrouth, de retour de DamasPaul Khalifeh

    La bataille de Palmyre constitue un important succès militaire pour le régime, mais aussi une victoire symbolique et stratégique. La reconquête de Palmyre aura un grand retentissement sur la scène internationale.

    Ce joyau de l’archéologie est en effet un symbole de la civilisation humaine. Palmyre, classée au patrimoine mondial par l’Unesco depuis 1980, recèle des vestiges d’une richesse inestimable, et sa prise par les jihadistes, il y a presque un an, avait provoqué un vif émoi.

    Reconstruction

    La reprise de la cité par les forces gouvernementales sera accueillie avec soulagement dans le monde entier. A en croire les premières images sur place, envoyées par l'armée syrienne, les dégâts sont moins considérables que ce que craignaient les archéologues.

    Le régime syrien pense déjà à l'étape suivante : la reconstruction. La plupart des bâtiments pourraient être restaurés, selon Maamoun Abdulkarim, le directeur général des antiquités en Syrie contacté par RFI. Les pierres antiques présentes dans la carrière pourraient permettre en grande partie de reconstituer les ruines.

    « Nous avons des moyens sur place, nous avons une expertise, nous avons des centaines d'architectes et d'archéologues chez nous, explique M. Abdulkarim. Maintenant, nous devons voir quel est le pourcentage de destruction sur les pierres mêmes. » Si les pierres des monuments effondrés sont restées intactes, il n'écarte pas la possibilité de les reconstruire quasiment comme initialement. Pour lui, c'est aussi l'occasion de passer ce message aux terroristes : « Si vous détruisez, nous allons reconstruire. »

    Libérateur

    Grâce à cette victoire, le régime syrien se donne l’image du libérateur de ce symbole de la civilisation des griffes de la barbarie. Le président Bachar el-Assad ne pouvait espérer mieux : aujourd’hui, son armée se présente comme un rempart contre le terrorisme.

    Sur un plan plus stratégique, toute victoire militaire a forcément des implications politiques. La reprise de Palmyre renforcera sans doute les positions du régime aux négociations inter-syriennes de Genève, qui pourraient reprendre le 15 avril, pour trouver une solution politique au conflit.

    Prochain objectif : Deir Ezzor

    Les objectifs ont clairement été énoncés dimanche par le président Assad devant une délégation parlementaire française qu’il a reçue à Damas. La prochaine cible de l’armée syrienne sera la ville de Deir Ezzor. Cette capitale de la province éponyme est située sur les deux rives de l'Euphrate, à quelques kilomètres de la frontière avec l’Irak. 250 000 civils, une importante garnison de l’armée, et un aéroport militaire sont assiégés depuis le printemps 2014 par le groupe Etat islamique.

    Si l’armée parvient à briser le siège, elle aura réussi à couper en deux, d’ouest en est, le territoire contrôlé par Daech en Syrie. Raqqa, la capitale autoproclamée des jihadistes dans le pays, sera alors isolée de sa base arrière située en Irak.

    Quelles répercussions sur les négociations de Genève ?

    La délégation du régime se rendra le 15 avril à Genève, auréolée de cette victoire saluée dans le monde entier. Elle sera plus confiante et plus ferme peut-être. Mais l’intransigeance des protagonistes a des limites fixées par les Russes et les Américains.

    Et même si les deux puissances veulent pousser en avant le règlement politique en Syrie, elles ne sont pas d’accord sur tous les détails. Lorsque Washington évoque la transition par exemple, Moscou, lui, préfère parler de processus. Pour le régime syrien, la solution politique ne signifie pas remettre le pouvoir à l’opposition, mais le partager avec elle. Reste à savoir quelle est sa conception du partage.

    Maintenant, la question qu'il faut se poser c'est jusqu'où Bachar el-Assad peut-il progresser ? Parce qu'il y a quand même un fait géopolitique essentiel c'est que 3/5e de la population en Syrie est sunnite, en insurrection contre ce régime...
    Jean-Sylvestre Mongrenier docteur en géopolitique et professeur à Paris 27/03/2016 - par RFI Écouter

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