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    Moyen-Orient

    Syrie: l'armée annonce avoir repris le contrôle de Palmyre en totalité

    media Les forces pro-gouvernementales syriennes posant sous la citadelle de Palmyre, qui surplombe la ville antique, le 26 mars 2016. Maher AL MOUNES / AFP

    L'armée syrienne a annoncé avoir repris le contrôle de la partie résidentielle et du site antique de Palmyre, ce dimanche 27 mars 2016. Cette ville antique du centre de la Syrie, aux trésors inestimables, était tombée sous le contrôle du groupe EI il y a près d'un an. Les forces russes se sont largement engagées aux côtés de Damas pour la reprendre. Un enjeu stratégique pour la reconquête de la frontière avec l'Irak. Le régime promet désormais de récupérer Raqqa et Deir Ezzor.

    Article mis à jour dimanche midi. Avec notre envoyé spécial à Damas,  Paul Khalifeh

    A Damas, l'armée l'a officiellement confirmé : après 20 jours d'une offensive lancée le 7 mars, Palmyre est de nouveau entre ses mains. Une information également diffusée par les médias officiels. « Après de violents combats nocturnes, l'armée contrôle entièrement la ville de Palmyre, y compris le site antique et la partie résidentielle. Les jihadistes se sont retirés », avait préalablement déclaré à l'Agence France-Presse une source militaire présente sur place. Le président Assad parle d'un « important exploit ».

    L'ONG Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH) confirme l'information, mais reste nuancée, signalant qu'il y avait encore récemment des tirs dans la partie orientale de la ville. Poche de résistance également signalée près de l'aéroport militaire. Mais l'essentiel des combattants de l'EI se sont retirés vers Sokhné, Raqqa et Deir Ezzor, laissant Palmyre sous le contrôle de l'armée du régime Assad, grâce à cette offensive soutenue par l'aviation et les forces spéciales russes, ainsi que par le Hezbollah libanais.

    Les plus grosses pertes humaines du groupe EI depuis son émergence

    Les combats ont été rudes à Palmyre. Quelque 400 jihadistes sont morts selon l'OSDH. C'est le bilan le plus lourd qu'ait essuyé le groupe EI dans une seule bataille « depuis son émergence », précise l'ONG, qui annonce également que 188 membres des forces de Damas et de leurs alliés sont morts. Mais qu'à cela ne tienne, la totalité de la ville est désormais sous contrôle de Damas, y compris le site antique, qui aurait été miné par les jihadistes et où les unités du génie tâchent de désamorcer d'éventuels engins explosifs.

    La reconquête de Palmyre revêt une double importance pour Damas. Symbolique d’abord, car la prise, en mai 2015 par l’organisation Etat islamique, de cette cité antique surnommée « la perle du désert » et classée au patrimoine mondial de l’Unesco, avait provoqué un vif émoi dans le monde, surtout après la destruction par les jihadistes de monuments archéologiques inestimables. La reprise de la ville permet au régime de se présenter comme le libérateur de ce joyau de l’archéologie des griffes de l’obscurantisme jihadiste.

    → À (re)lire : Syrie: les enjeux stratégiques de la prise de Palmyre

    Mais au-delà de l'aspect symbolique, il faut voir dans la reprise de Palmyre une dimension stratégique bien plus importante. Après la reconquête de la cité antique, la voie vers la frontière avec l’Irak est désormais ouverte. Le prochain objectif sera la ville d’As-Sukhnah, à 80 kilomètres au nord-est. Puis l’armée syrienne pourrait briser le blocus imposé par les jihadistes à Deir Ezzor, la capitale de la province éponyme. Après quoi la frontière ne sera plus très loin. Un plan préparé avec l'état-major russe, pour renforcer les positions du régime dans le processus politique en cours de négociation.

    Ce dimanche, l'armée syrienne a confirmé ce plan militaire, promettant de chasser le groupe EI non seulement de Deir Ezzor, où 250 000 civils, une garnison de plusieurs milliers d’hommes et un aéroport militaire sont assiégés depuis deux ans et demi, mais aussi de son autre grand fief syrien, Raqqa, entre autres « axes » poursuivis par Damas. « Palmyre sera la base à partir de laquelle s'étendront les opérations militaires contre le groupe terroriste sur plusieurs axes », selon le communiqué du commandement syrien, qui entend « mettre fin à l'existence des terroristes » dans ces régions.

    → Lire aussi : Palmyre, une « perle du désert » unique au monde

    Les ruines de Palmyre, photographiées le 25 mars 2016. Un long travail d'inventaire sera nécessaire sur le site. STRINGER / AFP

    Les archéologues, eux, n'attendent qu'une chose : pouvoir revenir dans la ville antique de Palmyre, une fois qu'elle sera sécurisée. Le gouvernement syrien prévoit déjà de remettre le site sur pied. Un projet plus compliqué que ce que l'on croit, selon Maurice Sartre, historien et professeur d'histoire ancienne à Tours contacté par RFI. Pour lui, la reconstruction risque de se heurter à beaucoup de contraintes.

    « Je crois qu'il va falloir évaluer exactement les destructions, explique-t-il. Ce qui a été détruit à l'explosif comme le temple de Bêl qui est réduit semble-t-il à l'état de gravats de poussière, c'est impossible à reconstruire, sauf si on se dit qu'on le reconstruit comme un bâtiment neuf. D'autre part, on sait qu'il y a eu des pillages des tombeaux souterrains avant l'arrivée de Daech puisqu'on a retrouvé des pièces bien connues sur le marché des antiquités, mais on ignore l'étendue de ces pillages. Seul l'examen direct par les services des antiquités permettra de mesurer exactement l'étendue du désastre. Il y a un travail d'inventaire à faire qui est considérable. »

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