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    Moyen-Orient

    Syrie: al-Qaryatayn, Sokhna, et al-Koum, les objectifs de l'armée syrienne

    media Un drapeau du groupe Etat islamique retrouvé dans Palmyre, le 27 mars 2016. Reuters

    En Syrie, la défaite du groupe Etat islamique dans la ville de Palmyre continue de susciter des réactions positives dans le monde. Après Vladimir Poutine et Ban Ki-moon, c’est le porte-parole du département d'Etat américain, John Kirby, qui a jugé que c'était « une bonne chose » que les jihadistes aient été chassés de la cité antique. Il semble que les troupes gouvernementales syriennes veulent exploiter leur avantage et poursuivre leur progression vers d’autres fiefs du groupe Etat islamique.

    Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

    L’armée syrienne ne veut laisser aucun répit au groupe Etat islamique, très secoué par la perte de Palmyre. Moins de 24 heures après la reconquête de la cité antique, les troupes gouvernementales ont lancé une offensive en direction de la localité d'al-Qaryatayn, située à 80 kilomètres au sud-est de Homs. Cette petite ville est stratégique car elle se trouve sur une route de ravitaillement du foyer jihadiste du Qalamoun, situé à cheval entre le Liban et la Syrie ; de même qu’elle ouvre de longues voies d’approvisionnement vers l’est et le nord de la Syrie, en contournant Palmyre à travers le désert.

    Le gouverneur de Homs, Talal Barazi, a annoncé que l’armée et ses alliés avancent  sur trois axes pour encercler et reprendre la ville d'al-Qarayatayn. Les combats directs ont déjà commencé. Comme à Palmyre, l’aviation russe participe activement à cette bataille, dans laquelle est également engagé le Hezbollah libanais car la présence de Daech à al-Qaryatayn constitue une menace directe pour le Liban.

    L’armée syrienne s’intéresse aussi à un autre fief de l’EI, situé sur la route menant à Deir Ezzor, à l’est, considéré comme la porte de l’Irak. Il s’agit de la ville de Sokhna à 70 kilomètres à l’est de Palmyre, vers laquelle s’est retirée une partie des jihadistes qui défendaient la cité antique. Le gouverneur Talal Barazi a annoncé que Sokhna est un objectif prioritaire car sa chute ouvrirait la voie vers Deir Ezzor, la capitale de la province éponyme, assiégée par les jihadistes depuis deux ans et demi.

    Et si, par ailleurs, les troupes gouvernementales parviennent à prendre la localité d'al-Koum, au nord de Palmyre, elles seront à la lisière de la province septentrionale de Raqqa, principal fief du groupe Etat islamique en Syrie.

    ■ Que va devenir le site antique de Palmyre : le point de vue d'Annie Sartre-Fauriat, historienne de l'antiquité, spécialiste de la Syrie

    En Syrie après la reprise du site de Palmyre par les troupes gouvernementales de Bachar el-Assad, l'espoir renaît chez certains experts. Le chef des Antiquités et des musées de Syrie espère restaurer les monuments détruits par les combats et l'EI comme le temple de Bel, de Baalshamin ou le grand Arc d'ici 5 ans. Un délai jugé surréaliste par certains experts.

    Palmyre, ou une communication bien étudiée du régime syrien

    Annie Sartre-Fauriat, historienne de l'antiquité, spécialiste de la Syrie estime que la reprise de Palmyre par l’armée syrienne sur Daech, qui est entré dans la cité en mai dernier, n’est jamais que le retour de l’armée syrienne, qui occupait d’ailleurs le site entre 2012 et 2015. Et que cela ne signifie pas que la guerre est finie pour autant : « Le site de Palmyre a beaucoup focalisé les médias depuis le mois de mai dernier. Très franchement, non seulement le départ de l’armée syrienne de Palmyre en mai en laissant le site à Daech parce qu’il ne faut pas oublier que Daech est arrivé à travers le désert sans que, soi-disant, personne ne les voie, ce qui est absolument impossible. Pendant ce temps-là, Bachar el-Assad préférait bombarder les civils à Alep, détruire les écoles, bombarder les marchés, les maisons etc. En fait, qu’est-ce qu’il voulait ? C’est que la coalition internationale vienne à son secours en agitant les possibilités que Palmyre tombe entre les mains de Daech. Et en réalité, la reprise de Palmyre avec les Russes, moi, me semble aussi une opération de communication pour montrer qu’il est le sauveur et le recours évidemment pour le patrimoine et pour la Syrie ».

    Que reste-t-il ?

    Sur l'état de Palmyre et les pièces à restaurer Annie Sartre-Fauriat est circonspecte. « Pourra-t-on restaurer le Grand Arc notamment parce que, d’après ce que j’ai vu, les blocs se sont effondrés. Il a été sans doute cassé au bulldozer. Donc on a des blocs. En revanche, ça va être beaucoup plus difficile pour les deux temples, le temple de Baalshamin et le temple de Bel, pour les tours funéraires qui ont été également réduites à l’état de poussière parce que là, nous n’avons plus un seul bloc qui soit réellement réutilisable. C’est vraiment du gravat.»

    Palmyre, un «site martyrisé, mutilé, complètement ravagé»

    L'historienne s'interroge aussi sur la notion de reconstruction : « Qu’est-ce que ça veut dire reconstruire ? Ça veut dire qu’on va reconstruire à neuf ? Qu’on va reconstruire quoi ? Le temps de Bel tel qu’il était avant sa destruction ou tel qu’il était à l’origine quand il a été construit ? Moi, j’avoue que là, je suis beaucoup plus perplexe sur cette possibilité de restauration, de reconstruction même on va dire. Bien sûr, qu’est-ce qu’est Palmyre sans son temple de Bel ? Qu’est-ce qu’est Palmyre sans ses tours funéraires ? C’est un site martyrisé, mutilé, complètement ravagé».

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