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    Moyen-Orient

    Syrie: Bachar el-Assad tient ses législatives comme si de rien n'était

    media Le président syrien Bachar el-Assad vote pour les élections législatives, en compagnie de son épouse Asma, à Damas le 13 avril 2016. REUTERS/SANA/Handout via Reuters

    De nouveaux pourparlers inter-syriens doivent démarrer ce mercredi 13 avril 2016, trois semaines après un premier « round » de discussions en Suisse, qui n'a pas permis aucune avancée majeure. Cette éventuelle reprise des négociations coïncide avec les élections législatives que le régime de Bachar el-Assad organise ce même mercredi dans les zones qu'il contrôle. Quelque 250 sièges sont à pourvoir, et plus de 11 000 candidats concourent.

    Le second scrutin syrien organisé depuis le début de la guerre en 2011 est dénoncé comme « illégitime » par les opposants de l'intérieur comme de l'extérieur, comme par les pays occidentaux. Comment peut-on, en effet, tenir des élections dans un pays en guerre et complètement morcelé alors que seuls 5 millions de Syriens pourront éventuellement voter sur une population estimée à 22 millions d'habitants ?

    Et ce d'autant que pratiquement 5 millions de Syriens ont fui les combats et se trouvent éparpillés dans des camps de réfugiés au Liban, en Jordanie et en Turquie, pour ne parler que de ces pays-là. Sans oublier aussi les millions de Syriens vivent dans des régions contrôlées par le groupe Etat islamique ou d'autres mouvements salafistes. Pour eux, pas question de voter. Dès lors, pourquoi organiser de telles élections ?

    Pour Hasni Abidi, qui dirige le Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam), « Bachar el-Assad veut transformer ses victoires militaires, acquises sur le terrain grâce à ses alliés russes et iraniens, en victoires politiques. Il cherche aussi à se poser comme un membre incontournable, fort d’une légitimité discutable, dans le processus de transition que les discussions de Genève tentent de définir. »

    Négocier l’avenir de la Syrie en position de force ?

    Pendant que ces élections discutables se tiennent, à Genève, les négociations sur le futur de la Syrie vont reprendre. Et là, sur la question de la transition politique, le fossé reste énorme entre régime et opposition. Cette dernière réclame la création d'un corps exécutif doté de tous les pouvoirs, et dont serait exclu le président Assad. Le régime, au contraire, exige un gouvernement élargi à des membres de l'opposition, mais sous la présidence de Bachar el-Assad.

    Le président syrien compte, dans les régions qu’il contrôle - soit un tiers du pays -, des partisans prêts à se rendre aux urnes. Ilya Kadjamini est l'un des citoyens de la ville d'Alep : « Ces élections sont un devoir constitutionnel, dit-il. En Syrie, le vote va avoir lieu puisque l’Etat contrôle toutes les villes à l’exception de Raqqa et Idleb. Les véritables habitants de Raqqa et Idleb ont quitté leur ville. Ils ont trouvé refuge dans des régions sûres contrôlées par l’armée syrienne et l’Etat syrien. Ceux qui sont encore à Idleb ou à Raqqa sont assiégés, ou alors ils font partie des familles des terroristes. »

    Des élections totalement décriées par l'opposition

    Pour l'opposition, en tous cas, pas question de voter dans ces conditions. Ali Ibrahim, porte-parole de la Jeunesse révolutionnaire syrienne, estime que « ces élections sont une mascarade ». « En Syrie, dénonce-t-il, ce sont les services de renseignement qui choisissent les parlementaires, et cela depuis toujours. Un mécanisme existe pour désigner les députés. Au Parlement syrien, pas un seul député n'est véritablement élu par le peuple. »

    « L’opposition dite 'de l’intérieur' est également une invention du régime, ajoute Ali Ibrahim. Ceux qui vont aller voter lors de ces élections sont soit des chabiha, soit des gens favorables au régime de Bachar el-Assad. Ou alors, ce sont de simples citoyens syriens qui n’ont rien à voir avec qui que ce soit et qui veulent juste continuer de vivre. »

    « Même les Russes n'étaient pas très contents »

    En somme, quel que soient les résultats, l'opposition les récusera, en faisant valoir qu'on ne peut parler d'élections crédibles. Bachar el-Assad en sortira-t-il renforcé ? En tirera-t-il des bénéfices, notamment à Genève ? Fabrice Balanche, chercheur associé au Washington Institute et spécialiste de la Syrie, ne le pense pas. Il estime, dans les colonnes de nos confrères du quotidien libanais L'Orient-Le Jour, que « les élections se déroulent selon l'ancien système ».

    « Les Kurdes n'y participent pas, l'opposition dite de Riyad non plus, note le chercheur. Ils rejettent d'ailleurs la validité de ce scrutin. Même les Russes n'étaient pas très contents de l'annonce du scrutin, parce cela remet en cause la volonté de Bachar el-Assad de participer au processus de Genève. Ce processus est en effet censé déterminer qui travaillerait sur un gouvernement de transition, qui doit préparer des élections libres. Avec ces élections, le président Assad veut montrer qu'il est le maître à l'intérieur du pays, que c'est lui qui tient le processus politique. En interne, il cherche à se retrouver une base sociale, des alliés dans la population civile, à reconstituer le clientélisme. »

    → À relire : Notre dernier point terrain sur la situation militaire en Syrie

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