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    Moyen-Orient

    Israël-Palestine: tentative française pour relancer un processus de paix moribond

    media Le secrétaire d'Etat John Kerry, médiateur malheureux des négociations israélo-palestiniennes en 2013 et 2014, était présent ce 3 juin 2016 à la réunion de Paris, ici en compagnie du chef de la diplomatie française Jean-Marc Ayrault. . Reuters

    La réunion était présentée comme une première étape avant une éventuelle conférence internationale pour relancer le processus de paix israélo-palestinien. Ce vendredi 3 juin, à l’initiative de la France, une trentaine de pays et d’organisations internationales ont pris part à cette rencontre à laquelle les principaux intéressés n’avaient pas été conviés. La France estimait en effet impossible « à ce stade » un dialogue direct entre Israéliens et Palestiniens.

    « Donner une chance à la paix » : c’est l’objectif que s’est assigné Jean-Marc Ayrault, le chef de la diplomatie française, à l’ouverture de cette réunion internationale censée remettre sur le devant de la scène un dossier délaissé depuis plusieurs années. « Le conflit israélo-palestinien était sorti de l’agenda international en raison notamment des révolutions arabes, note Yves Aubin de la Messuzière, ancien diplomate français et grand connaisseur du Moyen-Orient. Or, on a bien le sentiment que le statu quo n’est plus tenable et qu’il est même mortifère. » Pour y parvenir, la diplomatie française a décidé de se passer, dans un premier temps, des deux protagonistes, Israéliens et Palestiniens.

    La formule peut sembler paradoxale, mais elle est présentée par le Quai d’Orsay comme la plus réaliste, au vu des échecs essuyés au cours des vingt dernières années. «C'est une méthode intéressante parce que nous avons essayé toutes les autres et celles-ci n'ont pas abouti à grand-chose, décrypte Hasni Abidi, directeur du Centre d'études et de recherche sur le monde arabe et méditerranéen (Cermam). Les Nations unies aujourd'hui sont à l'arrêt, on a une position radicale du côté israélien et de l’autre côté un dirigeant palestinien, Mahmoud Abbas, qui est affaibli malgré le soutien de la communauté internationale. Il fallait essayer autre chose».

    Démarche novatrice

    Autre innovation de la diplomatie française, une approche multilatérale qui se traduit par l’invitation de la plupart des pays et des organisations qui pourraient avoir un rôle à jouer dans la reprise du processus de paix : outre les Nations-Unies et l’Union européenne, les Etats-Unis, la Russie ainsi que les principaux pays arabes et européens ont été conviés.

    « Cette démarche est novatrice, et il fallait la tenter, estime le chercheur Jean-Paul Chagnollaud, de l’Institut de recherche et d’étude sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (IREMM). Depuis vingt-cinq ans, on a eu des négociations qui ont toutes échoué, et qui avaient toujours le même modèle : Israéliens et Palestiniens face à face avec les Américains, et seulement les Américains. L’histoire a montré que cette méthode était vouée à l’échec et qu’il fallait s’essayer au multilatéralisme. » La difficulté sera de faire accepter aux Israéliens ce multilatéralisme qu’ils récusent avec force, les Palestiniens y étant, eux, favorables. Et, pour cela, la France aura besoin du soutien des Etats-Unis, seul pays à même de convaincre Israéliens et Palestiniens de négocier.

    Convaincre les Etats-Unis

    Or, jusqu’à présent, les Etats-Unis n’ont guère manifesté d’intérêt pour l’initiative française – la France a même été contrainte de déplacer de plusieurs jours la date de la réunion pour s’assurer de la présence à Paris de John Kerry, le secrétaire d’Etat américain. La réticence américaine peut s’expliquer, en partie, par les échecs successifs subis, ces dernières années, sous la présidence Obama. Les efforts vains déployés par George Mitchell, émissaire au Proche-Orient du président américain, en 2011, puis de John Kerry, en 2014, ont sans doute réduit à néant les espoirs de l’actuel président américain d’avancer sur ce dossier miné.

    Pourtant, de source diplomatique française, on estime que Barack Obama, prix Nobel de la Paix, pourrait se laisser convaincre de se lancer dans une ultime tentative. Après l’accord sur le nucléaire iranien, et la visite historique à Cuba, le président américain pourrait se laisser séduire par la perspective d’accrocher cet ultime fait d’armes à son tableau de chasse diplomatique. « Obama n'a plus rien à perdre, il a même tout à gagner, reconnaît Jean-Paul Chagnollaud. Sur le plan politique c’est très compliqué, mais je pense qu’il ne faut pas écarter l'hypothèse d'un Barack Obama voulant vraiment agir. »

    La fenêtre de tir sera cependant extrêmement réduite, car le président américain devra éviter tout faux pas avant l’élection du 4 novembre, pour ne pas gêner la probable candidate du camp démocrate, Hillary Clinton. « Le seul créneau envisageable sera entre l’élection de novembre et l’investiture du nouveau président, en janvier 2017», estime Yves Aubin de la Messuzière. « Ce n’est pas impossible, car l’initiative française ne remet pas en cause le rôle éminent des Etats-Unis dans le dossier. »

     

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