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    Moyen-Orient

    Trêve en Syrie: une première nuit de répit pour les habitants d'Alep

    media Un élément des forces rebelles dans la région de Quneitra, dans le sud de la Syrie, où les combats aussi perdu en intensité. REUTERS/Alaa Al-Faqir

    En Syrie, une nouvelle trêve est entrée en vigueur dans le pays depuis lundi soir, et ce, malgré les nombreuses zones d'ombre qui l'entourent. C'est le résultat de très difficiles négociations qui ont débouché en fin de semaine dernière entre les Etats-Unis et la Russie. Prévu initialement pour une durée de 48 heures renouvelable, le cessez-le-feu pourrait déboucher sur une coopération inédite de Moscou et de Washington dans la lutte contre les deux principaux groupes jihadistes qui opèrent dans le pays… si le cessez-le-feu dure au moins sept jours.

    Lundi soir, le secrétaire d'Etat américain John Kerry déclarait que les premières informations en provenance de Syrie traduisaient « une décrue des violences » depuis l'entrée en application du cessez-le-feu. « C'est globalement calme sur tous les fronts », confirmait l'Observatoire syrien des droits de l'homme, « hormis quelques roquettes tirées dans le sud juste après le début de la trêve. »

    Le niveau de violence a sensiblement baissé, confirme notre correspondant à Beyrouth,Paul Khalifeh. L’armée syrienne, qui menait samedi 10 et dimanche 11 septembre, une attaque contre le quartier rebelle d’al-Amiriya, au sud d’Alep, a suspendu ses opérations, juste avant l’entrée en vigueur de la trêve.

    Ainsi, un calme précaire règne actuellement sur tous les fronts d’Alep, théâtre de batailles féroces depuis début juillet, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) et des sources proches du régime.

     → A (RE)LIRE : Un «accord de trêve» et beaucoup de questions

    Mais des tirs sporadiques et quelques chutes d’obus ont quand même été signalés. Le ministère syrien de la Défense a accusé des snipers rebelles d’avoir tiré en direction du quartier de Zahraa, à l’ouest d’Alep. Un bref duel aux obus de mortier a par ailleurs eu lieu dans les fermes d’al-Mallah, au nord d’Alep, non loin de la route du Castello, censée être démilitarisée conformément à l’accord russo-américain.

    Malgré ces violations mineures de la trêve, on peut dire que les Aleppins ont passé la nuit la plus calme depuis des mois.

    Des morts près d'Idleb

    Dans le sud de la Syrie, où les groupes rebelles avaient annoncé une offensive majeure, les combats ont aussi perdu en intensité.

    Dans les provinces méridionales de Quneitra et de Deraa, où les rebelles étaient à l’offensive quelques heures seulement avant la trêve, l’intensité des combats a baissé et un calme précaire s’est installé. Le régime a tiré des obus sur le nord de Deraa et les rebelles ont pilonné la localité de Hadar, à Quneitra. Dans ce secteur, un chef militaire du groupe salafiste Ahrar al-Cham, qui a refusé de respecter le cessez-le-feu, a été tué par l’armée syrienne, selon l’OSDH.

    Mais dans la province septentrionale d’Idleb, l’Observatoire syrien des droits de l’homme a annoncé la mort de treize personnes au moins dans un raid aérien qui a visé le village de Masrin. L’identité des avions qui ont mené l’attaque n’est pas précisée.

    Un calme forcément précaire

    La trêve concerne les troupes de Bachar el-Assad, qui ont annoncé une pause dans les combats de sept jours, et tous les groupes rebelles sauf les deux principaux groupes jihadistes : l’organisation Etat islamique et le Front Fateh al-Cham (l'ancien Front al-Nosra).

    Le régime syrien ne doit pas bombarder les zones dans lesquelles se trouve l’opposition, mais il continuera à attaquer les « terroristes ». Problème : dans plusieurs régions, les rebelles combattent aux côtés des jihadistes de Fateh al-Cham. L’opposition et la rébellion n'ont d’ailleurs pas encore donné leur accord formel à cette trêve, elles réclament « des garanties », principalement de la part des Etats-Unis.

    « Ce plan ne peut qu’aller dans le sens des intérêts du régime d’Assad en affaiblissant l’opposition, analyse pour RFI Thomas Pierret, maître de conférence à l'université d'Edimbourg et spécialiste de la Syrie. Ce qui est aussi problématique d’un point de vue politique parce que plus Assad sera fort sur le terrain, moins il aura envie de négocier. »

    Lundi soir, le secrétaire d'Etat américain John Kerry affirmait que l'accord américano-russe qui a débouché sur cette trêve était peut-être « la dernière chance » de sauver la Syrie. Si la trêve tient, Moscou et Washington lanceraient - et ce serait une première - des attaques conjointes contre les deux groupes jihadistes exclus de l’accord. 

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