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    Moyen-Orient

    Syrie: pas de résolution de l’ONU pour un cessez-le-feu à Alep

    media Le ministre français des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault à l'ONU, lors du vote de la résolution française pour un cessez-le-feu à Alep, le 8 octobre 2016. REUTERS/Eduardo Munoz

    Il n’y aura pas de résolution de l’ONU pour un cessez-le-feu à Alep. Le Conseil de sécurité n’a pas été capable de se mettre d’accord sur deux textes concurrents proposés par la France et la Russie samedi à New York. Paris et Moscou se sont au contraire affrontés très vivement lors des prises de parole.

    Avec notre correspondante à New York, Marie Bourreau

    La scène qui s’est jouée au Conseil de sécurité était écrite d’avance. La Russie a mis son veto, le cinquième concernant la Syrie, à une proposition française pour interdire les survols aériens d’Alep.

    Le représentant de Moscou a aussi accusé Paris d’avoir participé à une mise en scène, ce qui a provoqué la colère du ministre des Affaires étrangères Jean-Marc Ayrault qui s’exprimait à l’issue de la réunion. « S’il s’agit d’être clair et sans ambiguïtés contre le terrorisme, contre Daesh, contre al-Nosra, contre al-Qaïda, vous croyez que la France a des leçons à recevoir de quiconque ? De la Russie ? Alors que nous nous sommes touchés au cœur et que nous n’avons aucune ambiguïté dans le combat que nous menons ? Vous appelez cela de la mise en scène. J’ai été choqué par ce mot. Je le dis au nom de la France. Profondément choqué. »

    Ce veto, c’est un cadeau à Bachar el-Assad et aux terroristes, a poursuivi le ministre. « Nous ne renoncerons pas ; mais tout le monde devra tirer les conclusions très graves de cet échec. »


    ■ A Alep, le chef des Casques blancs appelle à l'évacuation des blessés

    Pendant que les discussions se déroulaient à l'ONU, les blessés d’Alep attendent une évacuation d’urgence. Après plusieurs jours de frappes intensives plus de deux cents civils doivent être soignés le plus rapidement possible. Ces civils dont les maisons ont été bombardées par les aviations syrienne et russe ont été sortis des décombres par les Casques blancs. Ces secouristes bénévoles syriens réclament désormais la possibilité de les évacuer vers les hôpitaux turcs. Problème : le régime de Bachar el-Assad assiège la ville d’Alep.

    Raed al Saleh, chef des Casques blancs syriens contacté en exclusivité par RFI, raconte. « Malgré les difficultés sur le terrain, à Alep nous ne baissons pas les bras. Trois de nos centres à Alep ont été la cible de raids aériens et nous avons poursuivi notre mission.  Il y actuellement un calme relatif à Alep. Les bombardements sont moins intenses, mais ce n’est pas pour autant qu’on peut parler d’un cessez-le-feu. En fait, durant les derniers jours, Alep a tellement été bombardée qu’en comparaison aujourd’hui la situation peut paraître calme. La semaine dernière Alep a été bombardée chaque jour entre 300 et 400 fois. Le problème aujourd’hui à Alep, c’est que nous avons entre 200 et 250 blessés qui sont gravement atteints et auraient besoin d’une évacuation sanitaire pour être soignés. Mais il est impossible de les faire sortir d’Alep. »

    → A (re)lire : Les Casques blancs syriens, des héros trop discrets

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