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    Moyen-Orient

    Syrie: la difficile négociation d'une trêve pour Alep

    media François Hollande, Vladimir Poutine et Angela Merkel lors d'un dîner de travail, à Berlin, mercredi 19 octobre 2016. REUTERS/Michael Kappeler/Pool

    Le président russe s'est dit prêt à prolonger «autant que possible» la trêve qui doit démarrer jeudi à Alep, après des entretiens musclés à Berlin avec les dirigeants français et allemand, qui n'ont pas exclu des sanctions suite aux bombardements ayant ravagé la ville.

    Avec AFP et notre envoyée spéciale à Berlin, Domitille Piron

    Le dialogue a été franc et dur, selon les mots de François Hollande et d’Angela Merkel. La chancelière allemande n’a pas hésité à parler de crime de guerre à son homologue russe. « Au nom de la République fédérale d’Allemagne, j’ai rappelé à Vladimir Poutine que le droit international qualifiait de crimes de guerre les bombardements qui ont lieu en Syrie et qui sont inhumains pour la population civile, c’est une situation cruelle », a-t-elle déclaré.

    Différencier les civils des terroristes est devenu impossible à Alep, ont souligné les deux chefs d’Etat, il faut donc arrêter les bombardements. L’objectif de cette rencontre était effectivement de prolonger la trêve, ce qui n’a pas été acté. « La rencontre que nous voulions avoir avec Vladimir Poutine, c’est à la fois pour dire ce qu’était notre position, forte, et notre émotion, grande, et notre détermination, immense, et notre pression que nous devions exercer, a expliqué François Hollande. Mais aussi pour que nous puissions trouver un début de solution qui ne pourra être véritablement confirmé que dans les jours prochains. Mais si déjà la trêve est prolongée et que ce n’est pas factice, alors c’est un premier pas. »

    Le président français qui a dénoncé les bombardements russes et syriens comme étant « des crimes de guerre ». Alors que les deux chefs d’Etat n’ont pas exclu l’usage de sanctions.

    Poutine prêt à prolonger la trêve « autant que possible »

    Les deux chefs d’Etat ont également rappelé à Vladimir Poutine qu’il avait une capacité d’influence sur Bachar el-Assad pour assurer l’avenir de la Syrie.

    « Nous avons fait part de notre intention de prolonger autant que possible, en fonction de la situation réelle sur le terrain, l'arrêt de nos frappes aériennes », a déclaré dans la nuit Vladimir Poutine, à l'issue de ces pourparlers, sans s'engager sur une durée précise. Déjà annoncée par Moscou, cette trêve humanitaire devait commencer ce jeudi à 5h TU (8h heure locale) et se prolonger jusqu'à 16h TU (19h heure locale). Une pause de 11 heures, que les Européens jugeaient insuffisante. Les Nations unies ont annoncé qu'elles espèraient pouvoir évacuer les premiers blessés des quartiers rebelles assiégés de l'est d'Alep dès vendredi.

    Mais mercredi soir, l'armée syrienne a indiqué par la voie de son agence officielle Sana que cette trêve durerait trois jours, jusqu'à samedi inclu donc.

    Devant la chancellerie allemande, Vladimir Poutine a été accueilli par quelques dizaines de manifestants, qui avaient déposé des ours en peluche ensanglantés et tenaient des pancartes sur lesquels on pouvait lire « Alep brûle », ou encore « Arrêtez de bombarder les enfants d’Alep ».

     

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