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    Moyen-Orient

    Bombardements meurtriers de l'armée turque sur des positions kurdes en Syrie

    media Un chasseur F-16 turc décolle de la base d'Incirlik, le 27 juillet 2015. REUTERS/Murad Sezer

    L'armée turque a annoncé avoir mené une série de frappes contre des milices kurdes dans la région d'Alep en Syrie, jeudi 20 octobre. Le bilan humain varie selon les sources, mais on compterait au moins 11 morts.

    Entre 160 et 200 membres des Unités de protection du peuple kurde (YPG), branche armée du parti kurde syrien PYD, ont été tués dans 26 frappes menées dans le secteur de Maaret Oum Housh au nord d'Alep, selon l'agence progouvernementale Anadolu, qui cite un communiqué de l'armée. Ce bilan ne pouvait être confirmé de source indépendante dans l'immédiat.

    L'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), une ONG qui dispose d'un vaste réseau de sources en Syrie, a fait état d'au moins 11 tués et 24 blessés parmi les Forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington, dans ces raids.

    Ces frappes ont visé des zones prises par les FDS au groupe Etat islamique (EI) au cours des dernières 48 heures, a déclaré l'OSDH à l'Agence France-Presse (AFP) à Beyrouth. Plusieurs bâtiments, dépôts d'armes et véhicules utilisés par les YPG ont également été détruits, selon Anadolu.

    Le gouvernement turc considère le PYD et les YPG comme des organisations « terroristes » étroitement liées au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) qui mène une rébellion sanglante sur le territoire turc depuis plus de 30 ans. Dans un communiqué, l'administration semi-autonome kurde en Syrie dénonce une « agression flagrante » d'Ankara et demande à la communauté internationale de « faire directement pression sur la Turquie pour qu'elle arrête ses attaques ».

    Relations sous tension entre Ankara et Washington

    Ces frappes interviennent à la veille d'une visite en Turquie du secrétaire américain à la Défense, Ashton Carter, qui doit notamment s'entretenir avec les dirigeants turcs des derniers développements en Syrie et en Irak, où une offensive majeure est en cours pour déloger l'EI de Mossoul, son bastion irakien.

    Les relations entre la Turquie et les Etats-Unis, deux membres importants de l'Otan, se sont tendues ces derniers mois, en raison notamment du soutien de Washington aux milices kurdes dans le nord de la Syrie, jugées efficaces contre l'EI. Ankara a lancé le mois dernier une opération terrestre sans précédent dans le nord de la Syrie, envoyant des chars et des militaires pour appuyer l'opposition syrienne contre l'EI.

    Cette opération vise à chasser les jihadistes de la frontière turco-syrienne, un objectif considéré comme rempli par Ankara, mais aussi à empêcher la jonction des deux zones contrôlées par les milices kurdes dans le nord de la Syrie. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a prévenu mercredi que la Turquie « n'attendra plus que les problèmes frappent à sa porte. [...] Désormais, nous irons à la rencontre des organisations terroristes, où qu'elles se trouvent. »

    (Avec AFP)

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