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    Moyen-Orient

    Le régime syrien envoie ses troupes d’élite pour achever la conquête d'Alep-Est

    media Un soldat du régime syrien fait le V de la victoire après la prise du quartier Al Sakhour à Alep, le 28 novembre 2016. SANA/Handout via REUTERS

    Fort de ses conquêtes dans l'est de la ville d'Alep, le régime syrien a dépêché des centaines de soldats d'élite pour accélérer la chute du bastion des rebelles. Les combats se poursuivent, malgré une forte tempête dans la région. Chacun se prépare aux batailles de rue. L’offensive du régime, entrée jeudi dans son 16e jour, a fait 300 morts civils. Cinquante autres personnes sont mortes à Alep-Ouest, pilonnée par les rebelles. L’exode des populations a été ralenti par les intempéries. Et la Russie a annoncé l’ouverture de quatre corridors humanitaires pour évacuer 400 blessés des zones rebelles assiégées.

    L’intensité des raids aériens et des tirs d’artillerie a baissé, jeudi à Alep, en raison d’une forte tempête qui frappe la Syrie. Mais les combats au sol ont redoublé de violence, relate notre correspondant régional, Paul Khalifeh. Ils se concentrent dans le quartier de Cheikh Saïd, à l’extrême sud-est de la ville, où les troupes gouvernementales ont progressé, selon l’ONG Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).

    En prévision des combats de rue, le régime syrien entend pousser son avantage à Alep. Il vient de déployer des centaines de soldats d'élite de la Garde républicaine et de la 4e Division dans les quartiers les plus peuplés d’Alep-Est, aux côtés de combattants aguerris du Hezbollah libanais, de miliciens chiites irakiens et de contingents palestiniens. « Ils avancent, mais craignent des embuscades, les combattants se mêlant aux habitants », explique l'OSDH.

    Les observateurs s’accordent à dire que l'issue de la bataille d’Alep ne fait plus aucun doute. La progression des forces du régime syrien et de ses alliés est telle qu'on voit mal comment les rebelles pourraient encore tenir longtemps leurs positions. Des raids aériens et des bombardements sans discontinuer - que ce soient des bombes, des barils d'explosifs ou des obus d'artillerie - ont laminé la rébellion et les quelque 50 000 civils qui n'ont pas encore pu fuir Alep-Est.

    → À relire : Pas de répit pour l'offensive contre les quartiers rebelles d'Alep

    La ville risque de n’être plus qu’un immense cimetière, prédit un diplomate. D'autant que les rebelles se préparent aussi aux batailles de rue, qui vont s’intensifier à mesure que le front se rapprochera de la vieille ville. Les différents groupes se sont fédérés au sein d’une structure unique, appelée l’Armée d’Alep, dotée d’un commandement unifié. L’OSDH estime à 13 000 le nombre de combattants rebelles retranchés à Alep-Est. Ils sont encerclés par une trentaine de milliers de soldats syriens et d’alliés.

    L’exode des civils s’est ralenti, jeudi, à cause du mauvais temps. Alep-Est comptait encore récemment 250 000 habitants. Selon l'OSDH, 50 000 personnes ont déjà quitté les secteurs rebelles pour les zones contrôlées par le gouvernement, à l’ouest, ou par les milices kurdes, au nord. Quelque 200 000 personnes seraient donc toujours prises au piège dans l’enclave rebelle. Elles vivent sous les bombes, dans des conditions humanitaires épouvantables.

    Moscou, allié de Bachar el-Assad, a proposé l'établissement de quatre corridors humanitaires pour permettre aux civils d'évacuer les quartiers visés. « La Fédération de Russie a annoncé qu'elle était prête à discuter de la création de quatre couloirs humanitaires pour évacuer les blessés, en particulier les 400 blessés qui ont besoin d'une évacuation médicale immédiate. Il s'agirait également d'utiliser ces corridors pour acheminer de la nourriture et des médicaments à l'intérieur d'Alep-Est. »

    → Lire aussi : La situation dramatique des populations civiles à Alep

    Le propos ci-dessus est signé Jen Ageland, coordinateur du groupe de travail sur l’aide humanitaire en Syrie. Mais « un couloir humanitaire ne peut fonctionner que si toutes les parties le respectent », prévient-il. « Si les Russes disent qu'ils veulent créer ces couloirs, et s'ils s'engagent à les respecter, nous espérons que les groupes armés de l'opposition feront de même. Je pense que l'urgence de la situation est devenue évidente pour tout le monde. »

    Divisée depuis 2012 entre un secteur ouest tenu par le régime et des quartiers est contrôlés par les rebelles, Alep est devenu le principal front du conflit syrien. L’armée du régime assiège la zone depuis quatre mois. Pour le moment, les secouristes ne peuvent plus se rendre dans ces quartiers privés de nourriture, de médicaments et d’électricité. La conquête définitive d’Alep marquerait une victoire importante pour le régime. La rébellion ne contrôlerait plus que la province d'Idleb, dans l'ouest de la Syrie, et quelques poches éparses au sud, à Dera et près de Damas.

    Rien qui pourrait faire basculer le rapport de force, donc. Constatant que le Conseil de sécurité de l’ONU « a laissé tomber les Syriens », 223 ONG humanitaires et de défense des droits de l’homme ont signé ce jeudi un appel pour que l’Assemblée générale de l’ONU s’empare du dossier. Elles demandent une session spéciale d’urgence pour exiger « la fin de toutes les attaques illégales à Alep et ailleurs en Syrie et un accès humanitaire libre et immédiat » aux civils assiégés.


    ■ Manifestation de soutien aux habitants d'Alep à Paris

    Comme chaque jeudi soir depuis le 6 octobre dernier, quelques dizaines de Parisiens et le maire d’Alep ont bravé le froid pour soutenir les populations civiles victimes du conflit en Syrie.

    A Paris, la mobilisation du jeudi continue 02/12/2016 - par Stéphane Lagarde Écouter

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