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    Moyen-Orient

    Syrie: vetos russe et chinois à une résolution de l’ONU, pas de trêve pour Alep

    media Les bombardements continuaient sur Alep-est, la zone contrôlée par les rebelles, et assiégée par le régime, le 5 décembre 2016, . REUTERS/Omar Sanadiki

    Moscou et Pékin se sont opposés lundi 5 décembre à un projet de résolution du Conseil de sécurité des Nations unies. Il prévoyait une trêve de sept jours à Alep dans l'espoir, à termes, de l’arrêt des combats dans toute la Syrie.

    Les vetos de la Russie et de la Chine ne sont pas vraiment une surprise. C’est la sixième fois que Moscou bloque une résolution du Conseil de sécurité sur la Syrie depuis le début du conflit il y a plus de cinq ans et demi. La cinquième fois pour Pékin. L’allié russe du régime syrien avait exprimé ses réserves sur le texte lors des négociations de ces dernières semaines.

    Le Venezuela a aussi voté contre ce texte présenté par l’Espagne, l’Egypte et la Nouvelle-Zélande. L’Angola s’est abstenu et les onze autres pays ont voté pour.

    La Russie voulait un report. L’ambassadeur russe Vitali Tchourkine a estimé que le Conseil aurait dû attendre les résultats d’une réunion prévue ce mardi à Genève entre Américains et Russes. Ces négociations portaient sur le retrait de tous les combattants rebelles d’Alep-Est. Mais pour l’ambassadrice adjointe américaine, il s’agit d’« un alibi monté de toutes pièces ».

    → A (RE)LIRE: Syrie, Alep ville martyre

    Le projet de résolution prévoyait que « toutes les parties au conflit syrien mettent fin à toutes leurs attaques dans la ville d’Alep », et ce pendant une période de sept jours renouvelables. Il prévoyait également qu’ils « permettent de répondre aux besoins humanitaires urgents » en laissant entrer les secours destinés aux dizaines de milliers d’habitants assiégés dans Alep-Est, la partie rebelle de la ville du nord. Bien que temporaire, cette trêve visait à préparer une cessation des hostilités dans l’ensemble de la Syrie.

    Si elle avait été adoptée, cette résolution aurait « représenté une fragile lueur d'espoir » et aurait permis de « sauver des vies », a déploré l'ambassadeur français François Delattre, accusant Moscou d'avoir « décidé de prendre Alep quel que soit le coût humain » d'une victoire militaire. Les Nations unies évaluent à 200 000 le nombre de personnes toujours prises au piège par les combats dans les quartiers tenus par les rebelles.

    Dans un communiqué, le ministre des Affaires étrangères français, Jean-Marc Ayrault, a réagi : « Je déplore que, du fait de l'obstruction de la Russie, le Conseil de sécurité des Nations unies ne soit toujours pas en mesure d'assumer ses responsabilités à l'égard des populations civiles en Syrie, qui font face à la folie destructrice du régime de Bachar el-Assad, comme des groupes terroristes, à commencer par Daech ».

    Tous les regards se tournent maintenant vers Genève, explique notre correspondante à New York, Marie Bourreau : le secrétaire d'Etat américain John Kerry et le chef de la diplomatie russe Sergei Lavrov doivent y discuter de la mise en place de corridors humanitaires et du départ des rebelles d'Alep-est. Une demande répétée de Moscou qui en fait un préalable à toute nouvelle trêve et la réunion de la dernière chance pour les 200 000 Syriens toujours sous le feu des bombes.

    « Au début, les Russes avaient seulement évoqué le retrait des groupes jihadistes, explique l’opposant syrien Michel Kilo, mais aujourd’hui ils exigent le retrait de tous les combattants même modérés. Certains combattants modérés à Alep étaient pourtant prêts à discuter. Ils étaient favorables au retrait des groupes jihadistes tel que les Russes l’exigeaient au début, et tout cela afin d’épargner les populations civiles qui sont bombardées. Mais les Russes ont changé d’avis et veulent désormais le départ de tous les groupes. La position américaine est différente. Les Américains souhaitent que seuls les jihadistes soient obligés de quitter Alep. Et que les combattants de l’armée libre se séparent des groupes les jihadistes. » En attendant que Moscou et Washington trouvent un compromis, les bombes continuent de pleuvoir sur la deuxième ville de Syrie.

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