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    Moyen-Orient

    Le chaos syrien accélère les initiatives diplomatiques

    media Les forces loyales à Bachar el-Assad dans les rues d'Alep, le 9 décembre 2016. REUTERS/Omar Sanadiki

    Les représentants de dix pays soutenant l'opposition syrienne se réunissent ce samedi 10 décembre à Paris. Cinq pays occidentaux (Etats-Unis, France, Allemagne, Royaume-Uni, Italie) et cinq pays de la région (Jordanie, Turquie, Emirats arabes unis, Qatar et Arabie saoudite) vont se pencher sur le conflit syrien au moment où celui-ci connaît un tournant. En marge de cette réunion, militaires et diplomates russo-américains se retrouveront à Genève pour tenter de « sauver Alep ». De son côté, l’Assemblée générale de l’ONU a demandé à une très large majorité de mettre fin au carnage en Syrie.

    La réunion entre pays occidentaux et ceux de la région était prévue depuis plusieurs semaines. Elle se déroulera sur fond d'inquiétude pour les populations civiles d'Alep. « Nous voulons des garanties pour ceux qui partiront du secteur rebelle comme pour ceux qui resteront », explique un diplomate français.

    Alors que le régime syrien, appuyé par la Russie et l'Iran, parle de reconquête territoriale, les pays qui soutiennent la rébellion plaideront de nouveau pour une transition politique en Syrie. « Mais pas au rabais », souligne un autre diplomate français, selon lequel il n'est « pas question d'adopter un cadre de négociation qui serait défini par la Russie ».

    En clair, l'avantage militaire du régime et de ses alliés ne doit pas permettre de légitimer le maintien au pouvoir de Bachar el-Assad. Même tonalité en ce qui concerne l'idée d'une future phase de reconstruction de la Syrie. A Paris, on affirme d'ores et déjà que « la France et l'Union européenne ne paieront pas pour les Russes ».

    Enfin, ce samedi à Paris, il sera également question de Raqqa, capitale autoproclamée du groupe Etat islamique. « La bataille sera longue et difficile » pour reprendre la ville, reconnaissent les diplomates. Et puis qui administrera Raqqa si les jihadistes sont chassés par la coalition et ses alliés ? Une question qui reste pour l'instant sans réponse.

    Une réunion pour « sauver Alep »

    Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a annoncé ce vendredi une réunion entre experts américains et russes le jour même à Genève pour tenter de « sauver Alep ». Les discussions porteront sur un plan de cessez-le-feu, de l’évacuation de civils et rebelles et de l’acheminement d'aide humanitaire.

    Sur le terrain, la bataille d'Alep touche à sa fin. Les forces pro-régime n'ont pas cessé leurs bombardements, contrairement à l'annonce de Moscou jeudi soir. 85% de la grande ville du nord est désormais dans leurs mains.

    L'ONU demande une trêve immédiate

    L’Assemblée générale de l’ONU a demandé a une très large majorité de mettre fin au carnage en Syrie : 122 pays sur les 193 Etats membres ont réclamé l’instauration d’une trêve immédiate et la livraison d’aide humanitaire. Mais cette initiative, portée par le Canada, n’a qu’une valeur symbolique.

    L’Assemblée générale n’a en effet aucun pouvoir pour contraindre légalement un pays mais cette initiative est un geste politique de la communauté internationale pour dire qu’elle ne ferme pas les yeux face au drame syrien, rapporte notre correspondante à New York, Marie Bourreau.

    Cela faisait des semaines que les Etats membres travaillaient à cette résolution qui signe aussi l’échec du Conseil de sécurité à trouver une issue à la crise syrienne. Par six fois, la Russie a mis son veto à ses résolutions paralysant toute action de l’ONU.

    Mais, signe que la crise syrienne est loin de faire consensus, la Chine et le Venezuela se sont opposés à cette résolution de l’Assemblée générale tandis que l’Ethiopie et le Kazakhstan, qui rejoindront le Conseil de sécurité au mois de janvier comme membres non permanents, se sont abstenus.

    Plus largement, cette initiative diplomatique arrive à contretemps de ce qui se joue sur le terrain alors que les diplomates avouent à demi-mot la quasi victoire militaire de Damas et de Moscou à Alep. Et les actions symboliques, les civils syriens n’en ont plus rien à faire.

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