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    Moyen-Orient

    Le Qatar abolit son système de parrainage des travailleurs étrangers

    media Des travailleurs immigrés sur un site de construction à Doha, au Qatar, le 4 mai 2015. Marwan NAAMANI / AFP

    Au Qatar, à l'approche de la Coupe du monde de football de 2022, les réformes s'accélèrent. La Kafala, le système de parrainage des travailleurs étrangers, est aboli. Cette loi posait de nombreuses questions sur le travail forcé et la liberté de mouvement des travailleurs étrangers au Qatar. Mais beaucoup d'ONG dénoncent déjà une réforme qui ne va pas assez loin et une manière d'améliorer l'image du Qatar, souvent mise à mal par des critiques sur les constructions de stades et infrastructures pour le Mondial 2022.

    C'est un processus de réformes engagé depuis plusieurs années et acté en 2015 qui aboutit aujourd'hui. Le système très controversé de la Kafala sera aboli ce mardi 13 décembre, a annoncé le ministre du Travail.

    Ce système de parrainage, comparé à une forme d'esclavage moderne, obligeait les étrangers à se trouver un parrain qatari, un citoyen ou un employeur, pour pouvoir travailler. Il se voyait ainsi confisquer son passeport, interdit de sortir du territoire ou de changer de travail sans l'accord de son parrain.

    Désormais, pour partir, le travailleur étranger demandera son autorisation au ministère de l'Intérieur, qui la délivrera automatiquement. Il pourra également changer de travail ou mettre fin à son contrat, selon la communication officielle du gouvernement.

    Mais pour Amnesty International, cette réforme du système ne « modifiera pas en profondeur la relation d'exploitation entre employeurs et employés ». A l'approche du mondial de 2022, Amnesty appelle la Fédération internationale de football à faire pression pour de véritables changements.

    Améliorer son image

    Des changements que le chercheur Nabil Ennasri, spécialiste du Qatar, estime « très difficiles, très compliqués ». « Il y a plus de 50 000 entreprises au Qatar, qui traitent ensuite avec des dizaines de milliers de sous-traitants et qui compliquent un petit peu la tâche du gouvernement. Il y a une carence d’inspecteurs pour pouvoir contrôler l’effectivité des lois adoptées », explique-t-il.

    Mais pour Nabil Ennasri, le pays cherche aussi et surtout à travailler sur son image. « Le Qatar sait qu’il a un impératif de réformes et d’améliorations restreint puisque la Coupe du monde est dans 6 ans. Il sait qu’il sera encore dans le focus médiatique s’il n’avance pas. On voit mal le Qatar accueillir le Mondial de 2022 avec un code du travail aussi restrictif que celui d’aujourd’hui. Et donc il a un besoin impérieux de valoriser son image dans un contexte tendu. » Néanmoins, « il y a une inertie et de la résistance faite par un système économique qui ne voit pas d’un très bon œil ces contraintes supplémentaires », ajoute le chercheur.

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