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    Moyen-Orient

    Israël: le sergent Elor Azaria reconnu coupable d'homicide sur un Palestinien

    media Les forces de sécurité israéliennes et une ambulance sur les lieux d'une attaque au couteau, à Hébron, le 14 février 2016. HAZEM BADER / AFP

    Ce mercredi 4 janvier, un tribunal militaire a déclaré coupable d'homicide un soldat israélien accusé d'avoir achevé un assaillant palestinien blessé qui se trouvait à terre à Hébron, une ville disputée de Cisjordanie. Le verdict était très attendu dans tout le pays.

    De notre correspondant à Jérusalem

    Un à un, la présidente du tribunal a rejeté tous les arguments de la défense d'Elor Azaria. C'est bien tout d'abord la balle qu'il a tirée, a-t-elle dit, qui a tué Abdel Fattah al-Sharif... alors que le soldat, aujourd'hui âgé de 20 ans, avait déclaré que l'assaillant palestinien était déjà mort. Aux yeux de la cour, le Palestinien ne représentait pas non plus une menace immédiate, alors que le jeune franco-israélien avait expliqué qu'il craignait que l'homme qui venait d'agresser des soldats israéliens n'active une ceinture explosive.

    Le tribunal a souligné les versions divergentes livrées par Elor Azaria au cours de ce procès fleuve. Elle a également retenu comme preuve la vidéo réalisée par une organisation israélienne de défense des droits de l'homme. Une vidéo que la défense du soldat avait tenté de rejeter, expliquant qu'elle ne rendait pas compte de la tension qui régnait sur place.

    Elor Azaria, arrivé souriant au tribunal, s'est petit à petit renfermé. Et au bout de deux heures et demi d'explications, le verdict - pressenti depuis le début de l'audience - est tombé : le jeune homme est reconnu coupable d'avoir tué Abdel Fattah al-Sharif. La peine devrait être connue après une nouvelle audience dimanche 15 janvier.

    La cour a adopté la vision de B'Tselem, l'ONG qui a filmé la scène, plutôt que la vision d'un combattant de Tsahal. Aujourd'hui, pour moi, c'est comme si les juges avaient ramassé un couteau au sol pour poignarder ce combattant dans le dos. Je vous promet que cette décision affreuse sera revue. Elor Azaria sera innocenté.

    Réaction de Sharon Gal, porte-parole de la famille Azaria 04/01/2017 Écouter

    Un acte très médiatisé

    L'affaire avait suscité une grande émotion au-delà des frontières d'Israël. Une vidéo montrant une partie des événements du 24 mars dernier avait été largement relayée dans les médias et sur les réseaux sociaux.

    Ces images montrent Abdel Fattah al-Sharif blessé, allongé sur le sol, apparemment hors d'état de nuire. Le jeune homme âgé de 21 ans venait d'attaquer au couteau des soldats israéliens dans la vieille ville d'Hébron, un territoire que se partagent Palestiniens et colons israéliens. Les ambulances sont alors en train d'évacuer d'autres personnes blessées dans cette attaque quand un soldat israélien s'approche d'Abdel Fattah al-Sharif et lui tire dessus. Un seul coup de feu qui lui a été fatal, dira l'autopsie plus tard.

    Ces images avaient entraîné de vives réactions. Des Palestiniens évidemment, mais pas seulement. L'envoyé spécial de l'ONU au Proche-Orient avait notamment dénoncé « un acte horrible, immoral et inique ».

    Une armée impunie?

    Le procès, qui s'était ouvert au mois de mai 2016, a été considéré, par beaucoup, comme celui de Tsahal, l'armée israélienne, dont l'image est en jeu. Car il est d'une part celui des pratiques d'une armée qui se veut exemplaire. « L'occupation nous pourrit l'esprit » avait réagi en mars dernier la cheffe de file du parti de gauche Meretz, Zeava Gal-On. « Des valeurs morales, nous en avons peut-être eu il y a longtemps. Mais elles se sont dissoutes avec le temps » jugeait-elle alors .

    Mais ce procès a mis également en lumière la capacité de l'armée israélienne à juger les exactions commises par ses soldats. Sa capacité... ou son incapacité, selon une organisation israélienne de défense des droits de l'homme. Yesh Din souligne que depuis le début de la deuxième Intifada en septembre 2000, plus de 250 enquêtes ont été menées par l'armée israélienne à la suite de décès de Palestiniens. « Seuls 17 de ces dossiers ont conduit à des poursuites militaires », écrit l'organisation qui relève que sept soldats ont été condamnés en seize ans pour leur responsabilité dans ces morts de Palestiniens.

    Lors de son réquisitoire en novembre, le procureur avait d'ailleurs estimé que dans ce procès, « c'est l'identité de l'armée israélienne qui est en jeu ».

    Un cas qui révèle des divisions

    Mais Elor Azaria a aussi reçu beaucoup de marques de soutien en Israël. L'accusé, qui détient aussi la nationalité française, a plaidé la légitime défense, affirmant qu'il craignait qu'Abdel Fattah al-Sharif ait une ceinture explosive.

    Certains, à droite - voire à droite de la droite - sur l'échiquier politique, le voient donc comme « un héros qui a protégé son peuple ». D'autres invoquent plus largement un soutien dû aux soldats confrontés aux attaques des Palestiniens. Car l'armée est une institution qui touche tout le monde en Israël : le service militaire est obligatoire pour les garçons comme pour les filles, à l'exception de la communauté ultra-orthodoxe.

    Elor Azaria, âgé de 19 ans, n'est d'ailleurs pas un soldat de carrière. Chacun peut donc s'identifier aux militaires ou à leurs familles. Et des manifestations en soutien à Elor Azaria ont rassemblé des milliers de personnes.

    La société israélienne s'est donc divisée autour de cette affaire. Et l'un des signes de la complexité de ce cas pour les Isaéliens, c'est peut-être la réaction du Premier ministre. Benyamin Netanyahu a tout d'abord dénoncé « des agissements contraires aux valeurs morales » de l'armée israélienne. Mais il a ensuite également appelé le père du soldat à qui il a dit : « Je ressens votre douleur. » Ce 4 janvier, le tribunal militaire a donc déclaré coupable d'homicide le sergent Elor Azaria.

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