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    Moyen-Orient

    Après l'attaque au camion, Israël fait le parallèle avec Nice et Berlin

    media Le Premier ministre israélien sur les lieux de l'attaque au camion bélier, à Jérusalem, le 8 janvier 2017. REUTERS/Ronen Zvulun

    Un Palestinien, au volant d'un camion, s'est précipité dimanche 8 janvier sur un groupe de soldats à Jérusalem. Quatre d'entre eux ont été tués, 17 autres blessés. C'est l'une des attaques les plus meurtrières qu'Israël ait connues depuis le début de la vague de violences connue comme «l'Intifada des couteaux», en octobre 2015. Un scénario qui rappelle ceux de Nice en juillet ou de Berlin le mois dernier. L'attentat a d'ailleurs été attribué à un sympathisant de l'organisation Etat islamique par le Premier ministre israélien. Et comme Benyamin Netanyahu, la plupart des responsables politiques israéliens ont placé cet attentat dans un contexte mondial plutôt qu'israélo-palestinien.

    Avec notre correspondant à Jérusalem,  Guilhem Delteil

    Les similitudes dans le mode opératoire sont incontestables et ont rapidement été relevées par les responsables politiques israéliens. Un camion qui fonce sur une foule, « cela fait partie du même schéma de l'organisation Etat islamique que nous avons d'abord vu en France, puis en Allemagne et maintenant à Jérusalem », a assuré le Premier ministre Benyamin Netanyahu. Le chef du gouvernement, qui dénonce un « fléau mondial », ajoutant : « Nous ne pouvons le combattre qu'ensemble ».

    Dépasser le cadre du conflit israélo-palestinien

    Pas question non plus pour le chef du parti pro-colon « Le Foyer juif » de placer cette attaque dans le cadre du seul conflit israélo-palestinien. Pour Naftali Bennett, « la terreur est la terreur, que ce soit en Belgique, aux Etats-Unis ou à Armon Hanatziv », du nom du quartier de Jérusalem touché.

    « Les colonies israéliennes » ne peuvent être « des excuses », a pour sa part jugé le ministre de la Défense qui, comme Benyamin Netanyahu, voit dans ce mode opératoire la marque de l'organisation EI. Ce dimanche, les responsables politiques avaient quasiment tous le même message : Israël n'est pas différent des autres pays touchés par le terrorisme.

    Mais les enquêteurs doivent maintenant établir si effectivement le chauffeur du camion bélier avait un lien avec l'organisation terroriste. Les proches de l'assaillant affirment qu'il ne faisait partie d'aucun groupe et décrivent une personne qui n'était pas violente. Ils se disent surpris. « Il est parti sans nous prévenir, sans le soutien d'un groupe. Il était tout seul », assurait dimanche sa soeur qui a loué son action.

    Rappelons que le groupe Etat islamique a déjà revendiqué une attaque sur des soldats israéliens il y a quelques semaines. Mais c'était dans le Golan occupé, à la frontière syrienne et l'accrochage avait été vu comme un incident isolé.

    La condamnation a aussi été quasi unanime sur la scène internationale. La France, l'Union européenne, la Pologne, la République tchèque. Seul le Hamas, le mouvement islamiste au pouvoir dans la bande de Gaza, a « salué un acte courageux ».

    Mesures de sécurité renforcées

    A la suite de cet attentat, le cabinet de sécurité s'est réuni. Et l'exécutif israélien a adopté la détention administrative pour les partisans du groupe EI. Ce principe juridique, qui permet le placement en détention sans jugement, était jusque-là appliqué seulement dans le cadre du conflit israélo-palestinien.

    A l'issue de la réunion, le gouvernement a également annoncé que le corps du terroriste ne serait pas rendu à ses proches, que sa maison serait détruite dans les plus brefs délais et que sa famille serait expulsée de Jérusalem.

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