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    Moyen-Orient

    [Témoignage] Syrie: à Deir Ezzor, «Daech organisait des exécutions publiques»

    media Destruction dans la ville de Deir Ezzor à l'est de la Syrie, février 2014. REUTERS/Khalil Ashawi

    La guerre continue en Syrie, malgré les efforts déployés à Astana sous l’égide de la Russie, de l’Iran et de la Turquie. Pour des millions de Syriens, l’espoir d’une solution négociée semble aussi fragile qu’auparavant et pour tous ceux qui ont fui leur pays, l’espoir d’un retour paraît toujours aussi lointain. Voici le témoignage poignant de l’un de ces Syriens, contraints de fuir la guerre, obligés d’abandonner la Syrie, et de laisser derrière lui sa femme et sa fille.

    De notre envoyé spécial à Beyrouth,

    Il a gardé un sourire d’enfant malgré les épreuves traversées depuis le début de la guerre. Ahmad* a tout juste 20 ans, il vient de Deir Ezzor, une ville partagée entre le régime syrien et l’organisation Etat islamique. Lui habitait dans les quartiers contrôlés par les jihadistes, une férule insoutenable qu’il évoque les yeux baissés vers le sol. « La vie était suffocante à cause de Daech. Ils nous surveillaient durant les prières, ils instauraient toutes sortes de règles pour nous humilier. Ils coupaient la main des voleurs, et ils organisaient des exécutions publiques. Par exemple, si une personne était dénoncée comme pro-régime, elle se faisait aussitôt exécuter », raconte-t-il.

    Très vite, la terreur exercée par les jihadistes s’abat sur sa propre famille, et sur son père accusé de complicité avec le régime de Bachar el-Assad. « Mon père travaillait pour l’administration. Ils sont venus chez nous et ils l’ont emmené parce qu’il était fonctionnaire et pro-Bachar. Daech l’a enfermé pendant un an, on ne savait rien de lui et ensuite on a su qu’il avait été décapité ».

    Un périple dangereux vers le Liban

    Après l’exécution de son père, Ahmad est à son tour recherché par les jihadistes. Il décide alors de prendre la fuite, seul, sans famille et sans sa femme, enceinte de leur premier enfant. Commence alors un périple de plusieurs jours pour sortir de la province de Deir Ezzor, et des territoires désertiques contrôlés par l’organisation Etat islamique. « Il fallait se cacher en permanence. De maison en maison, et puis dans le désert. Les gens me cachaient pour que je puisse échapper aux patrouilles de Daech. Quand Daech repartait, je reprenais la route. Pour être tout à fait honnête, c’était extrêmement dangereux. Lorsqu’ils repèrent des gens qui sont en train de fuir, ils les exécutent aussitôt. C’est arrivé plusieurs fois », explique-t-il.

    « J’ai marché comme ça, pendant trois jours, jusqu’à une zone contrôlée par le régime. Quand j’ai pu appeler ma femme, j’ai su qu’elle avait accouché. Elle avait donné naissance à notre fille, pendant ma fuite ! Et ma fille, je ne l’ai encore jamais vue, seulement en photo », poursuit-il. Une fois sorti des zones contrôlées par l’organisation Etat islamique, Ahmad s’est retrouvé sans emploi dans une Syrie dévastée et ruinée. Il décide alors de quitter le pays et de se rendre à Beyrouth pour y gagner sa vie et surtout pour gagner de quoi envoyer de l’argent à sa famille, restée là-bas à Deir Ezzor.

    « J'ai pris le risque de mourir »

    « Dès que je gagne un peu d’argent, je leur envoie. Là-bas, la vie est très difficile. En m’échappant, j’ai pris le risque de mourir. Maintenant, je travaille pour les faire vivre. Je ne veux pas les laisser mourir de faim », souhaite-t-il. Mais Ahmad veut aussi économiser pour que sa famille puisse quitter Deir Ezzor et le rejoindre au Liban. Car il faut beaucoup d’argent pour quitter Deir Ezzor : pour échapper aux patrouilles de l’organisation Etat islamique, et pour payer des passeurs.

    « Pour amener cinq personnes au Liban, ça va me coûter deux millions de livres syriennes, environ 10 000 dollars. C’est beaucoup d’argent, et ça va me prendre du temps pour réunir cette somme ! De toute façon il faut que j’essaie, je n’ai pas d’autre solution si je veux les revoir », dit-il.

    Comme la plupart des réfugiés syriens au Liban, Ahmad ne suit que d’un œil distrait les négociations qui se sont déroulées à Astana et qui devraient se poursuivre à Genève. De toute façon, les pourparlers ne concernent pas les zones contrôlées par l’organisation Etat islamique. Et, depuis quelques semaines, les combattants jihadistes ont lancé une nouvelle offensive à Deir Ezzor sur les quartiers contrôlés par le régime. « Là-bas la guerre n’est pas près de se terminer et je dois tout faire pour sortir ma famille de cet enfer », conclut Ahmad.

    * Son prénom a été modifié

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