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    Moyen-Orient

    Syrie: Amnesty International dénonce un «abattoir humain»

    media Prison de Saidnaya. © Amnesty International/Forensic Architecture

    L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International consacre un nouveau rapport à la prison syrienne de Saidnaya. Des témoignages d’anciens détenus et gardiens montrent comment le régime de Damas s’y est livré à des pendaisons de masse, au moins jusqu’en décembre 2015.

    En août 2016 déjà, Amnesty International attirait l’attention sur l’existence de la prison militaire de Saidnya, proche de Damas. Le lieu est prévu pour détenir de 10 000 à 20 000 personnes et dans un nouveau rapport, l’organisation de défense des droits de l’homme décrit l’ampleur des tortures et des exécutions de masse d’opposants syriens.

    Durant une année d’enquête, Amnesty a rassemblé des témoignages accablants : ceux de « 31 hommes qui avaient été détenus à Saidnaya, quatre anciens responsables ou gardiens de la prison, trois anciens juges syriens (…) quatre avocats syriens, 17 experts nationaux et internationaux de la détention en Syrie, et 22 membres des familles d'anciens ou d'actuels détenus à la prison de Saidnaya ». De leur côté, les autorités syriennes n'ont pas autorisé Amnesty International à entrer dans le pays.

    « Les coups étaient si brutaux. C'est comme si vous aviez un clou et que vous essayiez encore et encore de le faire entrer dans de la pierre, raconte l’un des anciens détenus de Saidnaya, cité dans le rapport. C'était impossible, mais ils ont continué. J'espérais qu'ils me coupent les jambes, plutôt que de continuer à les frapper. » Outre les tortures et les viols de détenus, le document décrit aussi les privations systématiques de nourriture, d’eau, de médicaments et de soins médicaux.

    Saidnaya est une prison et un centre de torture, mais aussi un lieu où l’on exécute de nombreux opposants à l’issue de procès expéditifs. De 5 000 à 13 000 personnes auraient été pendues à Saidnaya, d’après Amnesty International. Selon le rapport, les condamnations sont prononcées en quelques minutes devant un tribunal militaire opérationnel, situé dans le quartier al-Qaboun, à Damas. La suite est un processus d’exécutions extrajudiciaires secrètes.

    « A tous ceux qui pensent encore que le régime de Damas est un moindre mal »

    Jointe par RFI, Nina Walsh, chargée des conflits armés Amnesty France raconte que « les exécutions ont lieu le lundi ou le mercredi, parfois deux fois par semaine. Les détenus sont sortis de leurs cellules et on leur dit qu’ils vont être transférés vers une prison civile, ce qui est normalement une très bonne nouvelle en Syrie car on y est beaucoup mieux traité qu’à Saidnaya. Mais en réalité on les emmène dans une cellule située au sous-sol de l’un des bâtiments, où ils sont brutalement frappés pendant des heures. Puis au milieu de la nuit, ils sont transférés vers un dernier bâtiment, toujours en sous-sol, où ils seront pendus. »

    Selon l’organisation de défense des droits de l’homme, entre 20 et 50 personnes sont ainsi exécutées par pendaison chaque semaine. Dans son rapport, Amnesty cite plusieurs lieux d’inhumation de ces victimes de disparitions forcées : il s’agit de fosses communes situées « sur des terrains militaires non loin de Damas, notamment à Najha, un village situé sur la route principale entre Sweida et Damas, et à Qatana, une petite ville dans la banlieue ouest de la capitale ».

    Amnesty a rassemblé des preuves de ces exécutions jusqu’en décembre 2015. « Mais les procès iniques se poursuivent devant le tribunal d’al-Qaboun, donc nous n’avons aucune raison de penser que ces exécutions ont cessé », précise Nina Walsh.

    Pour l’organisation de défense des droits de l’homme, les actes commis à Saidnaya constituent une « extermination » (un terme défini par le Statut de Rome de la Cour pénale internationale). Des actes qui relèvent « d'une attaque systématique et de grande ampleur contre la population civile » et sont donc des crimes contre l'humanité. « Je recommande la lecture de ce rapport effrayant à tous ceux qui pensent encore que le régime de Damas est un moindre mal, conclut Nina Walsh. Il faut se rendre compte de ce qui se passe dans le secret et le silence absolus aujourd’hui en Syrie. »

    → Sur le site de l'ONG Amnesty International : « L'horrible prison de Saidnaya »

    Tout cela commence avec une condamnation à mort lors d'un procès qui va durer entre une et trois minutes, donc complètement inique, devant un tribunal militaire qui se trouve à Damas. Les détenus ne sont pas informés de la décision, ils ne sont pas mis au courant de leur condamnation
    Nina Walsh, chargée des conflits armés pour Amnesty International 07/02/2017 - par Nicolas Falez Écouter

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