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    Moyen-Orient

    Témoignages: le calvaire des habitants de Foua, dans le nord syrien

    media Le village de Foua, frappé par la guerre, en août 2015. OMAR HAJ KADOUR / AFP

    Ce sera l’un des sujets au cœur du nouveau cycle de négociations inter-syriennes qui doit débuter ce jeudi 23 février à Genève : la situation dramatique des villes syriennes assiégées par les belligérants. En particulier dans les localités de Madaya et de Zabadani, encerclées par le régime, et dans celles de Foua et de Kefraya, encerclées par les combattants de Fatah al-Cham, l’ex-Front al-Nosra. Témoignage de deux habitants originaires de la localité chiite de Foua.

    De notre envoyé spécial,

    C’est une jeune femme de 24 ans, le visage marqué par les épreuves. Houda aura vécu plus d’un an et demi dans des conditions épouvantables, sous la menace de Fatah al-Cham, l’ex-Front al-Nosra. Encerclée, avec des milliers d’autres civils, dans le village de Foua, situé dans le nord de la province d’Idleb.

    « Durant le siège, notre seul objectif était de survivre, raconte-t-elle, et le plus important, pour nous tous, c’était de trouver de la nourriture. C’était une vie primitive, nous faisions notre pain nous-mêmes, et il n’y avait ni carburant, ni électricité, ni eau courante : il n’y avait rien du tout. »

    Le calvaire de Houda et des habitants de Foua et de Kefraya commence en mars 2015. Sous la pression de la rébellion, les troupes du régime sont obligées de se retirer de la zone. Les combattants de Fatah al-Cham encerclent alors les deux localités, peuplées majoritairement par des chiites, imposant un siège impitoyable aux milliers de civils pris au piège.

    « Quand quelqu’un était blessé, bien souvent la seule solution était l’amputation, se souvient Houda, car nous n’avions pas de médicaments, ni de produits désinfectants. Il a fallu amputer une jeune fille de 14 ans d'un bras et de la jambe… Et il y a eu beaucoup de cas similaires, faute de médicaments et de docteurs. »

    A Alep, où elle s’est installée depuis son évacuation, Houda a retrouvé son frère, Ahmad. Lui était absent de la ville, lorsque le siège a débuté. « Quand j’ai voulu rentrer chez moi, malheureusement, la route était fermée », nous raconte ce jeune homme barbu, vêtu d’un chandail bariolé et d’un blouson de cuir.

    « Ma femme était à l’intérieur, et elle était enceinte. Je n’ai toujours pas vu ma fille, qui a maintenant un an et demi. J’ai échappé au siège, mais pour dire la vérité, j'aurais préféré être à l’intérieur, avec ma famille », confie Ahmad.

    « Aujourd’hui, il ne reste rien de l’aide alimentaire que nous avions conservée »

    En décembre dernier, la sœur d’Ahmad et sa mère sont évacuées de Foua, mais sa femme et sa fille restent à l’intérieur, malgré l’accord conclu, à ce moment-là, entre les rebelles et le régime.

    « Le premier accord prévoyait l’évacuation de tous les civils de Foua et de Kefraya contre celle des combattants d’Alep-Est, explique Ahmad. Finalement, les rebelles ont refusé, ils n’ont laissé sortir que 1 200 personnes. J’ai attendu pendant trois jours sous la neige, en vain. Ma femme et ma fille sont restées à l’intérieur. »

    Dans le regard d’Ahmad et de sa sœur, se lisent l’inquiétude et le désespoir. Selon eux, la situation dans les deux localités assiégées n’a cessé de se dégrader depuis le mois de décembre. « Cela fait des mois qu’il n’y a pas eu un seul convoi humanitaire », explique Houda.

    Et d'ajouter : « Depuis que je suis partie, la situation a encore empiré. Aujourd’hui, il ne reste rien de l’aide alimentaire que nous avions conservée. Les enfants sont en train de mourir de faim là-bas. Dites-moi, qu’y a-t-il de pire qu’un enfant réclamant un morceau de pain ? »

    « Nous voudrions que les gens puissent être évacués, mais personne ne nous écoute »

    La situation de Foua et Kefraya est tragiquement similaire à celle de Madaya et de Zabadani, deux localités rebelles encerclées par les forces du régime. Dans les deux cas, les souffrances des civils pris au piège sont devenues emblématiques des exactions que s’imputent les deux camps.

    Au martyre de Madaya et de Zabadani, dénoncé par les rebelles comme l’illustration du cynisme et de la brutalité du régime, répond celui de Foua et de Kefraya, utilisé par les forces pro-Assad pour pointer les exactions perpétrées par la rébellion.

    Le sort des quatre localités a également été lié par les Nations unies, qui s’efforcent d’obtenir des accords réciproques pour l’accès de l’aide humanitaire et pour l’évacuation des blessés et des malades. Selon l’ONU, le risque de catastrophe humanitaire est chaque jour plus important à Foua et à Kefraya, comme à Madaya et Zabadani.

    A moins d’un accord sur l’accès de l’aide humanitaire, dans les localités assiégées, ce sont des dizaines de milliers de civils qui sont menacés par la famine dans les prochaines semaines.

    « Nous voudrions que les gens puissent être évacués, soupire Houda, mais personne ne nous écoute. Il y a des vidéos sur Internet qui montrent nos enfants en train de mourir de faim. Mais j’ai l’impression que personne n’y prête attention. »

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