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    Moyen-Orient

    Syrie: carnage dans la vieille ville de Damas

    media Des bus transportant les pèlerins endommagés par l'attaque perpétrée ce samedi à Damas. REUTERS/Omar Sanadiki

    Soixante-quatorze personnes, des pèlerins chiites irakiens en majorité, ont été tuées dans un double attentat qui a frappé ce samedi le cimetière de Bab al-Saghir, où se trouvent de nombreux mausolées chiites, dans le Vieux Damas.

    Avec notre correspondant à BeyrouthPaul Khalifeh

    Deux explosions ont frappé, à une demi-heure d’intervalle, le cimetière de Bab al-Saghir, l’une des étapes du pèlerinage en Syrie des fidèles chiites venant du monde entier.

    Les circonstances exactes du double attentat ne sont pas encore connues. Des informations font état d’une première explosion actionnée par un kamikaze au milieu de plusieurs bus transportant des pèlerins chiites, Irakiens en majorité.

    Une demi-heure plus tard, alors que les secouristes étaient à l’œuvre, une bombe dissimulée dans le même secteur a explosé, faisant un nombre supplémentaire de morts et de blessés. Un troisième engin explosif a été découvert sur une moto et désamorcé par la police, selon le quotidien pro-gouvernemental Al-Watan.

    Les « brigades Seif al-Islam », appartenant à l’Armée syrienne libre, ont démenti tout lien avec ce double attentat. Un communiqué de revendication au nom de ce groupe islamiste avait circulé sur les réseaux sociaux après les explosions.

    Les pèlerins chiites visitent essentiellement le mausolée de Sayyida Zeinab, la petite-fille du prophète, situé à 10 kilomètres au sud de Damas. Ils sont souvent la cible d’attaques revendiquées par des groupes jihadistes sunnites. Le plus meurtrier a fait 140 morts, dont une centaine de civils, le 21 février 2016.

    Réactions à Damas, Beyrouth et Téhéran

    A Damas, le ministère syrien des Affaires étrangères a adressé deux lettres au secrétaire général des Nations unies et au président du Conseil de sécurité, dénonçant le double attentat qualifié de terroriste. Ces attaques, affirme Damas, illustrent le refus des groupes terroristes des réconciliations intersyriennes qui ont lieu dans de nombreuses régions.

    Au Liban, le Hezbollah, qui soutient militairement le régime syrien, a appelé à l’unification des efforts pour éradiquer les organisations terroristes. Toujours à Beyrouth, le Rassemblement des oulémas musulmans, qui regroupe des hommes de religion sunnites et chiites proches de l’Iran, a estimé que les attaques de Damas sont un acte désespéré perpétré par des groupes terroristes à l’agonie après leurs défaites en Syrie et en Irak.

    Le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères a tenu, à Téhéran, le même discours. Selon Bahram Kassemi, les terroristes et leurs soutiens sont conscients de leur prochaine défaite. Les attaques de Damas visent à torpiller les négociations intersyriennes et à saper le cessez-le-feu.

    Quelques heures avant ces attentats, plusieurs groupes rebelles syriens ont demandé le report des discussions de paix. Prévues sous l'égide de la Russie la semaine prochaine à Astana au Kazakhstan, ces pourparlers visent à renforcer le cessez-le-feu actuellement en vigueur en Syrie.

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