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    Moyen-Orient

    Attaque chimique présumée sur une ville rebelle en Syrie: vague d'indignation

    media Khan Cheikhoun: la ville a été la cible d'une double attaque dont la première aurait été au gaz toxique ce mardi 4 avril. REUTERS/Ammar Abdullah

    Au moins 72 personnes tuées, selon l'OSDH (100 selon l'ONG Union des organisations de secours et soins médicaux, qui évoquent aussi 350 autres victimes d'asphyxie) dont 20 enfants et 170 autres blessées, après une frappe aérienne qui a émis du « gaz toxique » à Khan Cheikhoun, ville de la province d'Idlib. La France demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité. Le chef de la diplomatie britannique, Boris Johnson, a pour sa part déclaré que les auteurs de l'attaque devront «rendre des comptes». l'ONU veut «clairement identifier» les responsables de l'attaque «chimique», déclare Staffan de Mistura. L'armée syrienne «dément catégoriquement» toute implication.
     

    L’attaque chimique présumée a frappé, mardi tôt le matin, la ville de Khan Cheikhoun, dans la province d’Idlib, en grande partie contrôlée par les jihadistes de l’ex-branche d’Al-Qaïda en Syrie, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

    L’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH), qui dans un précédent bilan avait fait état de 58 morts, dont onze enfants, la qualifie de « la deuxième attaque chimique la plus meurtrière du conflit en Syrie » après celle de l’été 2013, qui avait fait plus de 1 400 morts. L’OSDH parle d’enfants « peinant à respirer sous leurs masques à oxygène, leur corps saisi de convulsions ».

    Citant des témoins oculaires et des secouristes, l’AFP rapporte que « les victimes ont les pupilles dilatées, des convulsions et de la mousse sortant de la bouche ». L’hôpital où sont soignées les victimes a été gravement endommagé par des raids aériens, provoquant la fuite des médecins. 

    Un témoin raconte à RFI

    Selon un contact de RFI sur place le premier bombardement surprend la population dans son sommeil. Il est 6h du matin, le village de Khan Cheikhoun dort encore lorsque l’aviation lâche ses bombes. Au sol un gaz toxique se répand rapidement. Des dizaines de personnes sont tuées sur le coup.

    « Ce mardi matin vers 6h30 locale, il y a eu plusieurs bombardements aériens, raconte Abou El Haythem el Hour, militant de l’opposition syrienne basé dans la province d’Idlib, contacté par RFI. La ville de Khan Chaykhoun a été ciblée par l’aviation du régime de Bachar al-Assad. Du gaz toxique a été utilisé...». Plusieurs personnes sont rapidement décédées, mais il y a eu aussi des centaines de « civils intoxiqués par ce gaz qu’ils ont respiré ».

    « Toutes ces victimes sont conduites vers les hôpitaux. Le bilan devrait évoluer. Les gens ont été intoxiqués au gaz sarin », poursuit Abou El Haythem el Hour.

    Nouveau raid aérien sur l'hôpital

    Des centaines d’autres personnes n’arrivent plus à respirer. La protection civile, les secouristes des Casques blancs interviennent, ils évacuent les victimes vers un hôpital de cette région, sous contrôle rebelle.

    Quelques heures s’écoulent les avions de combat sont de nouveau dans le ciel de la province d’Idlib. L’hôpital où sont soignées les victimes est à son tour ciblé.

    Toujours selon notre contact sur place, un militant de l’opposition syrienne, le gaz utilisé serait extrêmement toxique. Il affirme - catégorique : « Ce n’est pas du chlore. Les attaques au chlore on connaît ici en Syrie... C’est probablement du gaz sarin ».

    Une information impossible à vérifier pour le moment, mais les photos des victimes qui circulent déjà sur Internet montrent des personnes à terre avec de l’écume blanche qui leur sort de la bouche.

    L'OSDH indiquait de son côté que les personnes sont décédées en raison des effets du gaz, notamment par suffocation, mais qu'elle n'était pas non plus en mesure de donner la nature de ce gaz. Des sources médicales dans la ville ont notamment fait état d'évanouissements, de vomissements et de présence de mousse dans la bouche des victimes.

    La France demande une réunion d'urgence du Conseil de sécurité

    La Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, accuse le « régime du criminel Bachar » d'avoir mené ce raid avec des « obus contenant du gaz chimique » et demande au Conseil de sécurité de l'ONU de  convoquer une réunion urgente après ce crime et d'ouvrir une enquête immédiate ».

    Une demande relayée par la France en raison des soupçons d'attaque à l'arme chimique. La France a demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après une « nouvelle attaque chimique particulièrement grave » en Syrie, a annoncé mardi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

    Le président Hollande pointe, quant à lui, la « responsabilité morale » des « alliés » de Bachar el-Assad. 

    L'ONU veut « clairement identifier » les responsables de l'attaque

    L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a assuré que l'ONU chercherait à ce que « les responsables soient clairement identifiés et rendent des comptes ». 

    Mohammad Sabra, négociateur en chef de l'opposition, a lui affirmé que cette attaque « remet en cause » le processus de paix négocié entre le régime et les rebelles. Il regrette que « Les Nations unies [soient] incapables de faire respecter leurs résolutions, notamment la résolution 2118 relative à l'utilisation d'armes chimiques ».

    Du côté de l'Union européenne, Federica Mogherini, sans l’accuser directement, fait porter une lourde part de responsabilité au régime baasiste de Bachar el-Assad. « Les armes chimiques sont le pire des crimes de guerre et ceux qui sont responsables devront en répondre. L’impunité n’est pas une option, particulièrement face à ces scènes terribles que nous voyons aujourd’hui. Et ce n’est peut-être pas un hasard, exactement au moment où la communauté internationale se réunit ainsi pour essayer de construire la paix, peut-être n’est-ce pas un hasard que de telles attaques se produisent précisément en même temps. Nous n’avons pas encore de preuves pour le moment mais j’ai déjà évoqué un principe que je veux répéter : il y a une responsabilité objective de tout régime de protéger ses propres populations civiles. Et pour le droit international, ce principe est valable dans tous les cas », a-t-elle déclarée.

    Des raids à l'origine non confirmée

    Une source militaire syrienne citée par l’agence Reuters a démenti l’implication de l’armée gouvernementale dans cette attaque chimique présumée. « L’armée syrienne n’a jamais utilisé dans le passé et n’utilisera pas à l’avenir des armes chimiques », a rapporté la source militaire. Une autre source citée par l’agence russe Sputnik a assuré que « l’armée syrienne ne possède pas d’armes chimiques ou toxiques et n’a mené aucun raid à Khan Cheikhoun ». « Les informations au sujet d’une prétendue attaque chimique sont dénuées de tout fondement », a déclaré la source militaire. 

    Le ministère de la Défense à Moscou a de son côté annoncé que les avions russes n’avaient mené, mardi, aucun raid aérien dans la zone du village de Khan Cheikhoun.

    La province d'Idlib, largement contrôlée par une alliance de rebelles et de jihadistes, est régulièrement la cible de frappes du régime et de l'aviation russe. Elle a également été touchée par des raids de la coalition anti-jihadistes dirigée par les Etats-Unis.

    Le gouvernement syrien, qui a ratifié la Convention sur l'interdiction des armes chimiques en 2013, dément utiliser des armes chimiques dans une guerre qui a déjà fait plus de 320 000 morts depuis mars 2011. Pourtant, en octobre 2016, le Conseil de sécurité avait reçu un rapport concluant que l'armée syrienne avait mené une attaque à l'arme chimique, sans doute du chlore, à Qmenas, dans la province d'Idlib, le 16 mars 2015.

    Un homme se tient près du corps d'une victime de l'attaque aérienne sur Khan Chaykhoun, dans le nord-ouest de la Syrie, le 4 avril 2017. REUTERS/Ammar Abdullah

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