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    Moyen-Orient

    L'Iran et la Russie condamnent les frappes américaines en Syrie, Israël approuve

    media Vladimir Poutine a estimé que ces frappes constituaient une «agression» contre un «Etat souverain». Sputnik/Kremlin/Alexei Druzhinin via REUTERS

    Les réactions internationales se succèdent après les frappes américaines, dans la nuit de jeudi à vendredi, contre une base aérienne de l'armée syrienne. L'Iran et la Russie condamnent l'intervention de Washington, tandis que les alliés des Etats-Unis apportent leur soutien total à l'initiative.

    Des dizaines de missiles américains ont frappé une base aérienne syrienne dans la nuit de jeudi à vendredi, en réponse à l'attaque chimique attribuée au régime de Bachar el-Assad mardi. Ce revirement spectaculaire opéré par Donald Trump, le président américain, ne manque pas de faire réagir partout dans le monde.

    La colère russe. Le président russe Vladimir Poutine a dénoncé une « agression contre un Etat souverain », estimant que ces frappes américaines causaient un « préjudice considérable » aux relations entre Moscou et Washington. « Mais surtout, estime Poutine, cette action ne nous rapproche pas de l'objectif final de la lutte contre le terrorisme international, mais dresse au contraire de sérieux obstacles pour la constitution d'une coalition internationale pour la lutte contre [le terrorisme]. »

    La Russie a ainsi annoncé la suspension de l'accord avec Washington qui visait à empêcher des incidents entre avions des deux pays en Syrie, et a appelé à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après les frappes américaines qui constituent selon Moscou « une menace à la sécurité internationale ».

    Pour autant, ces frappes américaines pourraient permettre à Vladimir Poutine de ressouder la société russe sur le thème de l'opposition avec l'Occident. Et cela est plutôt positif pour lui à moins d'un an de l'élection présidentielle. « Les frappes sur la Syrie vont sans aucun doute être utilisés par Poutine pour reconstruire le modèle de la forteresse assiégée, analyse Andrei Kolesnikov est chercheur spécialisé en politique intérieur au centre Carnegie. Dès qu'il y a un conflit avec l'Occident, la mobilisation autour de ce thème est plus active. Et dans ce sens cette histoire syrienne, c'est un cadeau de Trump à Poutine. »

    Pour le chercheur, le président russe est « dans une position très confortable à l'égard des Etats-Unis. S'il arrive à bien s'entendre avec Trump et s'il crée un nouvel ordre mondial à ses conditions, il sera vainqueur. Quoi qu'il arrive, il sera gagnant sur le plan du soutien de la population. Je pense qu'il préfèrerait la première option, mais la seconde ferait aussi l'affaire pour la campagne électorale ».

    L'Iran condamne. Même son de cloche du côté de l'Iran, qui « condamne vigoureusement » cette intervention américaine. « Nous condamnons toute action unilatérale et l'attaque [...] contre la base aérienne d'Al-Chaayrate sous prétexte d'une attaque chimique suspecte mardi à Khan Cheikhoun », a déclaré Bahram Ghassemi, porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères.

    Téhéran, rappelle notre correspondant sur place Siavosh Ghazi, soutient financièrement et militairement le régime du président Assad en envoyant notamment sur place des conseillers militaires et des volontaires pour épauler l'armée syrienne. L'Iran a également renforcé ces derniers mois sa coopération avec la Syrie notamment sur le plan militaire pour aider le régime syrien. Téhéran a ainsi autorisé l'aviation russe d'utiliser l'une de ses bases militaires pour mener au cas par cas des attaques contre les groupes armés et jihadistes en Syrie.
    L'Iran est de plus en plus impliqué dans les crises régionales Ce qui explique la réaction rapide de Téhéran. D'ailleurs , le chef de la diplomatie iranienne, Mohammad Javad Zarif, a accusé les Etats-Unis d'utiliser de fausses allégations à propos des armes chimiques pour attaquer la Syrie.

    Pour Israël, une réponse militaire efficace. Allié historique des Etats-Unis, Israël a apporté son soutien « total » aux frappes américaines. Un « message fort » que devraient entendre l'Iran et la Corée du Nord, selon le bureau du Premier ministre Benyamin Netanyahu, informé à l'avance de l'opération. « Par la parole et par les actes, le président Trump a délivré un message fort et clair : on ne tolèrera pas l'usage et la propagation des armes chimiques », explique un communiqué. Les deux têtes de l'exécutif comme le porte-parole de l'armée, tous se sont exprimés pour répéter le même message : « Israël soutient pleinement la décision du président Trump. »

    Les frappes américaines contre la base aérienne syrienne sont à leurs yeux une réponse morale à l'attaque contre Khan Cheikhoun, analyse notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. « Nous savons trop bien, en tant que peuple à quel point le silence peut-être dangereux », avait déclaré il y a quelques jours le chef de l'Etat, en référence à l'holocauste.

    Mais pour Israël, ces frappes sont aussi une réponse militaire efficace. Un message envoyé au régime syrien et à ses alliés qu'ils n'ont pas les mains libres ni en Syrie, ni dans la région. Pour Yaakov Amidror, ancien conseiller à la Sécurité nationale de Benyamin Netanyahu, le risque de voir le Hezbollah libanais s'en prendre à Israël vient de baisser : « Maintenant, il est clair que s'ils violent les intérêts des Etats-Unis ou qu'ils mènent des actions qui ne sont pas acceptées par eux, contrairement à la précédente administration, celle-ci est prête à agir. Donc les chances que cela se produise sont inférieures aujourd'hui qu'il y a deux jours. » Aux yeux de ce général à la retraite, cette intervention militaire américaine est donc aussi une protection indirecte pour Israël.

    L'Arabie saoudite a elle aussi salué la « décision courageuse » du président Donald Trump dans sa réponse à l'utilisation présumée d'armes chimiques par le régime syrien. La Turquie considère ces frappes comme une bonne chose, a indiqué le vice-Premier ministre turc Numan Kurtulmus. Dans un entretien sur la chaîne Fox TV turque, Kurtulmus a affirmé que la communauté internationale devait exprimer sa position face à la « barbarie » du régime syrien.

    En Europe, l'approbation à l'unisson. Côté européen, le gouvernement britannique soutient totalement l’action américaine qu’il estime « être une réponse appropriée à l’attaque barbare lancée par le régime syrien et qui a pour but de dissuader de nouvelles attaques », a déclaré un porte-parole du gouvernement britannique.

    Le chef de la diplomatie française, Jean-Marc Ayrault, estime pour sa part qu’il s’agit d’un « avertissement », et une forme de « condamnation » du « régime criminel » de Bachar el-Assad.

    Pour François Hollande et Angela Merkel, le président syrien Bachar el-Assad porte « l'entière responsabilité » des frappes américaines. « Son recours continu aux armes chimiques et aux crimes de masse ne peut en effet rester impuni. C’est ce que la France avait demandé à l'été 2013 au lendemain de l’attaque chimique de la Ghouta », affirment-ils.

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