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    Moyen-Orient

    Frappes en Syrie: les Etats-Unis prêts à aller plus loin, débats tendus à l'ONU

    media L'ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU Nikki Haley, lors du conseil de sécurité suite aux frappes américaines contre des positions de l'armée syrienne, le 7 avril 2017. REUTERS/Stephanie Keith

    A l'ONU, le Conseil de sécurité s'est réuni en urgence ce vendredi 7 avril à la demande des Boliviens et des Russes pour discuter des frappes américaines. Les échanges ont été très vifs entre les Etats-Unis et la Russie sur la question de la légalité de cette intervention. Les Américains ont prévenu qu'ils étaient prêts à aller plus loin.

    « Les Etats-Unis ont pris une décision très mesurée la nuit dernière. Nous sommes prêts à en faire plus, mais nous espérons que cela ne sera pas nécessaire. Il est temps pour toutes les nations civilisées de stopper les horreurs en Syrie et d'exiger une solution politique. »

    Loin de calmer le jeu, les Américains par la voix de Nikki Haley leur représentante à l'ONU ont donc envoyé une nouvelle mise en garde à Bachar el-Assad et à son allié Russe, rapporte notre correspondante à New York, Marie Bourreau. Les Etats-Unis n'accepteront plus de nouvelles attaques chimiques en Syrie, cette fameuse ligne rouge qui enclencherait une nouvelle opération militaire.

    Une partie du débat hier s'est d'ailleurs porté sur la légalité de cette intervention américaine sans aval de l'ONU. Les Russes la jugent illégale et sont soutenus sur la question par leur partenaire bolivien. « Maintenant, les Etats-Unis pensent qu'ils sont les enquêteurs, les avocats, les juges et les bourreaux. Cela n'a rien à voir avec le droit international. »

    Un véritable engagement américain en Syrie attendu

    La grande majorité des diplomates n'a pas voulu polémiquer sur la question jugeant la réponse américaine légitime. Mais ils attendent maintenant un vrai réengagement américain pour soutenir le processus politique en Syrie.

    Une sentiment partagé par les habitants de Khan Cheikhoun, la ville gazée cette semaine lors de l'attaque chimique attribuée par les puissances occidentales au régime de Damas. S'ils accueillent favorablement les frappes américaines, ils attendent désormais beaucoup plus. « Les frappes américaines contre le régime nous ont procuré un sentiment de joie, témoigne Zaina Aoussadji, militante l’opposition à Kahn Cheikhoun. On se dit finalement il y a peut-être quelqu’un qui voit notre souffrance. Ces frappes ont été une bonne surprise. Jusque-là, on nous a habitués aux promesses mensongères, aux paroles en l’air qui ne sont jamais suivies d’actes concrets.

    Ces frappes américaines ont neutralisé 14 chasseurs bombardiers du régime. Plusieurs pistes de décollage et la tour de contrôle de la base militaire Al-Chaayrate ont été également détruites. Mais à la suite de ces frappes américaines, le régime a bombardé la ville de Hich ici dans la province d’Idlib. Il ne faut pas que cette attaque américaine contre le régime soit une simple attaque symbolique. Si c’est juste ça, rien ne changera en Syrie. »

    Donald Trump envoie un message

    La réponse de l’administration américaine à l’attaque chimique de mardi n’aura pas été longue à attendre. Pour Philip Golub, spécialiste des Etats-Unis et de géostratégie, Donald Trump se démarque de Barack Obama en agissant de la sorte et adresse un double message.

    « Il cherche à montrer qu’il est à l’opposé de son prédécesseur quand il s’agit d’utilisation de la force. Il essaie de montrer qu’il y aura une politique musculaire militaire américaine à l’international (…) que les Etats-Unis agiront unilatéralement quand il le faut, quand leurs intérêts leur semblent bons. Le deuxième message est destiné à l’électorat américain, car l’administration Trump est embourbée dans des crises politiques multiples. C’est un message de fermeté et de démonstration de la volonté de cette administration d’aller de l’avant au niveau international. Le problème dans tout cela, c’est qu’il n’y a pas de plan pour après », explique Philip Golub.

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