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    Moyen-Orient

    Turquie: une campagne bien compliquée pour les partisans du «non»

    media Les militants pro-kurdes du parti HDP et du «non», «hayir» en turc, au référendum, ici le 8 avril 2017, à Istanbul, en Turquie. REUTERS/Huseyin Aldemir

    En Turquie, le 16 avril 2017, 55 millions d'électeurs se prononcent par référendum sur un changement constitutionnel qui doit renforcer les pouvoirs du président. Recep Tayyip Erdogan, l'homme fort du pays, plaide pour plus de stabilité dans un contexte de tensions. Mais ses détracteurs dénoncent une dérive autoritaire.

    Avec notre envoyée spéciale à Istanbul,  Murielle Paradon

    A deux pas de la place Taksim, haut lieu de la contestation de 2013 réprimée dans le sang par le régime, une poignée de militants a choisi de distribuer des tracts pour le « non » au référendum, « Hayir » en turc.

    Aksim, mère de famille, apolitique, refuse que la plupart des pouvoirs soient concentrés dans les mains du président Erdogan : « Le problème, c'est que le système judiciaire notamment sera dans les mains du président. Cela m'inquiète beaucoup pour l'avenir des femmes, cela m'inquiète pour les enfants, pour toute la sphère socio-politique en fait ».

    La campagne pour le « non » est moins visible que celle du « oui ». L'opposition est menacée. Malgré tout, Abdulrahman Hatalay, informaticien d'une soixantaine d'années, veut croire que son camp l'emportera : « Les sondages sont au coude-à-coude. Ça montre l'efficacité du "non" alors que la propagande pour le "oui" est énorme. Il y a un courant qui vient de la société civile et qui se mobilise malgré le manque de moyens. La moitié du peuple turc dit "non" ».

    Le HDP « empêché de travailler »

    De son côté le Halkların Demokratik Partisi (HDP), parti pro-kurde et troisième force politique au Parlement, a bien eu du mal à faire campagne. Le parti, qui milite pour le « non » au référendum, est victime d'une vague de répression, surtout depuis le coup d'Etat manqué du 15 juillet 2016 attribué à une mouvance islamiste. Ayse Erdem, membre du conseil de ce parti, explique que « cette campagne n’était pas si facile parce qu’à chaque fois qu’on a essayé de faire la campagne dans les rues on a eu des pressions ».

    Ils ont eu beau demander « des autorisations pour faire des meetings partout dans les quartiers au Kurdistan », celles-ci ont été refusées en raison de « l’état d’urgence » et du « danger ». Il n'y a que « dans les grandes villes » qu'ils ont « eu la possibilité de faire les grands meetings ».

    La situation est d'autant plus tendue pour le Hdp que ses « deux co-présidents et douze députés sont en prison depuis six mois. Et pendant cette campagne, [ils ont fait face à] 11 000 arrestations de gens qui travaillent pour le HDP, [dont] plus de 4 500 » sont encore détenus. Le Hdp est donc confronté d'après Ayse Erdem à des tentatives de « l'empêcher de travailler », mais a « malgré tout ça fait la campagne ».

    La peur d'un « changement de régime »

    Hüseyin Duman, responsable d’une section jeunesse au sein du CHP, parti d’opposition laïc et deuxième force politique au Parlement, ne dit pas autre chose. « Aujourd’hui il y a une montée de la jeunesse conservatrice et nationaliste. Les jeunes qui sont dans cette ligne politique peuvent s’exprimer sans problème. Mais ceux qui appartiennent à d’autres tendances n’arrivent pas à s’exprimer ».

    Hüseyin Duman tente de convaincre qu’il faut voter « non » au référendum. Il s'est donné pour mission de mobiliser la jeunesse qui vote pour la première fois ce dimanche.

    Le CHP, le plus vieux parti de Turquie, véritable symbole de la République laïque, ne veut pas d’un régime hyper-présidentiel après « 90 ans d'un système parlementaire laïc ». Pour Ali Tan, porte-parole de la section de Sisli, « si un système présidentiel s’installe, on va s’éloigner de la république laïque ». Il craint « un changement de régime ». En effet, Si Erdogan renforce ses pouvoirs de président, il risque d’imposer son idéologie islamo-conservatrice. Mais Ali Tan l'assure, « tant que le CHP existera en Turquie, ils ne pourront pas toucher à la laïcité ».

    Pendant ce temps, sur la place Taksim, des portraits géants du président Erdogan sont affichés, rappelant l'omniprésence de la campagne pour le oui.

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