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    Moyen-Orient

    Syrie: accord Russie-Iran-Turquie sur la création de zones sécurisées

    media Debouts de gauche à droite: le négociateur russe Lavrentyev, le ministère iranien des Affaires étrangères Jaberi Ansari, son homologue kazakh Abdrakhmanov et l'envoyé spécial de l'ONU, de Mistura, à Astana, le 4 mai 2017. REUTERS/Mukhtar Kholdorbekov

    La Russie et l'Iran, alliés de Bachar el-Assad, et la Turquie, soutien des rebelles, ont adopté ce jeudi à Astana le dernier plan russe pour la Syrie visant à créer des zones sécurisées pour instaurer une trêve durable dans plusieurs régions. C’est en fait une énième tentative pour établir un cessez-le-feu durable dans ce pays ravagé par la guerre depuis 2011. Selon l’agence Reuters, la signature de l’accord a eu lieu malgré les protestations bruyantes de membres de la délégation de l’opposition syrienne, dont le chef, Mohammad Allouche, a quitté la salle pour marquer sa désapprobation.

    Zones sécurisées ou zones dites de « désescalade », ces termes peuvent paraître flous, mais cette idée proposée par Moscou est de mettre en place un arrêt des combats région par région et qui tienne dans la durée. Elles seront placées sous le contrôle de rebelles dits « modérés ».

    Une trêve totale sera observée dans ces régions, qui ne pourront plus être survolées par les avions russes ou syriens. Mais pour que leurs zones soient protégées des attaques du régime et de ses alliés, les rebelles devront participer à la bataille contre les jihadistes, rapporte notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh.

    Ces quatre régions sécurisées doivent être définies dans les 5 prochains jours, et des cartes doivent être établies d’ici au 22 mai pour en fixer les limites géographiques. Mais on sait déjà que ces zones sont situées dans la province d’Idleb, au nord-ouest, au nord de la province centrale de Homs, dans la Ghouta orientale, le fief rebelle à l’est de Damas, et dans la province méridionale de Deraa.

    Dans chacune de ces zones, un centre de surveillance, tenu conjointement par les rebelles dits « modérés » et les soldats syriens, veille au respect du cessez-le-feu. Jusque-là en Syrie, les précédents arrêts des combats étaient décrétés à travers tout le pays, et la moindre violation à l’est, conduisait à une reprise des affrontements à l’ouest, puis un embrasement général à travers toute la Syrie.

    Interdiction de survol aérien

    La proposition russe, acceptée par l’Iran et la Turquie, est donc de gérer indépendamment les uns des autres chaque point chaud du conflit syrien avec l’objectif de pacifier le pays, affirme Vladimir Poutine. Les zones de désescalade répondent partiellement à la vision des principaux acteurs régionaux et internationaux.

    Ainsi, l’exigence turque de créer des « zones d’exclusion aérienne » est prise en compte avec l’annonce par les Russes que l’aviation ne pourra pas survoler ces régions. Elles répondent aussi à la récente proposition de Donald Trump d’établir des « zones sécurisées ». Cela explique le soutien prudent apporté jeudi soir par Washington à l’accord d’Astana.

    La diplomatie américaine, qui n'est qu'observatrice dans le processus diplomatique sur le conflit syrien en cours à Astana entre Moscou, Téhéran et Ankara, s'est bornée dans un communiqué à « soutenir tout effort qui puisse véritablement réduire la violence en Syrie ».

    Enfin, le régime syrien est satisfait car le projet des quatre zones lui donne un rôle de premier plan dans la lutte contre les groupes terroristes, et pourrait déclencher une guerre interne entre les rebelles et les jihadistes, ce qui est dans l’intérêt de Damas.

    Reste à savoir si les principaux protagonistes de la guerre en Syrie, les rebelles et le régime de Damas, acceptent d’appliquer ce plan sur le terrain.

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