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    Moyen-Orient

    [Reportage] Présidentielle iranienne: le bazar de Téhéran ne s’y retrouve plus

    media En cette période d'incertitude que constitue la campagne électorale, les clients se font plus rares. RFI / Marc Etcheverry

    Lieu emblématique de l’économie iranienne, le bazar de Téhéran fait aussi les beaux jours du tourisme dans la capitale. Mais derrière les grilles des échoppes, les commerçants font grise mine, au diapason d’une population qui peine à sentir les effets de la levée - partielle - des sanctions, et qui s’interroge. A quelques jours de la présidentielle, on hésite toujours entre un vote traditionnel, conservateur, ou appuyer le camp réformateur dans sa quête de désenclavement du pays.

    De notre envoyé spécial en Iran,

    Ses dédales étroits, ses nuages de poussière, ses odeurs, ses recoins colorés, parfois bigarrés, le bazar de Téhéran est une attraction. Et pour peu que la chaleur s’invite dans la capitale, comme en ce mois de mai, sa pénombre intime à chacun de bifurquer par l’une de ses artères. Mais le grand marché est aussi et surtout le pouls de l’économie iranienne. Un pouls qu’il faut chercher au-delà des étals et des sourires de façade. Cela est d’autant plus vrai au cœur de l’artisanat-roi, la fabrication de tapis persans.

    Avec Shahrokh, on gagne du temps, il ne s’embarrasse pas des formules de politesse qu’assènent ses voisins. Malgré sa trentaine, il gère sa boutique avec expérience, celle acquise auprès de son père dont il a hérité l’affaire. Il avoue bien volontiers que le marasme économique dans lequel se tient une bonne partie de la population iranienne, il ne le ressent qu’à la marge. En revanche, ce qui l’inquiète, c’est l’attentisme qui caractérise sa clientèle iranienne - en grande partie bourgeoise - en cette période de campagne électorale : « Ils attendent de voir ce qu’il se passe, et ce n’est pas bon pour les affaires. »

    L’Iran est en effet à la croisée des chemins. Le pays peut poursuivre sur le chemin tracé par le président sortant Hassan Rohani, religieux réformateur, artisan de l’accord sur le nucléaire qui a desserré l’étreinte des sanctions autour de l’économie iranienne. Ou il peut s’engager dans l’aventure que propose le conservateur Ebrahim Raissi, redoutable challenger, qui se veut le porte-parole des « petites gens », des classes populaires oubliées par les réformes de son rival.

    Indices et réalités

    Car les indicateurs incitent certes à un peu d’optimisme : l’inflation est passée de 35 % en 2013 à 9 % l’année dernière et la croissance devrait atteindre les 5,2 % en 2017, selon la Banque mondiale. Mais les Iraniens peinent à en ressentir les effets concrets dans leur vie de tous les jours. Ce qui ne fait qu’apporter de l’eau au moulin de Raissi, qui accuse Rohani d’être le candidat des « 4 % » les plus riches du pays.

    Ce duel ébranle jusqu’aux fondations du bazar de Téhéran, pourtant multicentenaire. Dans ce bastion du conservatisme aux réflexes corporatistes bien ancrés, un parti faisait loi, le Parti de la coalition islamique. L’une des plus anciennes formations conservatrices d’Iran - bien que libérale sur le plan économique - qui a en outre investi un candidat pour cette présidentielle, l’ancien ministre de la Culture et ingénieur de formation Mostafa Mirsalim, dont les instituts de sondages font par ailleurs peu de cas. Mais pour Shahrokh, hors de question d’apporter sa voix à ce parti, « aux positions purement dogmatiques et religieuses ». Il votera Rohani.

    Fossé générationnel

    « Il y a un fossé entre les générations », constate Naser Azimi, directeur adjoint du syndicat qui rassemble 1 300 vendeurs de tapis du grand marché et des alentours. Les jeunes n’acceptent pas les idées de ce que l’on nomme pourtant encore « le parti du bazar ». « Et même dans la vieille génération, les mentalités sont en train de changer : par pragmatisme, ils vendent toujours plus via internet, et dans le monde entier. » Naser Azimir dévoile ainsi un chiffre qu’il compte annoncer à ses membres dans quelques jours : ses vendeurs ont exporté pour 380 millions de dollars de marchandise l’année dernière, donc 80 millions aux Etats-Unis, notamment après l’autorisation donnée par Washington à l’importation de tapis persans.

    A quelques allées du bureau du syndicat, Hazi Ali Mirzakhani, 56 ans, regarde ses employés s’activer. Et confirme que les temps ont bel et bien changé, même pour lui et ses quarante années d'expérience : « Seuls 30 % de nos ventes se font en vis-à-vis, tout le reste passe par nos relations que nous cultivons grâce à internet. » Il l’affirme à son tour, sa corporation ne vote plus d’un seul homme, « désormais les intérêts du métier passent après les convictions personnelles ».

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