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    Moyen-Orient

    Présidentielle iranienne: le bilan en demi-teinte d’Hassan Rohani

    media Le président iranien Hassan Rohani, ici aux Nations unies en septembre 2016 (photo d'illustration). REUTERS/Lucas Jackson

    Les Iraniens élisent leur président ce vendredi 19 mai. Si quatre candidats sont en lice, le scrutin va se résumer en un duel entre le président sortant, Hassan Rohani et le candidat ultraconservateur, Ebrahim Raïsi. Pendant la campagne électorale, le bilan du président Rohani a été la cible des attaques des conservateurs. Lui reprochant surtout un taux de chômage à deux chiffres. Le président Rohani a défendu son action, notamment cet accord historique sur le nucléaire iranien, signé en 2015 avec la communauté internationale.

    De nos envoyés spéciaux en Iran,

    L’accord sur le nucléaire, c'était la promesse du candidat Rohani en 2013 et c'est incontestablement le succès de son mandat. Beaucoup d'Iraniens lui sont reconnaissants d'avoir enfin permis à l’Iran de revenir sur la scène internationale, bien que les conservateurs affirment que l’Iran a été floué. L’un d’eux, le candidat Mostafa Mirsalim, déclarait mercredi encore à RFI : « L’Iran a fait sa part, que les Occidentaux fassent la leur. »

    En effet, le véritable problème pour le président sortant se situe au niveau des conséquences économiques de cette ouverture. Certes, l’accord signé le 14 juillet 2015 a apporté une bouffée d'oxygène après des années de sanctions. La croissance est repartie grâce aux exportations de pétrole iranien qui fonctionnent à nouveau à plein régime. Une gestion plus rigoureuse a aussi permis de juguler l'inflation qui est passée de plus de 35 % en 2013, à moins de 10 % en fin d’année dernière.

    RFI / Marc Etcheverry

    Mais concrètement, les Iraniens peinent à sentir dans leur vie quotidienne les retombées de l'accord : le chômage est à 12 % – bien que certains experts avancent un chiffre officieux qui serait le double – et frappe 27 % des jeunes. « La situation macroéconomique s’est améliorée, explique Thierry Coville, chercheur à l’Iris et spécialiste de l’Iran. Il n’empêche que les Iraniens pensaient sans doute qu’avec la levée des sanctions tous les problèmes allaient être réglés et ils découvrent que le problème principal c’est le chômage. »

    → (RE)LIRE : Iran: le chômage des jeunes, enjeu majeur de l’élection présidentielle

    Quant aux investissements étrangers, ils restent bien en deçà des espérances, car les banques internationales restent frileuses en raison de possibles sanctions américaines. D’ailleurs, n’ont été levées que celles concernant le programme nucléaire iranien ; d’autres, nombreuses, restent encore en vigueur.

    Des attentes plus grandes encore sur les libertés

    En 2013, le président Rohani avait aussi promis plus de libertés. Sur ce terrain-là également, le bilan est en demi-teinte. C’est le cas par exemple en ce qui concerne les droits de femmes. Certes la situation n’est en rien comparable avec la période noire de la présidence Ahmadinejad : les femmes ont par exemple un plus grand accès dans les représentations politiques. « Les femmes sont plus nombreuses au Parlement et il a nommé trois femmes aux postes de vice-présidents, ainsi que trois comme gouverneurs », rappelle Farideh Haghuigh, directrice de la Société des femmes, organisation créée en 1999 et liée au Parti de la modération et du développement, soutien de Rohani.

    Mais les femmes sont toujours fortement touchées par les discriminations à l’embauche, qui freinent l’émancipation économique et maintiennent la dépendance au mari. Rohani n’a pas non plus créé de ministère des Droits de femmes qu’il avait pourtant promis. « Il ne peut pas tout faire, tient à rappeler Myriam, une jeune Téhéranaise croisée dans la rue, il ne peut qu’agir dans le cadre du régime islamique. »

    Pour ce qui concerne la liberté d’expression, notamment sur Internet, on note aussi des améliorations. « L’Internet halal », ce vaste projet d’un Internet iranien cloisonné a évolué en une série de filtrages ciblés, laissant un peu plus d’espace aux internautes. Mais les arrestations, liées à l’emploi des réseaux sociaux, et pour des motifs souvent obscurs, n’ont pas cessé : « Ces dernières semaines, il y a encore eu des dizaines d’arrestations liées à la diffusion de contenus politiques sur les réseaux sociaux », précise Réza Moini de Reporters sans frontières.

    Tous les supporters de Rohani ont en tête le spectre de 2009, et la répression qui avait suivi la réélection d’Ahmadinejad, et s’ils concèdent parfois que leur champion n’est pas allé assez loin dans les réformes, ils redoutent plus que tout un retour en arrière si d’aventure le conservateur Raissi l’emportait ce vendredi. Pendant les meetings, les noms de Karoubi et de Moussavi, les figures de la « révolution verte » d’il y a huit ans – et toujours en résidence surveillée – sont systématiquement scandés.

    Ecoutez l'édition spéciale de RFI ce vendredi 19 mai de 7h à 9h, heure de Paris (5h-7h TU)

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