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    Moyen-Orient

    Donald Trump à Jérusalem: une visite de 24h pour gagner la confiance d'Israël

    media Donald Trump en Arabie saoudite le 21 mai, la veille de son départ pour une visite de 24 heures en Israëll. REUTERS/Jonathan Ernst

    Donald Trump est attendu à Jérusalem ce lundi 22 mai. Le président américain entame sa première visite en Israël et dans les territoires palestiniens qui durera 24 heures. Il se rendra notamment au Saint-Sépulcre et au Mur des Lamentations, lieux saints du christianisme et du judaïsme. Il doit aussi rencontrer le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le président de l'Autorité palestinienne Mahmoud Abbas.

    Les rapports entre Barack Obama et Benyamin Netanyahu étaient exécrables. Donald Trump a donc promis d'améliorer les relations entre les Etats-Unis et Israël, rappelle notre correspondant à Washington, Jean-Louis Pourtet.

    Il faut donc s'attendre à de chaleureuses démonstrations d'amitié en public entre le Premier ministre israélien et le président américain. Les deux ont en effet intérêt à bien s'entendre.

    Mais derrière les sourires, de vieux problèmes devraient tout de même resurgir. Donald Trump s'est en effet mis en tête de résoudre le problème israélo-palestinien. Pour y parvenir, il pourrait être tenté de faire pression sur Israël pour que des concessions soient faites, notamment en matière de construction de logements dans les colonies en Cisjordanie.

    Le président américain a reçu récemment Mahmoud Abbas à la Maison Blanche et doit le revoir ce mardi à Bethléem pour préserver leurs bonnes relations. Il reste cependant ambigu sur la solution à deux Etats.

    Trump devrait aussi décevoir la droite israélienne en reportant sine die le transfèrement de l'ambassade américaine à Jérusalem. Il devrait expliquer au Congrès que cela risque de déclencher une vague de violence au Moyen-Orient et d'entraver les chances d'un accord de paix.

    Désamorcer les tensions régionales

    Juste avant son arrivée, les autorités israéliennes ont pris quelques mesures pour tenter de faire baisser localement la tension, souligne notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil. Le cabinet de sécurité s’est engagé ce dimanche 21 mai à faciliter un certain nombre de déplacements des Palestiniens, notamment des détenteurs de permis de travail en Israël. L’un des points de passage dans le nord de la Cisjordanie doit pour cela être agrandi, ainsi que ceux vers ou depuis la Jordanie. Israël s’engage à laisser le poste frontière du pont Allenby ouvert en permanence.

    Le cabinet de sécurité a également autorisé l’expansion d’une zone industrielle dans le sud de la Cisjordanie et accordé des permis de construire pour des milliers de logement en zone C, la partie des territoires palestiniens encore entièrement sous contrôle israélien. Une série de mesures voulue par le Premier ministre qui a dû se battre contre une partie de sa majorité. Les deux représentants du parti nationaliste religieux Foyer Juif ont voté contre certaines d’entre elles. Ils dénonçaient ce qu’ils jugent être des concessions territoriales sans contrepartie de la part des Palestiniens.

    L’enjeu principal est donc régional pour le gouvernement israélien, car à ses yeux, les principales menaces pour la sécurité du pays sont la guerre en Syrie et l’Iran. Israël s’inquiète du programme nucléaire iranien mais craint aussi que la République islamique ne s’installe durablement à ses frontières, en Syrie. Le Premier ministre devrait s’entretenir avec le président américain des moyens de contenir l’influence de l’Iran au Proche-Orient. Une préoccupation qui rapproche Israël de la nouvelle administration américaine, ainsi que de nombreux pays sunnites de la région, au premier rang desquels l’Arabie Saoudite, d’où arrive justement Donald Trump.

    Trump de moins en moins perçu comme pro-israélien

    Mais le discours de Donald Trump sera-t-il entendu ? Car lui qui était craint par les Palestiniens est désormais aussi de moins en moins apprécié par les Israéliens.

    David a passé près de la moitié de sa vie aux Etats-Unis, l'autre moitié en Israël. Electeur de droite, il porte un regard positif sur le bilan de Donald Trump en matière de politique économique. Mais pour le reste, il est plus dubitatif.

    « Il n'a pas l'air d'être entouré de personnes très intelligentes. Et lui-même n'a pas l'air d'être très doué en matière de politique étrangère », déclare-t-il.

    Donald Trump n'est plus perçu comme pro-israélien que par 56% de la population juive du pays. C'est 23 points de moins qu'avant sa prise de fonction. Un désamour en partie lié aux interrogations qu'il suscite. « Il est avant tout un homme d'affaires, intéressé. Pour moi, il n'y a pas beaucoup de place pour la confiance », explique un autre homme.

    Sa promesse de transférer l'ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem n'apparaît plus comme une priorité, et une partie de la droite déplore aussi sa frilosité sur son soutien à la colonisation. Ce sont finalement ses adversaires politiques qui le jugent aujourd'hui un peu moins durement.

    « A vrai dire, c'est très surprenant pour nous tous. Mais je pense que c'est une bonne chose que d'arrêter de construire au-delà de la ligne verte. Donc un bon point pour Donald Trump », affirme une jeune femme qui tient toutefois à préciser qu’elle reste très critique du président américain qu’elle juge sexiste et raciste.

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