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    Moyen-Orient

    50 ans après, l’ombre de la guerre des Six-Jours sur le Proche-Orient

    media En détruisant la quasi-totalité de l'aviation égyptienne au début de la guerre des Six-Jours, Israël s'est assuré une supériorité aérienne totale durant tout le conflit ce qui a grandement contribué à sa victoire écrasante. AFP

    Le bref conflit israélo-arabe de juin 1967 a durablement ébranlé le Moyen-Orient. Un demi-siècle plus tard, l’occupation israélienne des territoires palestiniens se poursuit. Et les «—frontières de 1967—» restent la référence pour un règlement du conflit.

    « Pour vous parler franchement, nous attendions les armées arabes », se souvient Zyad Hammouri qui dirige aujourd’hui une ONG palestinienne à Jérusalem-Est. « J’avais 14 ou 15 ans, alors quand j’ai vu les tanks, j’ai essayé de leur dire bonjour, je pensais qu’ils étaient arabes… irakiens ou d’une autre armée. Mais ils ont commencé à tirer dans ma direction », raconte Zyad Hammouri qui réalise alors qu’il a devant lui des blindés israéliens.

    La Cisjordanie, Jérusalem-Est, la bande de Gaza, le plateau du Golan et le désert du Sinaï : des noms de territoires qui reviennent constamment dans l’actualité du Proche-Orient. Tous ont en commun d’avoir été conquis par l’armée israélienne durant la guerre des Six-Jours. Côté israélien, beaucoup se souviennent des longues semaines de tension régionale ayant précédé l’attaque éclair de l’armée israélienne. « J’avais 17 ans en 1967 et je me souviens encore de la peur dans le pays. Nous n’étions pas sûrs que nous allions survivre », se souvient l’ancien ministre de la Défense et ancien chef d’état-major de l’armée israélienne Moshe Ya’alon. « Six jours plus tard, c’était un soulagement immense : un pays agrandi jusqu’au fleuve Jourdain, jusqu’au canal de Suez, le plateau du Golan… La menace était largement dissipée », explique l’ancien ministre.

    Une guerre des Six-Jours dont sortent vaincues les armées égyptienne, syrienne et jordanienne, soutenues par d’autres pays de la région. A l’époque, cette défaite des armées arabes est un « choc terrible pour la région, peut-être plus que lors de la défaite de 1948-49 [première guerre israélo-arabe] », selon le journaliste et écrivain Alain Gresh qui rappelle qu’entre ces deux conflits « la région avait connu l’avènement de régimes se réclamant du progressisme révolutionnaire, en Egypte et en Syrie ». Avec la défaite arabe de 1967 s’effondre donc l’idée selon laquelle le monde arabe s’est reconstruit et peut faire face à Israël et aux Etats-Unis. « Un choc intellectuel pour toute une génération qui découvre l’échec », selon Alain Gresh.

    L’onde de choc régionale de la guerre des Six-Jours se prolonge jusqu’à aujourd’hui, selon l’historien Henry Laurens, pour qui « ce déclin du nationalisme arabe socialisant a conduit à la montée de l’islamisme au cours de la décennie suivante. Même s’il y a d’autres facteurs ». Professeur au Collège de France, Henry Laurens note également qu’à la suite de ce conflit, l’essentiel de l’effort de guerre contre Israël fut porté par les pays du Golfe (Arabie saoudite et Koweït en tête). « On bascule alors vers un monde dominé par la rente pétrolière, ce qui instaure la domination saoudienne dans la région », explique l’historien, auteur de La Question de Palestine.

    « Pour les Palestiniens, 67 marque l’avènement de leur nationalisme propre », estime Xavier Guignard, chercheur associé à l’Institut français du Proche-Orient qui rappelle que l’OLP (Organisation de la Palestine), fondée en 1964 sous l’égide du dirigeant égyptien Nasser, s’inscrivait alors dans un mouvement plus large, celui du panarabisme. « Ironiquement, c’est la défaite du panarabisme lors de la guerre des Six-Jours qui va permettre l’émergence d’un nationalisme proprement palestinien », explique Xavier Guignard.

    Début de la colonisation

    La guerre des Six-Jours secoue également la société israélienne. Avec comme symbole ultime l’image des soldats israéliens atteignant le Mur des Lamentations, principal lieu saint du judaïsme dans la vieille ville de Jérusalem. Les fidèles juifs n’y avaient plus accès depuis 1948. Mais le sort des territoires conquis et de leur population divise déjà l’opinion israélienne : faut-il échanger ces territoires « contre la Paix » ? Ou étendre la souveraineté israélienne sur ces lieux que la droite nationaliste religieuse considère comme un héritage divin ? Juin 1967 est assurément un tournant pour le camp nationaliste-religieux « renforcé dans la conviction que le sionisme laïc n’a été qu’une ruse de Dieu pour pouvoir rassembler le peuple juif en Terre sainte et amener l’avènement du Messie », explique l’historien Henry Laurens. En effet, dès 1968, les premiers colons s’installent à Hébron et dans d’autres localités de Cisjordanie occupée. Parallèlement, les gouvernements israéliens successifs « ont toujours cherché à repousser les lignes de 1967 », selon le chercheur Xavier Guignard pour qui « la logique est de s’embarrasser le moins possible d’une population tout en conservant le maximum de territoires ». Avec environ 600 000 colons installés en Cisjordanie et à Jérusalem-Est, la population israélienne déborde désormais largement au-delà de la « Ligne verte », qui dessine les contours des territoires conquis durant la guerre des Six-Jours.

    Les frontières de 67

    Un demi-siècle plus tard, ces « frontières de 1967 » constituent toujours une référence essentielle dans la recherche d’une solution de paix entre Israéliens et Palestiniens, sur la base de « deux Etats pour deux peuples ». L’Etat palestinien revendiqué s’établirait sur la Cisjordanie, la bande de Gaza et Jérusalem-Est, des territoires conquis par Israël il y a tout juste 50 ans. Ce projet porté par l’Autorité palestinienne (issue des Accords d’Oslo de 1993) est soutenu par une bonne partie de la communauté internationale. Même le mouvement islamiste Hamas fait désormais référence aux frontières de 1967 dans le « document politique » qu’il a rendu public ces dernières semaines, ce qui ne l’empêche pas de continuer à revendiquer une Palestine qui s’étendrait « du fleuve Jourdain à la mer Méditerranée », c’est-à-dire sur le territoire israélien actuel.

    Adoptée en décembre dernier, la Résolution 2334 de l’ONU souligne que le Conseil de sécurité ne reconnaîtra « aucune modification aux frontières du 4 juin 1967 », y compris en ce qui concerne Jérusalem, « autres que celles convenues par les parties par la voie de négociations ».

    Territoires conquis pendant la guerre des Six-Jours

    Jérusalem-Est : contrôlée par la Jordanie avant la guerre des Six-Jours. La partie orientale de Jérusalem est annexée par Israël dès 1967, ce qui n’est pas reconnu par la communauté internationale. Les Palestiniens veulent faire de Jérusalem-Est la capitale de leur futur Etat. Plus de 200 000 colons israéliens vivent au-delà de la Ligne verte à Jérusalem (Source : Jerusalem Institute for Israel Studies)

    Cisjordanie : contrôlée par la Jordanie avant juin 1967. Israël occupe toujours la Cisjordanie, mais ne l’a jamais annexée. Les Accords d’Oslo de 1993 ont transféré une partie du contrôle des villes à l’Autorité palestinienne (les zones A), mais l’essentiel du territoire (zone C) est sous contrôle militaire israélien. Près de 400 000 colons israéliens vivent en Cisjordanie (Source : Bureau israélien des statistiques)

    Bande de Gaza : contrôlée par l’Egypte avant la guerre des Six-Jours. Israël a retiré son armée et évacué 8 000 colons de ce territoire en 2005. Mais aucun accord international n’en a défini de nouveau statut. Le Hamas a pris le contrôle du territoire en 2007. La bande de Gaza est soumise à un double blocus israélien et égyptien.

    Sinaï : territoire égyptien conquis par Israël en juin 1967 et restitué à l’Egypte en 1982 en application de l’accord de Paix entre les deux pays. Des colons installés dans le nord du Sinaï ont été évacués par l’armée israélienne au moment de la restitution.

    Plateau du Golan : territoire syrien occupé par Israël depuis juin 1967 et annexé depuis 1981 (annexion non reconnue par la communauté internationale).

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