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    Moyen-Orient

    Pour éviter la pénurie, le Qatar se tourne vers les produits turcs et iraniens

    media Dans un supermarché de Doha, le 9 juin 2017, des yaourts importés de Turquie. REUTERS/Tom Finn

    L’Iran a envoyé plusieurs centaines de tonnes de nourriture au Qatar par voie maritime et aérienne. Le Qatar importait 80 à 90% de ses denrées alimentaires de l’Arabie saoudite et des Emirats Arabes Unis. Seulement, depuis le blocus décidé par les voisins, le pays se tourne maintenant vers de nouveaux partenaires pour éviter la pénurie. Les produits turcs et iraniens font leur entrée sur le marché national.

    Avec notre correspondante à Doha,  Sabrina Bennoui

    En attendant les produits iraniens, comme si de rien n’était, les produits saoudiens disparaissent peu à peu des rayons des supermarchés pour laisser place à des produits turcs. Mais dans certaines localités, ce nouvel arrivage a été largement mis en valeur.

    D’après les grandes surfaces, l’approvisionnement sera ininterrompu et suffisant pour répondre à la demande des consommateurs. Il y aurait même excédent.

    Pour les accompagner justement, le ministère qatarien de l’Economie et du Commerce a mis en ligne un lexique avec les terminologies des principales denrées alimentaires et leur traduction en plusieurs langues. On y trouve par exemple les mots lait, œuf, yaourt ou encore les abréviations pour la date de péremption et la date de production.

    Des employés de centres commerciaux indiquent que le lait turc est même moins cher que le lait du prédécesseur si ce n’est le moins cher en comparaison avec les autres marques que l’on peut trouver au Qatar.

    Enfin, c’est une bonne occasion pour le pays de promouvoir ses produits locaux sous le label « National Products ». La municipalité de Doha encourage à acheter qatarien pour soutenir les producteurs.


    Le défi de la sécurité alimentaire

    Fortement dépendant des importations pour répondre aux besoins alimentaires de ses habitants, la sécurité alimentaire fait partie depuis des années des priorités nationales du pays.

    Le Qatar a beau être un des pays les plus riches grâce au gaz et au pétrole, il a toujours la hantise de manquer de vivres. C'est que privé par la nature d'eau, y produire de la nourriture est une gageure.

    Conséquences : le pays dépend à 90% des importations. Une faiblesse structurelle qu'il tente de surmonter depuis de longues années avec un plan audacieux lancé par le Cheikh Hamad ben Khalifa al-Thani, le père de l'actuel émir Tamim.

    Le plan vise l'autosuffisance : répondre d'ici 2030 à 60 % des besoins alimentaires de la population, en développant une agriculture durable qui s'appuie sur les systèmes de dessalement de l'eau, l'énergie solaire et des techniques agricoles de pointe.

    Mais cela ne va pas assez vite. Doha a mis en place un fonds souverain doté d'un milliard de dollars. Il achète des terres arables et investit dans des fermes en Australie, au Brésil et en Afrique de l'Est notamment. C'est le cas aussi en Turquie, un pays qui avec l'Iran vole aujourd'hui au secours du Qatar.

    L'émirat parvient bon an mal an à diversifier ses sources d'approvisionnement, mais est encore loin de répondre par lui-même aux besoins alimentaires de ses 2,5 millions d'habitants.

     

    ► A (re) lire : Au Qatar, la vie s'organise malgré le blocus

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