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    Moyen-Orient

    Iran: l'économie, l'une des priorités de Rohani pour son second mandat

    media L'ayatollah Ali Khamenei (g) et Hassan Rohani (d) lors de la cérémonie officielle du début du mandat présidentiel, le 3 août 2017 à Téhéran en Iran. HO / IRANIAN SUPREME LEADER'S WEBSITE / AFP

    La cérémonie de confirmation de la réélection du président Hassan Rohani par le Guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, s’est tenue ce jeudi matin 3 août. A cette occasion, Hassan Rohani a affirmé que l'amélioration de la situation économique et du niveau de vie des Iraniens, ainsi que «la garantie de l'égalité devant la loi» constituent ses deux priorités pour les quatre ans à venir. Il doit prêter serment samedi prochain devant le Parlement.

    Le 19 mai dernier, les Iraniens ont accordé à Hassan Rohani, président de la République islamique, un second mandat. Depuis, Rohani a été à plusieurs reprises la cible de critiques voilées, parfois virulentes, du Guide. On se souvient qu’il a fait campagne sur son bilan non pas par contrainte, mais par conviction. L’accord de Vienne sur le dossier nucléaire iranien, le 14 juillet 2015, avec le groupe 5+1 et la « Haute Représentante de l’Union [européenne] pour les affaires étrangères et la politique de sécurité », a permis à son pays de renouer avec le monde occidental en obtenant la levée progressive des sanctions économiques qui frappaient depuis plusieurs années l’économie iranienne et, par là-même, des pans entiers de la société. Cet accord a également permis à l’Iran de récupérer une partie de ses avoirs gelés à l’étranger.

    L’inflation a été jugulée

    Sur le montant exact des avoirs bloqués à l’étranger, les avis divergent. Les autorités iraniennes ont toujours avancé une fourchette de 90 à 135 milliards d’euros, alors que l’administration américaine sous Obama tablait sur un montant de 56 milliards de dollars. Le gouvernement de Rohani avait espéré mettre la main sur 29 milliards de dollars, somme qui serait récupérable. Pour l’instant, tout reste à clarifier aussi bien quant au montant récupéré qu’à propos de son utilisation.

    Les caisses vides de l’Etat ont commencé à se remplir grâce à la reprise des exportations de pétrole permettant la relance des importations de produits de consommation courante. Et cela bien que le cours du baril reste bas et que l’Iran subisse les conséquences de la décision de novembre 2016 de l’Opep limitant les exportations à 32,5 millions de barils par jour. Selon Rohani, le taux de croissance économique dépasserait désormais les 6% du fait, évidemment, de ces exportations, alors qu’en 2015 il était négatif (-2%). A en croire les chiffres officiels que les adversaires de Rohani jugeaient truqués lors de la campagne présidentielle, l’inflation a été ramenée en moins de quatre ans de plus de 40% à moins de 10%.

    Pourtant, la situation reste fragile. Elle est menacée entre autres par un système bancaire mal adapté au financement des opérations à risque. Les banques sont paralysées par l’accumulation des créances douteuses. Selon une évaluation datant de novembre dernier, les prêts toxiques et les propriétés sans valeur qui y sont attachées représentent 45% de leurs actifs. De plus, les banques étrangères sont sceptiques, d’une part en raison de l’opacité du système iranien, de la bureaucratie, la corruption et du népotisme et de l’autre, à cause de la position ambiguë des autorités à propos de l’accord nucléaire, mais aussi de la divergence de vues au sein du pouvoir qui augmenterait le risque d’un manquement de l’Iran à ses obligations, entraînant mécaniquement, comme le prévoit l’accord de Vienne, le rétablissement des sanctions dans un délai de 65 jours.

    Hausse du chômage

    Mais le problème majeur est que le taux de chômage reste très élevé. S'il a augmenté seulement de 2% durant le premier mandat de Rohani, passant de 10,5 à 12,4%, ce taux officiel correspond, selon certains économistes, aux chômeurs n’ayant absolument aucune activité. En prenant en compte les chômeurs avec une activité partielle, le taux réel est beaucoup plus élevé. Il varie, surtout parmi les jeunes, entre 35% et 40%. Rohani affirme avoir créé entre 700 000 et 1 200 000 emplois, mais bon nombre d’économistes iraniens réfutent ces chiffres en se basant sur la réalité du marché de l’emploi. Il faut préciser que chaque année, un million de jeunes entrent sur le marché du travail. La croissance économique dont se vante Rohani est donc due, selon ses adversaires, à une hausse des exportations pétrolières et non à une relance des activités économiques créatrices d’emplois.

    Rohani peut aussi inscrire à son actif le lancement du projet en cinq phases de développement du gigantesque champ gazier de Pars-Sud sur la rive orientale du golfe Persique.

    L’image du régime est embellie, les accords commerciaux se multiplient

    Il n’y a peut-être pas encore de retombées tangibles de l’accord de Vienne, mais sous Rohani au moins la menace d’une guerre éventuelle s’est éloignée. Quoi qu’il en soit, l’accord de Vienne a plus ou moins embelli l’image de l’Iran. Le régime est redevenu fréquentable, du moins en Europe. Dès le lendemain de la signature de l’accord le 14 juillet 2015, les délégations européennes et asiatiques sont arrivées l’une après l’autre en Iran.

    Pour participer au développement du secteur pétrolier, une trentaine de compagnies, parmi lesquelles Shell, ENI, Gazprom, Schlumberger Lukoil et Mitsubishi, ont été choisies. Le groupe français Total a signé lundi 3 juillet 2017 un accord de 4,8 milliards d’euros pour développer le projet South Pars (North Dome), immense champ gazier dans le golf Persique. Le gaz produit « alimentera le marché domestique iranien à compter de 2021 », a précisé un porte-parole de Total. Total détient 50,1% des parts du consortium, suivi du groupe China National Petroleum Corporation (CNPCI) à hauteur de 30% et de l’iranien Petropars (19,9%).

    Outre le domaine pétrolier, d’autres secteurs tels l’énergie, les télécoms, le tourisme, l’industrie, les mines et la sidérurgie, les services urbains, voire la cosmétique, semblent aussi propices à l’investissement. Les investissements étrangers sur le sol iranien sont plus sécurisés que dans de nombreux pays émergents. En 2002, l’Iran a adopté une loi sur la promotion et la protection des investissements étrangers. Une multinationale peut y ouvrir une filiale et en contrôler la totalité du capital.

    Pour l’Iran, la levée progressive des sanctions a également été l’occasion de moderniser sa flotte aérienne. Deux contrats d’acquisition d’avions ont été signés dont l’un porte sur 100 Airbus et l’autre sur 80 Boeing. Pourtant, l’attitude de l’administration Trump à l’égard de l’Iran n’encourage pas les investisseurs occidentaux. Entre l’Iran et les Etats-Unis, il y a encore des comptes à régler. Sans compter que le régime de la République islamique fonde, en partie, sa légitimité auprès de ses partisans sur son hostilité envers les Etats-Unis. Lors de l’investiture, ce jeudi, le Guide a expressément demandé à Rohani d’être intransigeant à l’égard des Etats-Unis.

    L’ombre du Guide

    Mais le vrai maître du pays reste, incontestablement, le Guide suprême, Ali Khamenei, qui contrôle l’armée, la police, la justice et les médias et oriente la politique étrangère. Rohani n’est là que pour quatre ans. Le Guide arbitre tout. Le nombre d’exécutions sous le premier mandat de Rohani a sensiblement augmenté. Amnesty International accuse l’Iran d’être le pays qui exécute le plus de mineurs. En 2014, au moins 160 jeunes de moins de 18 ans encouraient la peine de mort. Mais pour l’ONG « ce chiffre est sans doute bien en-deçà de la réalité, car les informations relatives à la peine de mort en Iran sont souvent entourées de secret ».

    Et d'après le nouveau rapport d’Amnesty International rendu public le 2 août, les organes de justice et de sécurité en Iran pratiquent, depuis l’accession de Rohani à la présidence en 2013, une répression virulente contre les défenseurs des droits humains, les calomniant et les emprisonnant. Le rapport dénonce 45 cas relatifs aux militants anti-peine de mort, défenseurs des droits des femmes, défenseurs des droits des minorités, avocats spécialistes des droits humains, syndicalistes et militants en quête de vérité, de justice et de réparations pour les exécutions extrajudiciaires collectives et les disparitions forcées qui ont eu lieu dans les années 1980.

    Le président Rohani sera-t-il en mesure de relancer l’économie, limiter les violations des droits les plus élémentaires des citoyens par des organes sécuritaires et la justice - cette dernière étant devenue l’institution et même l’instrument de la répression - et améliorer l’image du pays sur la scène internationale… ? Réponse dans quatre ans.

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