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    Moyen-Orient

    Bagdad annonce la reprise de Tal Afar à l’EI, mais les défis restent immenses

    media Les forces irakiennes dans Tal Afar, le 30 août 2017. AHMAD AL-RUBAYE / AFP

    Les autorités irakiennes annoncent avoir repris la localité de Tal Afar, jusque-là contrôlée par les hommes du groupe Etat islamique. Au-delà de cette petite ville, c'est toute la province de Ninive, dans le nord du pays, qui serait désormais repassée aux mains du pouvoir irakien trois ans après la spectaculaire percée des jihadistes dans cette région.

    « Notre bonheur est complet. La victoire est arrivée et la province de Ninive est désormais aux mains de nos forces », a déclaré le Premier ministre irakien Haïder al-Abadi, précisant qu'aucun jihadiste n'a pu s'échapper de Tal Afar.

    La bataille n'a duré qu'une douzaine de jours. Les lignes de défenses de l'organisation EI se sont très vite effondrées devant la puissance de feu des troupes irakiennes, et les experts ont noté un net recul de la combativité des jihadistes. Cela se traduit par une baisse du nombre d'attaques aux véhicules piégés pilotés par des kamikazes, qui est l'arme la plus redoutable des combattants du groupe Etat islamique.

    L’objectif était stratégique : Tal Afar est située entre la grande ville irakienne de Mossoul, reprise en juillet, et la frontière syrienne. Une frontière que les jihadistes du groupe Etat islamique rêvaient d'effacer lorsqu'ils ont établi leur « califat » autoproclamé en 2014 sur de vastes territoires d'Irak et de Syrie.

    Aujourd'hui, l'organisation jihadiste recule de part et d'autre face aux assauts conjugués de forces locales et de la coalition internationale commandée par les Etats-Unis. A Tal Afar, les combats au sol ont été menés par l'armée irakienne et par les milices chiites de la Mobilisation populaire. Selon Haïder al-Abadi, c'est donc désormais la totalité de la province de Ninive qui repasse sous contrôle du pouvoir irakien, un mois après la reprise de Mossoul par l’armée irakienne appuyée par la coalition internationale.

    Deux autres batailles à mener

    Mais ces forces irakiennes n'en ont pas pour autant terminé avec le groupe Etat islamique. Deux batailles doivent encore être menées.

    La première pour sécuriser la frontière avec la Syrie – un défi pour Bagdad car cela implique de pénétrer dans la province d’Anbar, aux mains de l’insurrection irakienne. L'objectif : la ville de Qaïm et ses zones désertiques, à l'ouest de la province. Ce bastion peut encore recevoir des renforts de la province syrienne de Deir Ezzor, mais il est pris en tenaille. Les troupes irakiennes préparent l'assaut final et de l'autre côté de la frontière, l'armée syrienne et ses alliés progressent vers la province de Deir Ezzor.

    La seconde pour reprendre la ville d’Hawija, à 300 km de Bagdad, et toujours tenue par l’organisation EI. « Mais l’enjeu majeur est d’ordre politique sur le statut de la ville de Kirkouk, occupée par les forces kurdes mais revendiquée par Bagdad. Si Hawija n’est toujours pas reprise, c’est justement parce qu’Erbil et Bagdad ne parviennent pas à s’entendre sur l’avenir de Kirkouk », prévient Arthur Quesnay, doctorant à l'université Paris 1 et spécialiste de l'Irak.

    Ainsi, les plus grands défis qui attendent le gouvernement irakien sont d’ordre politique. Une fois la victoire contre le groupe Etat islamique acquise, Bagdad va devoir tenter de préserver l'unité du pays entre chiites, sunnites et kurdes et rétablir la présence de l'Etat. « La question de la pénétration de l’Etat dans la société post-Etat islamique est un vrai défi. On le voit quand on regarde les politiques publiques dans la plupart des gouvernorats irakiens. Elles sont très faibles, seulement quelques heures d’eau et d’électricité par jour. Et face à cela, des mouvements de protestation contre le gouvernement très violents », remarque Arthur Quesnay.

    Ainsi, pour le chercheur, au-delà des questions ethniques, des tensions entre groupes religieux, se pose la question de savoir comment les partis politiques vont gouverner l’Irak. Car, rappelle-t-il, « le groupe Etat islamique a réussi à percer en Irak d’abord sur des problèmes politiques, un échec de Bagdad à venir en aide à la population. »

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