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    Moyen-Orient

    L'émir du Qatar se dit prêt à discuter pour sortir de la crise

    media L'émir du Qatar, Tamim ben Hamad al-Thani et le président français Emmanuel Macron sur le perron de l'Elysée, le 15 septembre 2017. REUTERS/Charles Platiau

    Cela fait plus de 100 jours que le Qatar est isolé et soumis à une forte pression diplomatique de la part de l'Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis, de Bahreïn et de l'Egypte : quatre pays qui ont rompu avec le Qatar qu'ils accusent de soutien à des mouvements extrémistes. Ils reprochent aussi à l'Emirat de ne pas se joindre au « front anti-iranien » que l'Arabie saoudite souhaite construire. Jusqu'à présent le Qatar résiste et refuse de céder aux demandes de ses voisins. Et pour la première fois depuis le début de la crise, l'émir du Qatar est en déplacement à l'étranger. Il avait rendez-vous vendredi après-midi avec Emmanuel Macron à Paris, et se trouvait avant en Allemagne et jeudi en Turquie.

    La Turquie était la première étape naturelle pour l'émir du Qatar Tamim ben Hamad al-Thani. Dès le début de la crise du Golfe en juin dernier, Ankara a expédié des tonnes de denrées alimentaires à destination de l'Emirat, tout en accélérant la coopération militaire entre les deux pays. Ce vendredi 15 septembre, le chef d'Etat du Qatar a été reçu à Berlin par Angela Merkel. Il s'est dit « prêt à la discussion » pour trouver une issue à la crise.

    Dans l'après-midi, rendez-vous à Paris avec le président français Emmanuel Macron. Pas de déclarations devant la presse à l'issue de la rencontre, mais un communiqué de l'Elysée. Le président français demande « que les mesures d'embargo affectant les populations du Qatar (...) soient levées le plus rapidement possible ». Il s'agit « en particulier des familles et des étudiants », qui se retrouvent séparés ou isolés à cause de la rupture des relations entre Doha et ses voisins, et l'arrêt des liaisons aériennes, terrestres et maritimes.

    La France et le Qatar ont aussi convenus, toujours selon le communiqué, de « coopérer pour assécher les sources de financement du terrrorisme ». Une conférence sur le sujet doit être organisée au début de l'année prochaine, précise l'Elysée.

    Le soutien au terrorisme c'est justement la raison invoquée par l'Arabie Saoudite pour sanctionner les Qatariens. Eux rejettent l'accusation. Emmanuel Macron, dans un récent entretien à l'hebdomadaire Le Point, déclarait que le Qatar et aussi l'Arabie saoudite avaient « financé des groupes qui n'étaient pas les mêmes, mais qui ont de fait contribué au terrrorisme ».

    Fin-août, Emmanuel Macron a réaffirmé le soutien de la France à la médiation que le Koweit tente entre le Qatar et ses adversaires. Paris a aussi nommé son propre émissaire pour tenter d'apaiser les tensions : le diplomate Bertrand Besancenot, ancien ambassadeur à Doha et à Riyad.

    La tournée de son émir le montre : le Qatar n'est pas aussi isolé que le souhaiteraient les Saoudiens et leurs alliés.

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