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    Moyen-Orient

    Cinéma: les «rêves sans étoiles» de jeunes prisonnières en Iran

    media Hasrat, Somayeh, Khatereh, Ghazal, 651 ou encore Personne, elles sont les personnages du documentaire de Mehrdad Oskouei qui a construit son film au montage à partir de leurs témoignages. www.lesfilmsduwhippet.com

    C'est un aspect de l'Iran que l'on connaît peu en Occident. Le documentariste indépendant Mehrdad Oskouei a recueilli pour son film « Des rêves sans étoiles » les confidences de jeunes filles d'un centre de détention et filmé leur vie quotidienne. Les témoignages recueillis dans cet univers fermé documentent sur la société iranienne et interrogent le petit monde lui aussi clos de la cellule familiale. Un film sensible, remarqué et primé dans plusieurs festivals, dont Berlin, et qui sort ce mercredi 20 septembre sur les écrans en France.

    Elles s'appellent Hasrat, Somayeh, Khatereh, Ghazal, 651 ou encore Personne. Ce sont les jeunes pensionnaires d'un centre de détention et de réhabilitation pour mineures de Téhéran, créditées à la fin du film du documentariste iranien Mehrdad Oskouei, déjà l'auteur d'un travail similaire avec de jeunes détenus garçons dans ses deux précédents films.

    « Prénom : Sans-abri ; nom : Personne ; nom de la mère : Gare à toi ; nom du père: Supplice ; peine : vivre ; chef d'accusation: être née ; adresse : rue du Vagabond ». Voilà comment se définit la jeune Personne, adolescente bravache dotée par ailleurs d'un joli coup de crayon. Une carte d'identité qui pourrait être attribuée à la plupart de ses jeunes codétenues tant leurs parcours familiaux et délinquants se ressemblent si l'on en croit leurs témoignages.

    « Une nuit, j'ai décidé de tuer mon père »

    Le réalisateur alterne scènes de la vie collective et dialogues en tête à tête avec les jeunes filles, dans la grande pièce dans laquelle elles vivent ou dans la cour du centre de détention. Un va-et-vient qui raconte leur quotidien, les repas, les moments de pause et de jeu sur le grand tapis, cœur de la communauté, mais aussi leurs peurs et leurs chagrins. « Il y a beaucoup de souffrance ici », dit le réalisateur à Somayeh, beau visage au regard triste. « La souffrance suinte de ces murs », lui répond la jeune fille, internée pour avoir tué son père. « On est toutes pareilles, on se comprend… quand je raconte que mon père me battait, elles me comprennent », confie encore la jeune fille.

    Père drogué et abusif, beaucoup ont la même histoire. Il faudrait aller filmer nos familles, dira une autre jeune fille. Violence, vol, drogue, prostitution forcée, fugue... des parcours erratiques. Larmes de Ghazal, mariée à 14 ans et mère d'une petite fille dont elle est séparée, quand elle prend dans ses bras le bébé d'une compagne. Émotion de Personne quand elle reproche au réalisateur de leur avoir dit, pour gagner leur confiance, qu'il avait une fille de leur âge. « Elle grandit dans l'amour et le confort alors qu'on a grandi dans la misère ! »

    Ateliers de marionnettes, de coiffure... le centre de détention propose aux jeunes recluses des activités. www.lesfilmsduwhippet.com

    Interroger sans juger

    Mais il n'y a pas que des larmes, il y a aussi des rires et des chansons quand les filles confisquent le micro de l'équipe du film qui enregistre leurs conversations pour hurler les chansons d'amour, quand des pizzas viennent agrémenter l'ordinaire du déjeuner, quand elles organisent des batailles de boules de neige dans la cour ou encore se mettent en scène avec les marionnettes qu'elles confectionnent en atelier. Il y a les visites au tribunal, menottes au poing, mais il y a aussi les sorties comme celle de Khatereh la fugueuse qui va retrouver sa famille, ou encore celle de Personne qui compte sur sa grand-mère pour l'aider à s'en sortir.

    Les filles, omniprésentes à l'écran, sont filmées avec une grande pudeur. Pudeur aussi dans les dialogues avec le réalisateur, qui sollicite leurs confidences d'une voix douce et égale. Les autorisations de filmer n'ont pas été faciles à obtenir, ce furent des années de négociations et de persévérance. C'est qu'au-delà de l'histoire de ces jeunes détenues, le film questionne la société iranienne. «Pourquoi ces enfants, à cet âge, se retrouvaient-elles dans ce lieu et qu'est-ce qui les avait conduit là ? », s'interroge Mehrdad Oskouei. Il ne s'agit pas de juger, encore moins de condamner, juste de comprendre. Khatereh veut devenir avocate ou policière « pour empêcher d'autres filles de devenir comme elle ». Les rêves sont toujours là, malgré tout. Au fil du film, elle relève la tête et les yeux et reprend confiance en elle. Elle va pouvoir retourner à l'école. « Je n'ai pas l'habitude d'être aussi heureuse », confie-t-elle dans un demi-sourire.

    ► Le film est présenté en avant-première ce mardi soir à Paris, en présence du réalisateur, au cinéma Chaplin.

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