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    Syrie: le groupe Lafarge aurait bien versé de l’argent aux jihadistes

    media Le cimentier LafargeHolcim dans le viseur de la justice française. Reuters/ Benoit Tessier

    Nouvelles révélations dans l'enquête sur le cimentier LafargeHolcim, accusé d'avoir indirectement financé des groupes armés, dont le groupe Etat islamique, via son usine en Syrie. Trois ex-salariés syriens de la cimenterie ont été entendus cette semaine à Paris, leurs témoignages accablent l'entreprise.

    Lafarge Cement Syrie a effectué des paiements aux groupes jihadistes pour poursuivre son activité, concluaient les douanes françaises, il y a un an dans le cadre d'une enquête préliminaire. Désormais, trois juges d'instruction mènent l'enquête. Et les troubles arrangements de Lafarge en Syrie avec l'organisation Etat islamique sortent de l'ombre.

    Entre 2013 et 2014, le groupe jihadiste gagne du terrain et devient incontournable dans la région. Face aux enquêteurs, le PDG de la filiale syrienne l'a reconnu. Le nom de Daech (groupe Etat islamique) figurait bien sur des documents internes à l'entreprise, et un montant de 20 000 dollars était versé tous les mois pour poursuivre l'activité. Des aveux corroborés par les témoignages de trois ex-salariés syriens entendus cette semaine à Paris. Marie Dosé est leur avocate. Elle affirme: « On ne peut pas nous faire croire qu’une société qui était présente en Syrie entre 2011 et 2014 ne comprenait pas ce qui se faisait, tout en condamnant à des peines de prison ferme ceux qui rejoignent les rangs de Daech au même endroit et au même moment. Il y a des qualifications juridiques pour ça : c’est un financement du terrorisme, mais c’est aussi une complicité de crime de guerre ».

    Plus troublant encore, selon le journal Le Monde, les responsables du cimentier assurent avoir contacté à plusieurs reprises le ministère des Affaires étrangères et avoir reçu l'aval des autorités françaises pour rester en Syrie.

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