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    Moyen-Orient

    [Reportage] Référendum sur l’indépendance du Kurdistan: Kirkouk sous tension

    media Le grand marché central de Kirkouk, en bas de la citadelle, le 23 septembre 2017. RFI/Murielle Paradon

    A l'approche du référendum sur l’indépendance du Kurdistan, gros plan sur Kirkouk, une ville riche en pétrole, que se disputent le pouvoir central de Bagdad et le gouvernement autonome du Kurdistan. Les Kurdes contrôlent Kirkouk mais la ville dépend administrativement de Bagdad qui rejette la tenue du référendum. Si le oui l’emporte, que se passera-t-il ? Les habitants, issus de plusieurs communautés, sont inquiets.

    Avec nos envoyés spéciaux à Kirkouk,  Murielle Paradon et Richard Riffonneau

    Pour entrer dans Kirkouk il faut passer par plusieurs checkpoints. Ce sont les Kurdes qui tiennent la ville, même si elle dépend administrativement du pouvoir central de Bagdad, qui ne veut pour rien au monde lâcher Kirkouk et ses puits de pétrole dont on aperçoit les torchères brûler au loin, dans la poussière.  Si le référendum sur l’indépendance du Kurdistan est rejeté par le pouvoir central de Bagdad, il l’est d’autant plus dans la province disputée de Kirkouk. Les autorités locales ont tout de même décidé d’organiser le vote. Le gouverneur, kurde, en a fait les frais. Il a été congédié par Bagdad.

    Au bazar de Rahimawa, quartier majoritairement kurde, les avis sont partagés sur le référendum. « Je voterai pour l’indépendance pour que notre peuple soit libre », assure Rizgar Mohamed, un peshmerga (combattant kurde), qui évoque les années difficiles de son peuple sous le régime de Saddam Hussein. En revanche, pour Hana, vendeur dans une épicerie, ce n’est pas le bon moment pour accéder à l’indépendance : « Les gens ne vivent pas bien. Il n’y a pas de travail et pas de soutien international ». La communauté internationale rejette dans son ensemble la tenue du référendum jugé trop déstabilisant pour la région. Certains pays comme la Turquie menacent même le Kurdistan de sanctions.

    Craintes de violences

    On craint également des violences à Kirkouk, où cohabitent plusieurs communautés, kurde, arabe, turkmène, etc. Au grand marché central, en contrebas de la citadelle datant du IXe siècle avant J-C, les forces de sécurité sont d’ailleurs omniprésentes. « Bien sûr que les gens ont peur, affirme Amar, coiffeur, Arabe, nous, les Kurdes, les chrétiens…tout le monde, cela fait 1 000 ans qu’on vit ici et on ne voit que des guerres ». Récemment, des rumeurs de distributions d’armes dans la ville se sont répandues. L’opposition au référendum de plusieurs milices chiites fait également peur.

    Les risques de violences sont réels mais Rizgar Mohamed, le peshmerga, se veut rassurant : « Les minorités ont peur mais elles ont bien vu durant la guerre contre Daesh que les peshmergas les ont défendus ». En 2014, les combattants kurdes ont chassé le groupe Etat islamique de Kirkouk, s’emparant alors de la ville, tandis que les troupes gouvernementales irakiennes avaient déserté les lieux.

    Etranglement économique

    Avec le référendum, certains craignent aussi un isolement, qui serait catastrophique au niveau économique. Cesar, un Turkmène qui accepte de parler à l’abri de sa boutique de vêtements, se dit contre l’indépendance du Kurdistan : « Si les Kurdes établissent un pays dans cette région, les voisins vont fermer leur frontière. La vie sera très difficile. Comment les gens toucheront-ils leur salaire ? Le gouvernement kurde n’arrive même pas à payer ses fonctionnaires, alors comment fera-t-il après ? »

    Le gouvernement autonome du Kurdistan est étranglé. Depuis 2014, le pouvoir central de Bagdad refuse de lui verser les 17% de budget qu’il lui allouait auparavant, grevant les salaires des fonctionnaires et des peshmergas. L’exploitation du pétrole, notamment à Kirkouk, ne suffit pas à redresser le budget. Le Kurdistan s’apprête à voter pour son indépendance, dans un contexte bien incertain.

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