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    Moyen-Orient

    [Reportage] Irak: trois mois après sa libération, Mossoul se relève péniblement

    media Des habitants de Mossoul font leur marché en préparation de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, le 31 août 2017. REUTERS/Thaier Al-Sudani

    Alors que la tension monte entre l’Irak et le Kurdistan, qui a voté son indépendance lors d'un référendum, Mossoul, la deuxième ville irakienne, située à la lisière du Kurdistan, revit progressivement. Mais la situation reste instable, trois mois après sa libération des mains du groupe Etat islamique.

    De notre envoyée spéciale à Mossoul,

    C’est une ville immense, très embouteillée. Pour l’atteindre, il faut passer plusieurs checkpoints et à l’intérieur de la ville aussi, ce qui ralentit le trafic, sans compter les routes et les infrastructures qui ont été endommagées par la guerre. Mais il y a de la vie, notamment au marché, dans la partie est de Mossoul qui a été libérée il y a huit mois. Les étales sont achalandés.

    « Les affaires vont bien, même si avec le référendum sur l’indépendance du Kurdistan, c’est un peu tendu, reconnait Shirzat, un vendeur de légumes. Je pense que l’avenir ne sera pas bon à cause de ça. Si les frontières ferment, ce ne sera pas bon. » Mossoul risque d’être affectée par les tensions entre Irakiens et Kurdes, alors que la ville se relève à peine de la guerre contre l’organisation Etat islamique.

    Reconstruction

    A Mossoul-Est, les routes et certains bâtiments sont reconstruits, mais pour les maisons, c’est la débrouille. Ismail, 60 ans, vit dans un quartier quasi-désert. « Je reconstruis ma maison qui a été bombardée parce que l’organisation Etat islamique s’en était emparé, dit-il. Je reconstruis seul, comment pourrais-je prendre quelqu’un pour m’aider ? Je n’ai pas d’argent, pas de salaire ! J’ai même vendu ma voiture pour acheter du ciment ! »

    Trois mois après sa libération par l'armée irakienne début juillet, Mossoul-Ouest reste très difficile d'accès. Quand on arrive par l’est de la ville, il faut traverser le Tigre pour arriver à l’ouest et seul un pont flottant fonctionne, les cinq ponts de la ville détruits dans la bataille n’ont toujours pas été reconstruits.

    Les destructions sont nombreuses et la vieille ville, qui a été la dernière parcelle à être libérée, n’est qu’un amas de gravats. Elle est encore fermée par l’armée. Trop dangereux de s’y rendre, explique Ahmed, un habitant de la vieille ville qui s’est réfugié à l’est durant la guerre et qui ne peut pas retourner chez lui. « Nous ne pouvons pas rentrer chez nous, tout est détruit, déplore cet habitant. Nous avons essayé, mais les autorités ne nous laissent pas y aller, car ce n’est pas sécurisé. »

    Crainte des attentats

    Même si la ville est aujourd'hui complètement libérée, la sécurité est précaire. Il reste des mines laissées par l’organisation Etat islamique, mais il y a également la crainte de voir des jihadistes cachés parmi la population ressurgir et commettre des attentats.

    Les forces de sécurité sont donc omniprésentes. Elles gardent chaque quartier, contrôlent tous les axes, sillonnent les rues. Des drapeaux chiites sont plantés sur des check-point de l’armée irakienne, ce qui n’est pas toujours apprécié par les habitants de Mossoul, majoritairement sunnites .

    « Avant que le groupe Etat islamique prenne Mossoul en 2014, la ville était presque entièrement sunnite, les chiites étaient très peu nombreux, explique Hala, un habitant de confession sunnite. Maintenant que les jihadistes ont été chassés par l’armée irakienne, on voit le drapeau chiite partout. Mais Mossoul n’est pas chiite, on ne peut pas l’accepter ! »

    Les frictions sont donc bien présentes à Mossoul. Et sans une véritable réconciliation entre communautés, l’Irak pourrait de nouveau basculer dans la violence.

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